Parlement de l’Uemoa : Le siège qui incarne l’intégration
Il domine la colline de Koulouba et attire immédiatement le regard. Sa silhouette imposante, ses dimensions et son architecture donnent déjà au visiteur une idée de l’importance de l’ouvrage. Dans cet écrin qui surplombe Bamako, le futur siège du Parlement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) s’apprête à entrer dans une nouvelle phase.
Une dernière visite de la commission d’audit de l’organisation communautaire avant la remise officielle des clés a permis de constater l’état d’avancement des travaux et de formuler quelques recommandations. Des observations qui, selon l’architecte Alhousseyni Touré, trouveront rapidement des réponses. Derrière cette réalisation d’envergure se trouve également une expertise nationale mobilisée à travers l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public pour l’emploi (Agetipe-Mali), maître d’ouvrage délégué du projet.
Pour son directeur juridique, Sékou Coulibaly, ce chantier constitue une référence aussi bien pour le Mali que pour le processus d’intégration régionale. « Le futur siège du Parlement de l’Uemoa est un ouvrage majeur pour notre pays et pour l’intégration sous-régionale », souligne-t-il.
Selon lui, sa réalisation à Bamako illustre concrètement les compétences disponibles au Mali dans la conduite des grands projets d’infrastructures. Dans le cadre de sa mission, l’Agetipe-Mali a accompagné le maître d’ouvrage dans toutes les étapes du projet, depuis les procédures de mise en œuvre jusqu’au suivi de l’exécution technique, administrative, contractuelle et financière, en coordination avec les différents acteurs impliqués.
Une responsabilité importante qui, pour Sékou Coulibaly, démontre la capacité d’une structure nationale à assurer la gestion d’un projet institutionnel de cette dimension. À l’intérieur du bâtiment, le visiteur découvre un ensemble conçu pour accueillir les différentes composantes du Parlement communautaire. L’édifice comprend notamment un hémicycle, des bureaux destinés aux parlementaires au nombre de 150, chacun disposant de toilettes individuelles, des services administratifs, des salles de commissions ainsi que plusieurs espaces communs. Mais au-delà de son aspect architectural, le siège revêt une dimension symbolique forte. Pour le directeur juridique de l’Agetipe-Mali, son implantation dans la capitale malienne traduit la confiance accordée au pays et constitue un outil durable au service de l’intégration régionale. « C’est à la fois un ouvrage architectural, institutionnel et symbolique », affirme-t-il. La réalisation de ce chantier met également en lumière le rôle de la maîtrise d’ouvrage déléguée, un métier qui exige des compétences multiples. Sékou Coulibaly rappelle qu’elle ne consiste pas à se substituer aux entreprises ou aux bureaux d’études, mais à organiser, coordonner, contrôler et sécuriser la mise en œuvre d’un projet pour le compte du maître d’ouvrage. Cette mission implique notamment la gestion des procédures de passation des marchés, le suivi financier, la maîtrise des délais et des coûts, la gestion des risques ainsi que la coordination des différents intervenants.
Pour lui, l’expérience acquise par l’Agetipe-Mali à travers ce projet doit encourager une meilleure valorisation de l’expertise nationale dans la réalisation des investissements structurants. « Lorsqu’un outil possède une expérience avérée dans la maîtrise d’ouvrage déléguée, il est pertinent d’examiner comment cet outil peut continuer à contribuer efficacement à la réalisation des politiques publiques », plaide-t-il.
À travers cet appel, le responsable de l’Agetipe-Mali souhaite que la maîtrise d’ouvrage déléguée retrouve toute sa place parmi les instruments permettant aux pouvoirs publics de concrétiser leurs grands projets. Une démarche qui, selon lui, permettrait de renforcer l’utilisation des compétences nationales et d’améliorer l’efficacité dans l’exécution des investissements publics.
En remerciant l’Uemoa pour la confiance accordée à l’Agetipe-Mali, Sékou Coulibaly estime que le chantier du siège du Parlement communautaire constitue une preuve supplémentaire que le Mali dispose de ressources humaines capables d’accompagner des projets complexes. « Notre souhait est que cette expertise soit évaluée sur ses résultats et davantage mobilisée lorsque cela est pertinent au service des investissements publics », conclut-il.
Mariam A. TRAORÉ