Mali : non à la décentralisation, oui au fédéralisme ! (Attaye Ag Mohamed)

28 Juin 2014 - 15:06
Mis à jour: 12 ans
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  [caption id="attachment_390782" align="alignleft" width="350"]Mali : non à la décentralisation, oui au fédéralisme ! (Attaye Ag Mohamed) Attaye Ag Mohamed[/caption]

Attaye Ag Mohamed est chargé de communication au sein du MNLA.

La répartition régionale du  Mali est issue de la déconcentration unilatéralement occasionnée par les deux premiers régimes, tous embryons du modèle colonial français. Seulement la création de la région de Kidal fut le fruit d'une ébullition politique récente.

Au Mali, l'État est longtemps devenu une forme de "symbole" typiquement imaginaire car il ne s'est pas doté des mesures nécessaires à la mise en œuvre de ses chantiers. Il y a certes une partie de cet échec qui provient de la carence de leadership, comme diront certains, mais aussi d'une inadaptation de la "formule brute" de la gestion de l'autorité sur l’étendue territoriale.

L'État nation porté aux nues n'existera pas sous une forme républicaine. Il demeurera une mascarade à l'image des institutions actuelles.

Au vu de la dimension territoriale du pays, de ses diversités et des fossés de développement qui y courent, l'État nation porté aux nues n'existera pas sous une forme républicaine. Il demeurera une mascarade à l'image des institutions actuelles.

L'État nation ne se bâtira que sur une nouvelle répartition fondamentalement consensuelle et profondément citoyenne à la base. Les différences culturelles et linguistiques des communautés ne constituent un handicap que par la façon dont nous percevons la dynamique de l’évolution historique de l'État.

Le territoire qui constitue le Mali indépendant à partir de 1960, est un pays dont les bases d’une organisation politique et administrative sont naturellement préétablies suivant des facteurs simples et palpables.

Par ailleurs, rappelons que pendant plusieurs siècles, des empires se sont successivement recomposés sur cet espace sans que les communautés ne refusent de s'y adapter et de s'y soumettre.

À partir de ce constat, la solution durable à ce conflit historique qui oppose l’Azawad aux pouvoirs centraux de Bamako, viendra à la fois d’un consensus politique entre belligérants, mais aussi de l’établissement d’un modèle adapté.

La décentralisation, une diversion qui ne tiendra pas

La décentralisation, ni dans sa définition ni dans sa mise en œuvre ordinaire, ne signifie une évolution ou une alternance par rapport à la situation actuelle. Dans cette situation, elle apparaît comme une forme limitée et usée face aux défis du temps.

La solution durable à ce conflit historique viendra à la fois d’un consensus politique entre belligérants, mais aussi de l’établissement d’un modèle adapté.

Par leurs attitudes, les différents gouvernements de Bamako ont rendu le concept de décentralisation très vulnérable dans le cas malien. Il a perdu son contenu productif de sens dans la forme républicaine des institutions d'aujourd'hui. De plus, au Mali il ne s’agit pas d’une simple question de réforme ou de régime, mais de gouvernance territoriale, sécuritaire et politico-culturelle.

La solution viendra d’un système fédéral

Il faudrait une autocritique sincère dans une volonté politique rationnelle de changement. L’autorité de l'État n'est pas uniquement l'expression de la fermeté unilatérale du pouvoir, mais une audace à reconnaître la nécessité d'aborder l'exigence de l'évolution historique. Il ne s'agit pas de tout mettre à la poubelle, loin de là. Il revient au pouvoir de faire une feuille de route stratégique pour aborder ces questions sans frustrer. En clair, l'autorité de l'État doit surtout être une capacité à répondre aux exigences des Maliens et à se doter des outils de l'action.

Chacune de ces deux parties au conflit a ses raisons qui sont logiquement liées à des facteurs évidents et engendrés par la façon dont est géré le Mali depuis les indépendances.

Dans un Mali territorial, il faut un système fédéral sur la base de deux États établis suivant le schéma politique et historique du conflit. La Fédération du Mali devra comporter deux États principaux qui seront l’Azawad et le Maliba avec la capitale fédérale à Mopti.

Une constitution fondamentale devra diriger la fédération à partir d’une charte pour chacun des deux États. L'État du Maliba dans le Sud pourra enfin choisir ou adapter la fameuse "charte de Kouroukanfouga" pour assurer son fonctionnement particulier. Quant à celui de l'Azawad, il adoptera une nouvelle charte suivant les outils disponibles à cet effet.

Lire l'article sur Jeuneafrique.com 

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Commentaires (58)

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Boubacar Doumbia
Boubacar Doumbia 12 ans
On parle de federalisme l'orsque deux etats souverains s'unifie pour etre gouverner que par un seul gouvernement federal...
Bagadadji@62
Bagadadji@62 12 ans
Qu'appellez vous federalism ?? Kidal n'est pas un etant independent qui s'unifie avec le Mali...
syllaka
syllaka 12 ans
Cher Monsieur Qui vous dit que Gao et Tombouctou se reclament de l'Azawad ? S'il ya federation c'est entre Kidal (du MNLA) et le Mali. Je pense il faut mediter sur les capacités économiques de Kidal . Vous en conviendrez avec moi que cette entité doublement enclavée n'est point viable . Je crois que cette guerre durera cent ans mais ne finira pas . En tout cas pas du vivant des acteurs actuels . Pensez vous aux souffrances inutiles que vous imposez à vos frères et soeurs? En réalité les maliens du Sud en dehors des assassinats periodiques de soldats ne se soucient pas du sort de Kidal . C'est ça la verité .Les théories utopiques de federalisme (URSS) sont appelées à disparaitre .au profit d'organisation plus vaste UE etc . Je pense que les pseudos nationalistes du MNLA doivent jouer sur la carte africaine (CDEAO UEMOA UA ) pour un developpement intégré de leur region .Arrêtez de rêver d'un AZAWAD qui inclura Mopti Gao Tombouctou .Personne ne vous suivra dans votre aventure chimérique
Behanzin
Behanzin 12 ans
Je ne suis pas contre un fédéralisme mais pas sous cette forme. On peut laisser le choix aux trois régions du nord de composer un seul état fédéral si cela leur choix. Mais, libre court doit être donné à toutes les régions de se fédérer à leur guise. Dans ce cas, je vois 5 états: le Mandé, le Kénédougou, Ségou, le Khasso et l'Azawad. Le choix de la capitale fédérale peut être fait par référendum. Les ressortissants de tous les états doivent y retourner à l'exception des fonctionnaires du gouvernement fédéral. Pas question de se dire état fédéral et vivre au crochet d'un ou des autres états.
Behanzin
Behanzin 12 ans
On peut ajouter un sixième état: le Bélédougou
Mamadou
Mamadou 12 ans
"La Fédération du Mali devra comporter deux États principaux qui seront l’Azawad et le Maliba avec la capitale fédérale à Mopti." Mohamed, donc vous vous référez sur quelle charte des droit de l'homme ? Certainement, sur celle de la France où vous avez vos amis parmi lesquels il y a le Corse. Mon frère, va dormir tu es fatigué la nuit porte conseil. Je ne pensais même pas que c'était Mohamed mais j'ai cru que c'était une demoiselle avec le turban. Enfin, je comprends Bodigui n'est qu'une monnaie courante dans ce milieu qui transforme facilement l'homme en monstre. Mohamed, l'Azawad est imaginaire car il n'existe nulle part dans l'histoire du Mali sauf le nord. Mohamed, les instigateurs se sont servis de vous pour une vision néocoloniale mais pas pour vous voir isolés dans un Etat d'Azawad. La vision c'est de regrouper tous les hommes bleus du désert comme ils le disent eux mêmes pour créer un Etat du sahara où vous ne serez pas calculés tout simplement. Vous le saviez bien
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