Attaque de Ménaka / La réaction de leaders d’opinion maliens

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* Adama Diakité, Président du Forum des organisations de la société civile / « Il ne doit plus avoir de relâchement dans l’occupation du terrain »

Ce qui se passe actuellement au nord est vraiment regrettable. C’est très inquiétant. Je suis actuellement à Gao où la population est très triste, surtout du manque d’informations sur ce qui se passe à Ménaka. Au niveau du Forum des organisations de la société civile, nous avions toujours souhaité que l’Etat prenne toutes ses responsabilités dans la gestion de la crise sécuritaire au nord du Mali. Avec ce qui vient de se passer, l’Etat doit admettre qu’il n’y a plus de répit et de relâchement dans l’occupation du terrain. Seule une présence de l’Etat peut être une solution à ce banditisme d’un autre genre.

* Cheick Oumar Sissoko, Président du parti SADI / « Le pays est dans la tourmente la plus terrible…»

Je regrette le manque d’information sur ce qui se passe au nord. Depuis des mois, voir des années, l’Etat a opté pour  la politique du silence, comme si ce qui s’y passe n’interpelle pas les citoyens  maliens. Même l’Assemblée nationale emboîte le pas au Gouvernement en organisant une session à huit clos sur la situation du nord. Ce qui vient de se passer à Ménaka était prévisible. Tous les Etats qui ont reçu des ressortissants de la Lybie, les ont désarmés, sauf le Mali. Pourquoi le Mali a accepté d’accueillir des gens en armes sur une portion du territoire, même si ce sont des Maliens. Ce qui se passe actuellement est de la responsabilité de l’Etat et engage celle personnelle du Chef de l’Etat qui a géré le problème tout seul avec ses courtisans. Les partis politiques et les autres institutions de la République ont été ignorés. Nous somme dans la tourmente la plus terrible que notre pays ait connu depuis l’aube des indépendances. Et, certains Maliens, à raison, soutiennent que même pendant la période la plus terrible de la dictature militaire, on avait des repères dans ce pays. Aujourd’hui, plus de repères : Absence totale de l’autorité de l’Etat, une corruption généralisée doublée de l’irresponsabilité de nos dirigeants. Nous sommes inquiets pour la situation du pays qui est à la dérive. Les responsables sont connus. Mais, malheureusement, à la faveur des élections de 2012, ils reviennent sous d’autres manteaux pour nous dire qu’ils veulent changer ce pays. Après avoir contribué pendant au moins vingt ans à le mettre dans cette situation déplorable, qu’est ce qu’ils pourront changer ? Il est temps que les partis politiques qui ont la même analyse de la situation, se donnent la main pour faire changer la situation.

* Siaka Diakité, secrétaire général de l’UNTM / « C’est un manque d’autorité de l’Etat »

Ce qui se passe au nord est un manque d’autorité de l’Etat. Mais, nous sommes très heureux de la réaction de l’armée malienne. Il faut continuer à riposter.

* Mme Aminata Barry du Conseil national de la société civile / « A réfléchir de près, la responsabilité de l’Etat est entière »

C’est déplorable. A un moment où le Gouvernement est entrain de faire des efforts  exceptionnels pour éviter au Mali un conflit inutile, que des gens en dépit de cela organisent des attaquent n’est pas acceptable. Mais, à réfléchir de près, la responsabilité de l’Etat est entière. Le Gouvernement est fautif parce qu’il devait désarmer tous ceux qui sont arrivés de la Lybie. Personnes ne contestent leur nationalité malienne, mais on ne devait pas les laisser entrer sur le territoire avec des armes. Donc, ce qui se passe aujourd’hui, interpelle l’Etat qui doit prendre toutes ses responsabilités pour mettre de l’ordre dans le nord, sinon il faut craindre le pire.

*Hamadoun  Amion Guindo, Secrétaire de la CSTM / « En cette période…, l’embrassement  d’une partie du pays n’est pas une bonne chose »

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) n’a pas du tout été surprise par ce qui vient de se passer à Ménaka. Depuis les accords d’Alger, nous avons dit que le processus n’était pas bon pour le pays. Mais, personne ne nous  a écoutés. Nous estimons que l’Etat devait  assumer  ses responsabilités depuis 2003-2004. Les autorités  maliennes ont préféré une négociation sans partenaires. La crise s’est installée, nous allons la gérer dans une cohésion nationale, mais avec la fermeté qu’il faut. En cette période préélectorale, l’embrassement  d’une partie du pays n’est pas une bonne chose.

Assane Koné

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