Burkina : le Président du Faso défend une reprise en main de l’économie par l’État
Ouagadougou, 27 sept. 2026 (AIB)-Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a défendu la politique de reprise en main de secteurs stratégiques par l’État, estimant que l’économie burkinabè « se porte de mieux en mieux » grâce notamment à l’assainissement de la gouvernance, à la lutte contre la fraude et aux initiatives de production locale.
Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, s’est entretenu avec deux journalistes à l’orée du quatrième anniversaire de son accession au pouvoir, selon une interview diffusée dimanche soir par la télévision publique burkinabè.
Interrogé sur la trajectoire du Burkina Faso depuis la proclamation, en avril 2025, de la « Révolution progressiste populaire », le Président du Faso a estimé que des progrès sont enregistrés, tout en soulignant qu’un révolutionnaire « n’est jamais satisfait ».
« L’économie, oui, ça se porte de mieux en mieux », a-t-il déclaré, attribuant cette évolution à l’assainissement de la gouvernance et aux réformes engagées dans plusieurs domaines.
Selon lui, ces réformes ont notamment concerné les procédures et certains textes qui, par le passé, limitaient la marge de manœuvre de l’État, notamment dans le secteur extractif.
Le chef de l’État a également salué la mobilisation croissante des régies de recettes, ainsi que l’action de la Douane dans la lutte contre la fraude.
« J’ai dit de lutter ardemment contre la fraude, parce que la fraude est dangereuse », a-t-il affirmé, évoquant à la fois ses conséquences économiques et ses risques pour la santé et la sécurité.
Le Capitaine Ibrahim Traoré a notamment dénoncé l’introduction frauduleuse de produits impropres à la consommation, qui, selon lui, accroît les dépenses de santé et expose les populations.
Il a aussi mis en garde contre le trafic clandestin d’explosifs et de détonateurs, susceptibles, a-t-il expliqué, d’être utilisés dans la fabrication d’engins explosifs improvisés.
« C’est pourquoi j’ai dit de mettre le maximum et on va sévir contre la fraude », a-t-il insisté, indiquant avoir donné des instructions à la Douane pour intensifier la lutte.
Répondant aux inquiétudes exprimées sur une éventuelle pression de l’État sur le secteur privé, le Président du Faso a rejeté l’idée d’une opposition entre l’action publique et l’initiative privée.
Il a plutôt appelé les opérateurs économiques à « changer de logiciel », en passant notamment de l’importation à la production et à l’exportation.
« Il y a de l’espace », a-t-il soutenu, citant l’exemple de la production locale de tissus et la multiplication d’unités transformant le maïs en couscous.
Pour Ibrahim Traoré, l’État doit cependant intervenir directement dans les secteurs jugés stratégiques, notamment les industries extractives.
« L’État doit exploiter ses matières premières. C’est le rôle de l’État », a-t-il affirmé, ajoutant que l’État « continuera à jouer son rôle » partout où un domaine sera considéré comme stratégique.
Le chef de l’État a également assumé la nationalisation ou la reprise de certaines unités industrielles, rejetant l’argument selon lequel l’État serait nécessairement un mauvais gestionnaire.
Il a cité plusieurs entreprises reprises par l’État, estimant que certaines connaissent depuis une amélioration de leurs performances.
« Donc l’État est capable. Ce sont les mêmes hommes, ce sont les mêmes individus », a-t-il déclaré, attribuant les difficultés antérieures à des problèmes de gouvernance plutôt qu’à la nature publique des entreprises.
Il a toutefois reconnu que cette reprise en main exige une nouvelle conception du service public. « Chaque individu qui est recruté par l’État comprenne que tu travailles pour le peuple, tu es un serviteur du peuple », a-t-il déclaré.
Agence d’information du Burkina
GP/yos/ata
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