Le Parlement du Sénégal adopte un projet de révision constitutionnelle
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, le 29 juin, un projet de loi portant révision de la Constitution, a annoncé le service de presse du Parlement à l’issue du vote.
« La proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution a été adoptée par l’Assemblée nationale », indique le communiqué.
Selon le média sénégalais Dakar Actu, ce texte, présenté par le groupe parlementaire du parti au pouvoir Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), introduit plusieurs modifications de l’architecture institutionnelle du pays. Il prévoit notamment l’interdiction pour le président de la République de diriger un parti politique, le renforcement des prérogatives du Premier ministre et de l’Assemblée nationale, ainsi que la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel.
D’après l’AFP, à la suite de l’adoption du texte, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a décidé de soumettre ces réformes constitutionnelles à un référendum.
Avant le vote, rapporte Dakar Actu, une manifestation de l’opposition, notamment de partisans de l’Alliance pour la République (APR), s’est tenue devant le Parlement pour protester contre la réforme. Les forces de sécurité ont dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes.
Au cours des débats, le député de l’APR Abdou Mbow a interrompu la séance, demandant au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, de reporter l’examen du projet. Refusant de regagner sa place malgré les injonctions de la présidence de séance, il a été expulsé de l’hémicycle par les forces de sécurité. Plusieurs autres députés de l’opposition ont ensuite quitté volontairement la séance.
En juin, Ousmane Sonko avait déclaré que la majorité des engagements pris par les autorités sénégalaises avant leur arrivée au pouvoir en 2024 n’avaient pas été respectés.
Au cours du même mois, l’African Initiative avait analysé les divergences politiques opposant M. Sonko au président Bassirou Diomaye Faye.
Le 23 mai, le président Faye a relevé Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre et dissous le gouvernement. Il a nommé Ahmadou Alhaminou Lo à la tête du gouvernement, tandis qu’Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale.
Début mai, le président Faye avait également déclaré que le Pastef risquait de se désagréger en raison de tensions internes, estimant que le parti était devenu trop dépendant de l’implication personnelle de M. Sonko.