Enseignement et formation techniques et professionnels : Des atouts à concrétiser pour asseoir la souveraineté économique

Après la cérémonie d'ouverture du Forum national sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP), le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a animé un panel de haut niveau sur l’état des lieux et les perspectives de l’EFTP au Mali.

7 Nov 2025 - 01:27
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Enseignement et formation techniques et professionnels :  Des atouts à concrétiser pour asseoir la souveraineté économique

Depuis 2009, a souligné Mme Oumou Sall Seck, le Mali a entrepris d’importantes réformes dans le domaine de l’Enseignement et de la Formation techniques et professionnels (EFTP), visant à en faire un pilier du développement économique et social. « Ces efforts ont porté sur la restructuration du système, le renforcement institutionnel et l’amélioration de la gouvernance », a indiqué Mme Oumou Sall Seck. Toutefois, a-t-elle souligné, « la mise en œuvre de ces politiques a été ralentie par les crises multidimensionnelles qu’a connues le pays, affectant notamment la mobilisation des ressources financières et techniques ». Malgré cela, s’est réjouie Madame la ministre, « la volonté politique demeure forte pour consolider un système d’EFTP pertinent, inclusif et durable, au service de la jeunesse et du marché du travail ».

L’atout de notre pays en la matière, c’est de disposer d’un « socle solide » de politiques et de stratégies encadrant l’EFTP. Il s’agit de la Politique nationale de l’Emploi ; de la Politique nationale de la Formation professionnelle (dont la 2ᵉ génération est en cours d’élaboration) ; de la Stratégie nationale de l’entrepreneuriat en cours de validation ; du Programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC II 2019-2028), des États généraux de la Formation professionnelle et de l’insertion (2021), des États généraux de l’éducation (2024), ainsi que de la Vision « Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛn San 2063 Ma » et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).

Ces cadres traduisent la volonté du gouvernement de bâtir un système d’EFTP performant, aligné sur les besoins du marché et sur les aspirations du Mali Kura. Dans sa communication, Mme Seck a aussi évoqué le cadre institutionnel et réglementaire, ainsi que le renforcement institutionnel ; le pilotage et le système de certification ; les relations avec le monde professionnel ; le modèle de financement, la coopération interinstitutionnelle et les défis majeurs.

Au Mali, le financement de l’EFTP repose sur plusieurs sources. À commencer par l'État, à travers le Fonds d’appui à la Formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA), les collectivités territoriales, le secteur privé, les Partenaires techniques et financiers (PTF) et la contribution des bénéficiaires. « La suppression de la taxe de 2 % sur la formation en 2018 a fragilisé le mécanisme, mais des plaidoyers sont en cours pour son rétablissement », a souligné Mme Sall Seck. Le secteur bénéficie aujourd’hui du soutien de projets tels que FIER II (FIDA), PARTICIP (Coopération suisse) et MLI 805 (Union européenne). « La pérennité du financement dépendra d’une meilleure contribution budgétaire de l’État et des collectivités, afin d’assurer une autonomie progressive du dispositif », a indiqué le ministre.

Malgré des atouts indéniables, le pays doit aussi faire face à des défis majeurs en matière d’EFTP. Il s’agit notamment du renforcement des capacités humaines et de la professionnalisation des formateurs, de l’adéquation entre formation et emploi, de l’amélioration de la qualité et de la certification, de l’élargissement géographique du réseau de centres, du financement durable et équitable, de l’accès accru des jeunes et des femmes et d’une meilleure implication des collectivités territoriales et du secteur privé.

« Le Mali dispose aujourd’hui d’un cadre politique, institutionnel et réglementaire propice au développement de l’EFTP. Cependant, la consolidation du système exige une coordination renforcée, un financement pérenne et une plus grande implication du secteur privé et des collectivités territoriales », a déclaré Mme Oumou Sall Seck. Et de conclure en rappelant qu’avec l’amélioration de la qualité, la pertinence et de la gouvernance de la formation, « le Mali pourra faire de l’EFTP un véritable moteur de souveraineté économique, de compétitivité et d’insertion professionnelle des jeunes ». En tout cas, l’Etat malien est déterminé à jouer sa partition à travers le ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle !

M. Bolly