Lettre ouverte du FDR au président de la Republique par interim

24 Août 2013 - 19:51
Mis à jour: 13 ans
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[caption id="attachment_149946" align="aligncenter" width="615"]Les membres du FDR (photo archives) Les membres du FDR (photo archives)[/caption] Monsieur le Président de la République par intérim, Nous avons l’honneur de soumettre à votre appréciation les faits et constats ci-dessous:    
  • Le 12 avril 2012, à la suite de la mobilisation du peuple, sous l’égide du FDR, et de la Communauté Internationale, vous avez prêté serment comme Président de la Transition consacrant dans les faits le retour à l’ordre constitutionnel;
  • Les partisans du Coup d’Etat opposés à toute forme de restauration de la légalité constitutionnelle ont entrepris diverses et multiples tentatives de renverser le pouvoir de Transition, notamment son Président ;
  • Le 21 mai 2012, c’est le summum de cette défiance qui s’est traduite par la lâche attaque physique du Président de la Transition ;
  • Les tentatives répétées d’organiser des « Concertations Nationales Souveraines » d’essence putschiste ont pollué l’atmosphère de juillet 2012 à janvier 2013;
  • Les manifestations des 9 et 10 janvier 2013 devaient culminer au renversement violent de la Transition…..Ce second putsch n’a échoué que grâce au FDR.
 

Face aux assauts répétés des auteurs et partisans du Coup d’Etat, le FDR a immuablement défendu le retour à l’ordre constitutionnel et la nécessaire et impérieuse soumission du pouvoir militaire au pouvoir politique civil.

    Cependant,  nous regrettons que tout au long de ce combat, les actes posés par le 1er Magistrat que vous êtes, aient conforté les putschistes au détriment des défenseurs de la Démocratie et de la République.     Ainsi, contre toute attente, peu de temps après la tentative du Coup d’Etat du 10 janvier, vous avez pris la responsabilité devant l’histoire « d’introniser » le Capitaine à la présidence d’un comité chargé de la réforme de l’armée.    

Au cours de sa cérémonie d’intronisation vous n’avez pas manqué d’annoncer qu’il sera porté au grade qui sied à une telle mission.

    Au Conseil des Ministres du mercredi 14 août 2013, en violation flagrante de l’article 77 de la Loi n°055 du 16 décembre 2002 portant Statut Général des Militaires en République du Mali, vous avez indûment et illégalement élevé au grade Général d’armée l’auteur du coup d’Etat.    

Au terme de l’article 77 de la Loi susvisée, il est expressément stipulé que « nul ne pourrait être Général s’il n’a suivi et terminé une formation dans un centre professionnel et technique. »

    Au regard de cette disposition, votre acte de nomination ne se fonde sur aucun texte législatif ou réglementaire en vigueur au Mali.     L’avancement à titre exceptionnel auquel il est fait référence dans l’acte de nomination du Capitaine Sanogo au Grade de Général d’Armée trouve son support juridique dans la Loi 055 portant Statut Général des Militaires qui dispose en son article 45 : « les nominations et promotions peuvent être prononcées à titre exceptionnel pour récompenser les actes d’éclat et services exceptionnels sans considération de la durée minimum de service fixée pour l’accès au grade supérieur.»     Et de façon péremptoire, l’article 40 du même Statut tranche définitivement la question en disposant: “les promotions ont lieu de façon continue de grade à grade, à l’exception de la nomination des sous-officiers à un grade d’officier.”     En tout état de cause, il convient de préciser que l’esprit et la lettre de cette disposition légale se rapportent à un avancement d’un grade inférieur au grade immédiatement supérieur. En application de cet article, la nomination d’un Capitaine au Grade de Général est irrégulière et doit être frappée de nullité absolue.    

Le FDR estime qu’en contrevenant de très bonne foi aux dispositions légales par voie réglementaire normale, votre gouvernement a, indiscutablement, en même temps, violé le sacro-saint principe juridique du parallélisme des formes et posé un acte de forfaiture suprême et inqualifiable.

    Monsieur le Président, en plus de ce capitaine sans aucun mérite autre que celui d’avoir rabaissé son pays, vous élevez au grade de Général cet autre putschiste, spécialisé depuis peu dans la proclamation anticipée du candidat de son choix à l’élection présidentielle.     Monsieur le Président, au même moment, vous radiez de nos forces armées et de sécurité des patriotes dont le seul tort est d’avoir dénoncé la lâcheté de ceux que vous avez promus et de leur demander d’aller sur le front.     Le FDR estime qu’en l’état, ces décisions d’une gravité extrême pour la cohésion de notre vaillante armée font apparaitre votre gouvernement comme un démolisseur de grandes œuvres. En effet, comment comprendre qu’au moment où notre peuple éprouve l’ardent désir de se réconcilier, pour des raisons incompréhensibles de discipline vous renvoyez de l’armée cinq vaillants soldats pendant que des individus ayant commis vis-à-vis de leur Etat un crime imprescriptible se voient promus.     En tout état de cause, le FDR, fidèle à sa tradition démocratique et républicaine, se fera le devoir à cet effet de saisir le Tribunal Administratif en demande d’annulation du décret attribuant illégalement et indûment des droits au Capitaine Sanogo et au Colonel Moussa Sinko Coulibaly en violation flagrante de la législation en vigueur au Mali.    
Monsieur le Président, bien que tout le monde soit pressé que cette Transition prenne fin – à cause de tous ces bruits de casseroles dont l’opinion est quotidiennement informée- nous craignons bien que sa fin ne soit tragique pour notre pays à cause de ces décisions inopportunes de ces derniers temps qui manquent, pour le moins, de sagesse.    
En conséquence, nous en appelons à une vigilance accrue des Démocrates maliens, au sens de responsabilité du nouveau Président de la République et à la Communauté Internationale  pour une révision rapide de ces décisions qui ne font pas honneur à notre pays et ne manqueront pas, si elles ne sont abrogées, de plonger notre pays dans une période d’incertitude aux conséquences imprévisibles.     Le FDR quant à lui restera une sentinelle vigilante pour une démocratie apaisée et une république laïque ! Nous vous prions d’accepter, Monsieur le Président de la République par intérim, l’expression notre profonde considération.    

Bamako, le 22 août 2013

LE PRESIDENT DU FDR

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Commentaires (215)

User
Onate
Onate 13 ans
il me semble important de cesser de répondre à notre ami capi de MW. Ces derniers jours notre ami perd le contrôle de sa pensée. Il oublie que ses écrits restent et que certains peuvent le mener hors de l'espace de liberté. merci mes amis de couper les ponts et de ne pas le pousser trop loin.
Autresource
Autresource 13 ans
<strong> Que dit la constitution au sujet des nominations militaires : ;</strong> Article 46 Le Président de la République signe les Ordonnances et les décrets pris en Conseil des Ministres.<strong> Il nomme aux emplois civils et militaires supérieurs déterminés par la loi.</strong> Le Grand Chancelier des Ordres Nationaux,<strong> les Officiers Généraux,</strong> les Ambassadeurs et Envoyés Extraordinaires, les Gouverneurs de Région, les Directeurs des Administrations Centrales sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres. <strong> Que dit la constitution au sujet l’approbation des lois : ;</strong> Article 70 La loi est votée par l'Assemblée Nationale à la majorité simple. Cependant, les lois auxquelles la présente Constitution confère le caractère de loi organique sont votées dans les conditions suivantes : - La proposition ou le projet n'est soumis à la délibération et au vote de l'Assemblée Nationale qu'après l'expiration d'un délai de quinze jours après son dépôt sur le bureau de l'Assemblée Nationale ; <strong>- Le texte ne peut être adopté qu'à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée Nationale. Les lois organiques ne peuvent être promulguées qu'après déclaration par la Cour Constitutionnelle de leur conformité à la Constitution. </strong> La loi fixe les règles concernant : - Les crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables, la procédure pénale, la police judiciaire, l'extradition, <strong>l'amnistie,</strong> la création des juridictions, le statut des Officiers Ministériels, le statut des Professions juridiques et Judiciaires ; - Le statut général des fonctionnaires ; <strong> - Le statut général du personnel des Forces Armées et de Sécurité ;</strong> - La loi détermine également les principes fondamentaux ; <strong> - de l'organisation générale de la défense et de la sécurité ;</strong> <strong>Que dit la n°055 du 16 décembre 2002 portant Statut Général des Militaires en République du Mali :</strong> ART. 45 : Les nominations et promotions peuvent être prononcées à titre exceptionnel pour récompenser les actes d’éclat et services exceptionnels sans considération de la durée minimum de service fixée<strong> pour l’accès au grade supérieur.</strong> ART. 46 : L’avancement de grade à lieu au choix et /ou à l’ancienneté, après inscription sur le tableau d’avancement qui doit être établi au moins une fois par an. Les promotions ont lieu dans l’ordre du tableau d’avancement. Si le tableau n’a pas été épuisé. Les officiers qui y figurent sont reportés en tête du tableau suivant. ART. 47 : L’ancienneté des officiers dans leur grade est déterminée par le temps passé en activité et dans chaque cas, par celui pris en compte pour l’avancement au titre des autres positions prévues par le présent statut ART. 77 :<strong> Nul ne peut être général s’il n’a suivi et terminé un cycle d’enseignement militaire supérieur ou scientifique et technique.</strong> <i> Le décret pris en conseil des ministres ne respecte pas la loi n°055 du 16 décembre 2002, le parlement aurait du être consulté pour la modifier et la cour constitutionnelle en accepter la conformité </i>
Le General de Corps d'Armee Sanogho
Le General de Corps d'Armee Sanogho 13 ans
LES CONS NE SAVENT PAS QUE NOUS VIVONS UN ETAT D'EXCEPTION JUSQU'AU JOUR OU' IBK PRETE SERMENT! AUTRESOURCE, L'ACTUEL PRESIDENT PAR INTERIM ET L'ACTUEL PARLEMENT SONT SUR PLACE EN DEHORS DES DISPOSITIONS CONSTITUTIONNELLES DU MALI!!! AUTRESOURCE, TU OUBLIES QUE TOUTE LA CONSTITUTION ETAIT SUSPENDUE! TU OUBLIES COMMENT ATT A QUITTE'! TU OUBLIES LES ACCORDS SIGNE'S ENTRE LA JUNTE ET LA CEDEAO!!! FRANCHEMENT, LES ESCROCS DU FDR REPRESENTENT UNE GRANDE MERDE POUR NOTRE FASO! OUKA HAKILI SORO!!!
Soldat Raté
Soldat Raté 13 ans
Pauvre con... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: POURTANT LES RÉSULTATS DES ELECTIONS SONT PASSÉS ET ONT ÉTÉ VALIDÉ PAR LA COUR CONSTITUTIONNEL ...SAN QUE TU NOUS L'OUVRES ... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: AU MOINS TU ADMETS QUE CA NE VIOLE LA CONSTITUTION ...CA C'EST DÉJÀ BEAUCOUP ...!!!! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Moussa Ag,...PLUS MON CON D'AMI A DES PROBLÈMES ... PLUS IL DEVIENT CON ... NON ...PLUS CONNARD IL DEVIENT ....:lol: :lol: :lol: :lol: J'ESPÈRE SINCEREMENT QUE TU AS RÉSOLU TES PROBLÈMES MON FRÈRE CITOYEN AMÉRICAIN ...
Autresource
Autresource 13 ans
La problématique juridique est de savoir, du reste, si une institution créée ex-nihilo « Président par intérim au-delà de la durée constitutionnelle » peut engager une République – par l’octroi de privilèges dispendieux – après l’élection d’un Président de la République légitime ! La gouvernance transitoire est anticonstitutionnelle. Nous l’avons suffisamment évoqué dans nos précédentes contributions, la gouvernance transitoire actuelle, issue d’une alchimie entre application sélective de la constitution du 25 février 1992 et l’accompagnement de la communauté internationale sur fond de situation exceptionnelle, n’avait d’autres missions essentielles que le rétablissement de l’intégrité territoriale et l’organisation d’élections crédibles et transparentes. Cette limitation de pouvoirs, à dessein, s’explique par le caractère anticonstitutionnel d’un « Président de la République par intérim » ne disposant donc ni de base légale encore moins de légitimité pour engager la République. Dans ces conditions, le « Président par intérim » créé ex-nihilo devrait se garder de poser des actes -de surcroît dans la précipitation – dans le domaine de compétence du Président de la République élu par le peuple souverain. La mauvaise foi est d’autant plus patente que ces actes, souvent ubuesques et saugrenus, sont destinés à produire des effets juridiques sous le règne du Président légal et légitime. Le principe de la continuité de l’Etat devrait s’appliquer de bonne foi. D’aucuns seraient tentés de nous rétorquer que le « Président par intérim » agit au nom du principe de la continuité de l’Etat ; selon ce principe, l’Etat – se distinguant des gouvernants – est une continuité. A cet effet, les actes posés par les gouvernants sous un régime donné produisent des effets sous les régimes successifs. Un gouvernant succédant à un autre, s’il peut bel et bien corriger les travers et défaillances du précédent, ne viendrait pas systématiquement à tout annuler au seul motif du changement de dirigeants. Ce principe, à l’instar de toute autre règle de droit, devrait être appliqué de bonne foi ; il ne devrait protéger que les actes indispensables et nécessaires au bon fonctionnement de l’Etat, et non des actes inopportuns et compromettant la marge de manœuvres des nouvelles autorités légitimes, les mettant du coup devant le fait accompli. Mieux, en l’espèce, il s’agit d’un gouvernement transitoire sans base légale ni légitime, et dont les missions exclusives sont déclinées dans une feuille de route. C’est dire que les règles de droit devraient s’appliquer de bonne foi, de sorte à éviter l’abus de droit ; en ne le faisant pas, nous pouvons affirmer, sans risque de nous tromper, que le Président de la République par intérim actuel sombre dans l’abus de pouvoirs et de droit ; la fin de la récréation devrait donc être sifflée illico presto par le nouveau Président de la République. Quelle validité juridique pour les derniers actes posés par le « Président intérimaire » ? Lorsqu’il marche sur les platebandes du Président légal et légitime de la République, le « Président par intérim » se disqualifie et expose, par voie de conséquence, toutes les mesures abusives à la sanction de la nullité. Il revient donc aux nouvelles autorités légitimes d’en tirer les conséquences, d’exercer pleinement leurs pouvoirs et tous leurs pouvoirs, en revenant purement et simplement sur les décisions grotesques ne pouvant ni engager le peuple Malien ni les impôts des contribuables Maliens. Il est temps de redynamiser le contrôle citoyen. L’euphorie de la fin de cette transition chaotique ne devrait pas nous faire perdre de vue notre vigilance face aux derniers actes tendant à hypothéquer les deniers publics du pays. Il est temps que les organisations de la société civile, notamment les organisations syndicales remettent sur la table leurs doléances, toutes leurs doléances face aux privilèges dispendieux que la gouvernance transitoire tente de s’octroyer ad vitam aeternam. Lorsque le Président intérimaire défend une chose et son contraire à Ouagadougou Nous n’avons rien contre la promotion d’un officier Malien au grade de « Général 4 étoiles» si tant est qu’il est le plus courageux, le plus intrépide de l’armée Malienne, et reconnu comme tel par ses frères d’armes. Mais force est de reconnaître que l’on frise le ridicule lorsque, voulant défendre une telle décision, le Président intérimaire déclare « Je ne sais pas pourquoi vous vous focalisez sur le Capitaine SANOGO, c’est un citoyen Malien avec des droits et des devoirs ; les jeunes savent ce qu’ils ont fait, à partir du moment où ils ont demandé pardon, dans nos sociétés on accepte » . Pour parler de pardon, encore faudrait-il reconnaître avoir commis une faute ; laquelle ? Un citoyen avec des droits et des devoirs n’est pas privilégié Un citoyen Malien avec des droits et des devoirs – ne bénéficie pas de privilèges – est soumis à
Hit
Hit 13 ans
Président du FDR, qui est en même temps président d'un syndicat (UNTM) aussi légaliste qu'il est, a quand même cautionné que son mouvement soutiennent publiquement et ardemment un candidat à l'élection présidentielle. Si ce candidat avait gagné comment, son syndicat allait lutter pour sa base contre ceux qu'il a mis au pouvoir?
Roumans
Roumans 13 ans
le President du FDR et secretaire general de l'UNTM qui demande l annulation de la promotion de SANAOGO est le meme qui a soutenu l'integration illegale de 256 jeunes a la fonction publique. Il faut etre consequent et savoir ce que l on veut.
ESNI
ESNI 13 ans
le fdr est devenu l4ennemi n°1 du MALI. ILS VEULENT FAIRE TOUT POUR CREER DE FAUX PROBLEME, CAR ILS SONT AIGRUS ET N'ONT PAS PU ACCEPTER LA DEFAITE DE LEUR CANDIDAT SOUMI PAR QUI ILS SOUHAITAIENT RESTER AU POUVOIR,LE CLAN PARENA ET LES VIEUX REJETTES DE L'ADEMA.
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