«Poutine est devenu la bête noire de l’Occident»

Dans un entretien exclusif accordé à Igor Kourachenko, le sénateur russe Alexeï Pouchkov affirme que la Russie ne peut être isolée et dénonce une haine occidentale personnifiée contre Vladimir Poutine. Selon lui, Moscou ne cherche plus à plaire mais à imposer sa souveraineté face à une stratégie occidentale qu’il juge vouée à l’échec.

26 Juin 2025 - 12:21
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«Poutine est devenu la bête noire de l’Occident»
Le sénateur Alexeï Pouchkov

Dès les premières minutes de notre échange, le sénateur balaie d’un revers de main l’idée d’un isolement réussi de la Russie. Le décor du Forum économique de Saint-Pétersbourg parle de lui-même : 20 000 participants, 140 pays représentés. « Je pense que la question de l’isolement de la Russie est déjà révolue. On n’en parle même pas dans les médias les plus antirusses. <…> On n’en parle presque plus, c’est fini, c’est terminé. »

Mais au fond, cette idée même d’isoler la Russie est-elle réaliste ? Peut-on réellement isoler un pays qui représente à lui seul un septième des terres émergées de la planète ? Un pays dont les choix politiques résonnent avec ceux de la majorité globale, en quête d’équilibre et de souveraineté : « La Russie ne peut pas être isolée par essence; et la politique qu’elle mène en direction de la majorité globale a beaucoup de succès. »

L’efficacité des sanctions antirusses
Les sanctions pleuvent, mais l’économie russe, certes touchée, continue d’avancer. En 2024, la croissance du PIB a atteint 4,3 %, un chiffre rassurant face à une Allemagne en récession ou à une croissance anémique en France et au Royaume-Uni. « Ce choix de stratégie est dicté par la position de ces élites dirigeantes de l’Europe, qui consiste à ne pas accepter la Russie comme elle est. », a déclaré le sénateur. Les sanctions secondaires constituent l’autre moyen de pression employé de l’Occident, mais va-t-il fonctionner ? Rien n’est moins sûr, selon Alexeï Pouchkov. « Mais sont-ils sûrs que l’Inde ou la Chine vont vraiment jouer ce jeu ? Car pour eux aussi, c’est une question de principe », a-t-il dit. 

La stratégie occidentale, selon lui, frôle l’absurde – et risque de se retourner contre ses auteurs: « Jean-Noël Barrot a dit qu’il veut asphyxier l’économie russe. Je lui souhaite bonne chance, mais je pense qu’il va finir par s’asphyxier lui-même. »

Une fracture plus profonde que la guerre froide
Pour le sénateur, ce que vit le monde aujourd’hui n’est plus une simple guerre froide – mais une « Ice War » : plus intense, plus systémique. À la clé : un gel quasi-total des relations, des sanctions massives, des restrictions de visas, une polarisation brutale. Même à l’époque soviétique, rappelle-t-il, les dialogues existaient, les traités se signaient : « Pendant les guerres froides, il y a eu des dégels, il y a eu des contacts entre les dirigeants. <…> La guerre froide était une forme relativement innocente de la confrontation. »

Aujourd’hui, la confrontation n’est plus seulement géopolitique. Elle est idéologique, culturelle, civilisationnelle.

Quand la haine a un visage
Autre nouveauté : la personnification de la haine. Vladimir Poutine est devenu, selon Pouchkov, l’homme à abattre pour les médias et les responsables occidentaux. L’incarnation même d’une Russie insoumise : « Remarquez que cette haine est très personnalisée. Poutine est vraiment la bête noire des politiques et des médias occidentaux. ».

Une haine qui, selon lui, trouve ses racines dans un projet raté : celui d’intégrer la Russie dans un ordre occidental, où elle aurait été reléguée au second rang. Un projet auquel Moscou a dit clairement « Niet ». « L’Occident voulait nous faire entrer dans son système global en tant que pays de second rang. <…> Sous Poutine, on a démontré qu’on ne peut pas être d’accord avec beaucoup de choses que fait l’Occident », a expliqué le sénateur.

Pour Pouchkov, la véritable ligne de faille est là : la Russie d’aujourd’hui, dit-il, n’est plus cette puissance docile des années 1990. Elle revendique son autonomie, ses choix, ses valeurs – même au prix des tensions avec Bruxelles : « Poutine représente une tendance très profonde en Russie, une tendance vers la souveraineté nationale. <…> C’est justement ça qui est inacceptable pour les leaders de l’Occident. » 

Alexeï Pouchkov a dessiné l’image bien détaillée d’un monde divisé – mais surtout pas figé. Une chose est sûre : Moscou ne cherche plus à être aimée. Elle veut être respectée, et compte bien imposer sa voix dans le concert des nations, malgré la pression de l’Occident.

Source: https://rtenafrique.tv/

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Commentaires (1)

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Kankan
Kankan 1 an
During 1970s Russia was bete noire of NATO nations but not nearly bete noire it have become under President Putin leadership. That go to prove you unable to have it all in coexisting with NATO unless you member of NATO. Sober thinking of Russians led by President Putin is to choose having due respect. There are many pitfalls to that conditions despite fact it should be readily available. I think of it as it was for me as young salesman with Beatrice Foods subsidiary due to lack of car at time I had to ride bus to plus from work after 12 hour days. One night on way home while catching second bus of my two bus journey home at bus stop in Hamtramck, Michigan place in United States that is dominated by Arabs but then was Polish stronghold I was approached by guy who proclaimed himself Russian plus told me I was lost. I did not know United States government was using me in way that could lead to my death. I listen to what he said but did not have much to say. Being polite salesman I was I thanked him. I begin to pay greater attention to my immediate environment plus determine my having Selfridge Air force base as one of my customers was no accident but did not see connection beyond that. I found no connection between me plus dignitaries that came to town causing Air force base to be on full alert. Only when I delve into " hunt would would you you...hunt would would" did I find cause to be extra alert. There was something to what Russian said but NATO was very laid back in its approach to me. I eventually determine as I do now that whatever NATO felt I offer it have replacement. It is with that mindset I seek to get home to Africa where I have for decades demonstrated my commitment is to even when bitch ass Ubuntu leaders sold Ubuntu Africans out to NATO. For foregoing cause I comprehend Russia position being on lower level I have lived it. Sober mindedness plus reliability are keys to getting person through like conditions if it is feasible for person to get through like conditions in confronting NATO. Africa First. People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
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