Signature du Pacte de durabilité 2026–2035 : le Mali engage une nouvelle ère pour les services d’Eau, d’Hygiène et d’Assainissement

Le Gouvernement malien, à travers le Ministère de l’environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, a procédé, en fin de semaine à Bamako, à la signature officielle du Pacte de durabilité 2026–2035 des services d’Eau, d’Hygiène et d’Assainissement (EHA).

28 Fév 2026 - 01:19
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Signature du Pacte de durabilité 2026–2035 : le Mali engage une nouvelle ère pour les services d’Eau, d’Hygiène et d’Assainissement

Ce que marque une étape décisive dans la consolidation des acquis et l’ancrage d’une approche sectorielle intégrée à l’échelle nationale.

À travers cet engagement stratégique, les autorités maliennes réaffirment que l’eau, l’hygiène et l’assainissement ne sauraient être considérés comme des secteurs isolés, mais bien comme des piliers fondamentaux du développement humain, de la santé publique, de la réussite scolaire, de la dignité des femmes et des jeunes filles, ainsi que de la stabilité sociale. D’après la Ministre de l’environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Mme Tangara Mariam Doumbia, ce nouveau pacte intervient suite à l’épuisement celui marquant la période 2014–2023, lequel a fait l’objet d’évaluations rigoureuses à travers des contrôles de durabilité réalisés en 2014, 2017, 2019 et 2023.  Selon elle, ces évaluations ont révélé des progrès notables, notamment dans le milieu rural, où plus de 70 % des indicateurs liés à l’accès à l’eau potable ont été jugés satisfaisants, traduisant une implication accrue des communautés dans la gestion des infrastructures hydrauliques.

Dans le domaine de l’assainissement, poursuit la ministre, plus de 84 % des localités certifiées ont maintenu leur statut Fin de Défécation à l’Air Libre, tandis qu’une proportion majoritaire de ménages a adopté les pratiques essentielles de lavage des mains à des moments critiques. Les établissements scolaires et les structures sanitaires ont également enregistré des performances encourageantes, avec plusieurs indicateurs de durabilité affichant des scores supérieurs à 70 %.

 Pour elle, ces résultats témoignent d’un engagement collectif réel et confirment la dynamique de progrès du secteur. Toutefois, les autorités reconnaissent que la consolidation des acquis nécessite une organisation plus structurée, une coordination renforcée et un pilotage systématique des interventions.

Le Pacte 2026–2035 marque un changement d’orientation majeur. Il ne s’agit plus, insiste Tangara Mariam Doumbia, d’un pacte centré sur un programme spécifique, mais d’un cadre sectoriel national couvrant l’ensemble des interventions EHA sur toute l’étendue du territoire. « L’approche évolue également d’une logique de réalisations ponctuelles vers une vision axée sur la continuité du service public », a affirmé l’oratrice, ajoutant qu’elle privilégie désormais une démarche systémique intégrant la gouvernance, la performance, la résilience climatique et l’égalité de genre.  Les enjeux liés à l’Eau, à l’Hygiène et à l’Assainissement impactent directement la santé, l’éducation, la protection sociale, la gouvernance locale et la stabilité nationale.

Le Gouvernement s’engage à garantir la continuité et la qualité des services, à renforcer la gouvernance sectorielle, à intégrer la résilience climatique et le genre dans les infrastructures, ainsi qu’à institutionnaliser les mécanismes de suivi et de contrôle de la durabilité. Les Collectivités territoriales devront intégrer la durabilité dans leurs outils de planification et assurer un suivi de proximité. La société civile est appelée à jouer pleinement son rôle de veille citoyenne et de redevabilité, tandis que les partenaires techniques et financiers s’engagent à aligner leurs appuis sur les priorités nationales et à promouvoir des mécanismes de financement structurants et prévisibles. Le secteur privé, quant à lui, est invité à professionnaliser davantage la gestion des services et à respecter strictement les normes de qualité.

En plus de la signature des départements ministériels concernés par ce pacte, le secteur privé malien représenté par le Président du Patronat, Mossadeck Bally et le chef de file des partenaires techniques financiers représenté l’Ambassadeur de l’Allemagne au Mali ont également signé ce document. En apposant leurs signatures au bas de ce document stratégique, les parties prenantes ont fait le choix de la continuité, de la qualité et de la résilience. À l’horizon 2035, l’ambition affichée est claire : bâtir des systèmes EHA robustes, capables de résister aux chocs climatiques, aux pressions démographiques et aux contraintes économiques, tout en garantissant un accès durable et équitable aux services essentiels pour l’ensemble des populations maliennes. Avec ce Pacte, le Mali franchit une nouvelle étape vers la consolidation d’un service public de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement plus performant, inclusif et durable.

 Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net