26-Mars : le Premier ministre rend hommage aux Martyrs et pointe du doigt les « dysfonctionnements » de la démocratie
Tradition respectée, ou presque. Le Mali a célébré ce 26 mars 2026 la Journée des Martyrs. En lieu et place du président de la Transition, le Premier ministre, Abdoulaye Maïga, a procédé ce jeudi matin au dépôt de gerbe de fleurs au Monument des Martyrs. Des acteurs du mouvement démocratique, dont le professeur Ali Nouhoum Diallo, étaient présents à la célébration.
Trente-cinq ans après les événements qui ont marqué la chute du régime de Moussa Traoré, la démocratie malienne est à la croisée des chemins. S’exprimant après le dépôt de gerbe de fleurs au Monument des Martyrs, le Premier ministre, Abdoulaye Maïga, a rappelé « le sacrifice ultime » consenti par des Maliens pour l’avènement de la démocratie. Une mémoire que les autorités entendent préserver, tout en la reliant aux enjeux actuels.
Dans sa déclaration, le Premier ministre a reconnu que la pratique démocratique au Mali a certes enregistré des acquis, mais aussi de « grandes difficultés ». Il a même établi un lien direct entre ces dysfonctionnements et la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis 2012. « Les dysfonctionnements de la pratique démocratique sont en partie la cause de la crise », a-t-il affirmé, évoquant notamment la perte de plus de 70 % du territoire national cette année-là, avec son cortège de victimes civiles et militaires.
Cet aveu traduit une lecture critique des décennies post-1991 : insuffisances institutionnelles, gouvernance contestée, fragilité de l’État et incapacité à prévenir l’effondrement sécuritaire. Autant de facteurs qui ont, selon les autorités actuelles, affaibli les fondements de la démocratie malienne.
Face à ce constat, Assimi Goïta a engagé, selon Abdoulaye Maïga, un processus de refondation basé sur la consultation populaire. Les Assises nationales de la Refondation ont ainsi permis de formuler 517 recommandations, présentées comme la « boussole » de l’action publique.
Les résultats de ces consultations populaires sont, entre autres, selon le Premier ministre : l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023 ; la relecture du code minier et la promotion du contenu local ; le renforcement des capacités des forces armées ; la reconquête de certaines zones, dont Kidal.
Mamadou TOGOLA / maliweb.net