Mahamoud Dicko au Sujet des Autorités intérimaires : . «Nous n’avons pas à remettre en cause leur mise en place» . «Vous ne pouvez pas perdre une guerre et vouloir vous imposer...»

21 Juil 2016 - 08:19
Mis à jour: 10 ans
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Mahamoud Dicko au Sujet des Autorités intérimaires :  . «Nous n’avons pas à remettre en cause leur mise en place» . «Vous ne pouvez pas perdre une guerre et vouloir vous imposer...»
Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali
Pendant que le processus de mise en place des autorités intérimaires peine à démarrer et que le débat sur cette question divise l’opinion publique nationale, l’Imam Mahamoud  Dicko, Président du Haut conseil islamique du Mali, donne son point de vue dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder. Pour lui, il faut accepter des compromis pour aller de l’avant. Lisez plutôt ! Le Prétoire: Monsieur le Président, beaucoup de couches de la société civile estiment qu’elles n’ont pas été consultées pour la mise en place des autorités intérimaires. Est-ce votre cas ? Mahamoud Dicko: Je n’ai pas connaissance que nous avons été consultés par rapport à la mise en place des autorités intérimaires. Je me demande pourquoi on nous aurait consulté, du moment où c’est une disposition de l’Accord. Que pensez-vous de leur mise en place ? Mais, nous n’avons pas à remettre en cause leur mise en place. Ce n’est pas le moment de remettre en cause les autoritaires intérimaires. Ce n’est pas le moment de demander l’avis des gens par rapport à ça. On ne peut pas aller en guerre, perdre cette guerre, aller en négociation et chercher à ce que tout soit comme on le veut. Ce n’est pas possible ! Il faut accepter de faire des compromis pour qu’on puisse avancer. Je ne comprends pas les Maliens sur ce sujet. La mauvaise gestion de notre pays nous a conduits vers une guerre qu’on a perdue. Vous ne pouvez pas aller en guerre, perdre et souhaiter que les choses soient comme vous le voulez. Il faut obligatoirement des compromis. Il faut être naïf pour ne pas le comprendre. Quelle est votre analyse des événements de Gao ? Le problème de Gao c’est autre chose. Les gens peuvent le gérer selon leur vision. C’est leur droit aussi de revendiquer ce qu’ils veulent revendiquer. Je pense sincèrement que ce débat n’a pas lieu d’être ce n’est pas le moment. Cela reviendrait à remuer le couteau dans la plaie et remettre tous les acquis de l’Accord en cause. C’est un éternel recommencement. Cela veut dire aussi que nous ne savons même pas ce que nous voulons. Nous sommes dans un pays où les gens sont responsables quand même. Il faut donc y aller. Un adage bambara dit : «au lieu d’accuser là où tu es tombé, il faut accuser là où tu as trébuché». Aujourd’hui, on veut gérer les choses en se basant sur les conséquences mais on oublie les causes. Parce que tout cela, c’est la conséquence d’une mauvaise gestion qui a mis notre pays en confiture et qui nous a conduits dans cette guerre que nous avons perdue. Et les gens veulent qu’en négociation, nous gagnions ce que nous n’avons pas gagné sur le terrain. C’est ça la vérité. Je n’aime pas les complaisances, le dilatoire. Je suis franc dans mes prises de position même si je suis mal compris. Vous ne pouvez pas perdre une guerre et vouloir vous imposer dans les négociations. Il faut accepter un compromis maintenant, aller à la paix et  avancer. En ce moment on doit tirer les leçons de nos erreurs et faire en sorte que nous ne tombions plus dans certaines erreurs. Voilà ce que nous devons faire. Pensez-vous qu’il y a une tentative de récupération politique de ces événements ? On ne peut plus revenir en arrière chaque fois pour dire qu’on est d’accord ou pas. C’est fini ça. Maintenant il faut conscientiser le peuple pour que ce qui nous est arrivé n’arrive plus. Au lieu de cela, le gouvernement est de son côté, l’opposition tire la couverture sur elle, les journalistes peignent presque tout en noir. Mais la plupart du temps, c’est l’opinion  qui manipule la presse. L’histoire de Gao dont on parle, on n’a même pas attendu que l’opinion soit édifiée. On ne sait même pas de quoi il s’agit. Mais ce sont des gens qui viennent de la France et d’ailleurs pour inciter les populations. Ce sont des gens qui ont des intentions politiques, tout le monde le sait. On essaie de brouiller les pistes dans cette affaire. Il faut qu’on aille doucement et qu’on essaie de comprendre ce qui s’est passé. Chacun essaie d’en faire une récupération politique de ce malheur. C’est dommage ! Il n’y a pas de vérité dans ce pays, car chaque fois que nous parlons, on nous fait des procès d’intention. Or, les gens refusent de se remettre en cause. C’est le grand problème de ce pays. Je me souviens en 2010, j’ai dit au Président de la République, lors de la cérémonie de présentation de vœux, que les festivités du cinquantenaire ne doivent pas se limiter au folklore. Que c’était l’occasion de faire l’état de la nation pour voir là où on a trébuché, voir ce qui ne va pas pour réorienter le pays. Bon ! Il m’a répondu à la limite avec de l’ironie. Voilà aujourd’hui, on est en train de vivre les conséquences. Le problème dans ce pays, c’est que tout le monde pense qu’il a bien fait et que l’enfer c’est l’autre. D’après vous, quelle est la part de responsabilité de la classe politique dans la situation qui nous arrive ? Le mouvement démocratique qui est dans le système depuis des années, même après le coup d’Etat de 2012, a été incapable de se mettre ensemble pour voir ce qui a marché ou non et de dégager la voie à suivre. Au lieu de cela, les partis politiques sont restés là à demander le rétablissement de l’ordre constitutionnel et autres choses. Et on continue. Leur souci, c’est comment trouver un moyen pour arriver au pouvoir. Ce n’est pas comme ça qu’on construit un pays. Chacun cherche en l’autre un bouc émissaire. Tantôt c’est le Haut conseil islamique : «ils sont des islamistes, ils sont complices de X ou Y». Ils trouvent toujours des explications pour camoufler leurs échecs. Cela ne marche pas. Et on va continuer et ce sont les mêmes problèmes qui vont produire les mêmes effets. Revenir sur nos erreurs n’est pas dans notre fort. Chacun pense que c’est l’opposition qui a fait ceci, c’est la majorité qui a fait cela. Mais quelle opposition et quelle majorité reste-t-il de cette politique malienne ? On fait semblant, mais rien n’existe. On est dans le dilatoire. Certains commettent des péchés historiques, quand ils prennent la responsabilité de mettre ce pays dans l’incertitude. Il n’y a pas d’acquis et tout est remis en cause. Il n’y a pas de débat. On saute sur toutes les occasions pour se faire voir. Il n’y a aucune vérité. Celui qui parle, on te vilipende, on t’insulte. Donc, on est obligé de la boucler. Ce pays est à terre, il y a un problème de leadership. Nous prions, et devons continuer à prier pour qu’il se relève. La situation du Nord du pays est dans une spirale très compliquée. Le malheur dans tout cela est que le Nord n’a même plus de dirigeants. Et les gens se comportent comme si on est dans un Etat normal. Il faut qu’on comprenne que le pays est en crise, en guerre. Etre en guerre ne signifie pas seulement se tirer dessus avec des armes. Dans ce pays, même les incompréhensions entre nous sont une forme de guerre, mais une guerre froide. Nous les religieux, quand on parle, on pense qu’on  a des ambitions. On n’a aucune ambition. On ne veut seulement pas être complice d’un chaos organisé par notre silence. Nous prions pour que le pays sorte de cette crise Inch’Allah. Propos recueillis par   Harber MAIGA

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Commentaires (43)

User
yemogo2007
yemogo2007 10 ans
Sans l'intervention de l'armée française où en serions nous actuellement avec notre démocratie? Ayons l'honnêteté morale de recconaitre la vérité quand elle est dans les dits de notre pire ennemi. Le vaincu n'impose pas son point de vu.
idy
idy 10 ans
il faut respecter la separation entre la religion et le pouvoir. Nous lui demandons de rester a l;ecart de ce problem.
Planeur
Planeur 10 ans
Le Mali a un seul leader visible aujourd'hui qui inspire et motive les gens vers un développement certain et durable. Ce monsieur d'une grande vision s'appelle Imam DICKO. Je suis un planeur, j'ai la certitude.
Evitons les amalgames
Evitons les amalgames 10 ans
On peut réagir à l'intervention de Dicko sans l'insulter ni tomber dans la haine ou des insanités qui ne font que compliquer la situation au lieu de résoudre le problème malien. Je ne suis pas d'accord avec Dicko sur plusieurs points. L'accord est contraire aux principe d'un état de droit en plusieurs points et celui qui aime le Mali ne doit pas soutenir le pouvoir à l'imposer aux populations qui en seront directement victimes. Fahad dont on vient de retrouver le cadavre à Ber était intégré dans l'armée en tant qu'ex combattant dans le cadre du précédent accord mais il a fui l'armée pour rejoindre le MNLA où il vient d'être tué. Quelle leçon le Mali doit tirer de cela ? C'est une insécurité pour l'armée nationale et pour le Mali d'intégrer les combattants des groupes armés et le Mali ne pourra jamais se relever si son armée est minée par des gens prêts à fuir, à la première occasion et avec armes et secrets militaires pour flinguer le Mali. L'accord prévoit cette dangereuse intégration des rebelles dans l'armée, l'administration et l'appareil d’État. L'accord prévoit que ces mêmes groupes armés ("sans légitimité ni vertus" comme l'a dit quelqu'un) vont désigner les autorités intérimaires. Dans quel pays démocratique on recrute dans l'armée et d'administration publique selon des critères non basés sur le mérite ? Nos autorités sont incompétentes et soucieuses de perdre leur pouvoir sinon elles ne manquent pas d'argumentaire à tenir à la communauté internationale. Il faut que le Peuple souverain du Mali se lève pour sauver le Mali. Sinon ces populations sont en danger face à l'irresponsabilité de nos dirigeants et l'opportunisme des politiques.
Malabo
Malabo 10 ans
Mon frère, ce que Imam Dicko dit est clair comme l'eau roche. Nous avons perdu la guerre devant Dieu et les hommes, alors dans quel pays du monde aussi démocrate soit-il peut on perdre une guerre et voir s'imposer? Vous savez , notre défaut est: - soit nous sommes malhonnête en ne voulant pas reconnaitre les faits, - soit nous avons la mémoire courte. je ne dis pas que l'accord est bon, mais avions nous vraiment le choix? Soyons nobles dans la vie de tous les jours pour que Dieu nous aide.
Verite
Verite 10 ans
Oui le choix est la .soit IBK choisit son pays en se basant a recuperer le Nord en mettant tous les materielles necessaires a la disposition de l'armee au lieu de depenser 1mliard et quelques en renovant le palais ,soit il choisit la France qui lui garantie un 2e mandat.Les Dicko la sont toujours la a defendre leurs Interets comme toujours .Il courait derniere ATT e aujourd'hui IBK .il peut nous tromper mais il peut jamais tromper Dieu
kabako12
kabako12 10 ans
Qu'est ce que tu propose au peuple pour qu'il se soulève ?
LE GENERAL SANOGO
LE GENERAL SANOGO 10 ans
Perdre une bataille et perdre la guerre sont deux choses completement differentes!!! Le Mali est entrain de gagner cette guerre!!! N'ayons pas peur des autorite's interimaires pour les deux raisons suivantes: 1- Sans le soutien des populations locales, lesdites autorite's ne peuvent faire. 2- Le fardeau de l'etat malien sera diminue'!!!!
coco
coco 10 ans
Ah ...CAPI .....Tu sais pourquoi le Président de la CCJA à Abidjan a été suspendu ? :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: AKON qu'à trop aimer le sucre .....on risque de devenir diabétique ..... :smile: :smile: :smile: :smile: :smile: :smile: COCO ...... Explications partielles dans JEUNE AFRIQUE .... http://www.jeuneafrique.com/342911/societe/scandale-a-lohada-rapport-denonce-mauvaise-gestion-president-de-ccja-suspendu/ Tu comprendras aisément et forcément qu'à trop fréquenter les " mouches à miel " Maliennes .....en plus .....on finit par se faire remarquer ..... :smile: :smile: :smile: Et ....que .....Cépabon .....! Pauvres pines ! :smile: :smile: :smile: :smile: :smile: :smile: :smile: :smile: :smile:
LE GENERAL SANOGO
LE GENERAL SANOGO 10 ans
Je ne sais toujours pas pourquoi on veut se casser la tete pour une question de diriger des personnes qui sont naturellement tres difficiles a' diriger. Pendant cet ete' j'enseigne et j'ai 4 assistants pour m'aider. Ce sont des personnes qui font un tres bon boulot mais l'une d'elles veut controler tout le monde. J'ai tenu une reunion pour demander aux trois autres de ne pas se decourager. Je les ai encourage'es a' laisser l'autre faire tout ce qu'elle veut faire tant que ses actions rentrent dans le cadre de notre mission d'education des eleves que nous avons! Elle veut se sentir la patronne de la classe, cela ne me derange point CAR TOUT LE MONDE SAIT QUE JE SUIS LE PREMIER RESPONSABLE DE MA CLASSE! Dans la vie il faut etre tres patient et SURTOUT SAVOIR CHOISIR SES BATAILLES!!! CE N'EST POINT NECESSAIRE DE MENER CERTAINES BATAILLES!! QUAND TU CONSTATES QU'ON TE POUSSER VERS UNE CONFRONTATION QUI BENEFICIERA A' TES ADVERSAIRES, IL FAUT REFUSER UNE TELLE CONFRONTATION!!! LA SAGESSE AMERICAINE DIT: ".... LA CONNAISSANCE VIENT DES ETUDES MAIS LA SAGESSE VIENT DES OBSERVATIONS." Notre probleme principal reside dans notre refus d'observer ce que les autres ont fait pour eviter les problemes et/ou resoudre leurs problemes!!!! NOUS CONTINUONS A' MARCHER SUR NOS TETES AVEC UNE FAUSSE FIERTE' QUI NE PEUT QUE NOUS DETRUIRE!!!! ALLAH KA BE' SON HAKILI GNOUMAN NA!!!!
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