Siège des nations unies : L’AES se fait entendre

Les trois Premiers ministres des États du Sahel n’ont pas sollicité la parole. Ils l’ont imposée. À la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, les chefs de gouvernement du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont fait entendre une voix singulière, grave et résolument affranchie. Celle d’une Afrique qui ne quémande plus, mais qui affirme sa place. Celle d’un Sahel qui ne se soumet plus, mais qui se redéfinit.

6 Octobre 2025 - 04:41
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Siège des nations unies : L’AES se fait entendre
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Siège des nations unies :  L’AES se fait entendre

Ce n’étaient pas de simples discours, mais un manifeste. Une déclaration d’indépendance diplomatique portée par l’Alliance des États du Sahel (AES), qui refuse désormais de plier sous le poids d’un ordre international jugé obsolète et inéquitable. «Nous ne demandons pas la permission d’exister», a lancé Ali Lamine Zeine, Premier ministre du Niger, avant d’ajouter : «Nous ne sommes pas contre le monde, mais nous sommes désormais maîtres de notre trajectoire». Ces mots ont résonné comme une gifle diplomatique dans l’hémicycle feutré de l’ONU.

Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier ministre du Burkina Faso, a affirmé que «l’Afrique ne peut plus être le théâtre des ambitions extérieures». Il a dénoncé les clichés persistants et les discours tronqués qui confinent le continent à une posture d’assisté. «Nous voulons corriger les récits, détruire les stéréotypes et bâtir de nouvelles relations», a-t-il déclaré, appelant à une refondation du multilatéralisme où l’Afrique serait enfin actrice de son destin.

Abdoulaye Maïga, Premier ministre, chef du gouvernement, a porté une parole de fermeté : «Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité». Il a dénoncé les ingérences, les violations territoriales et les sanctions déguisées, tout en rappelant que «les États du Sahel n’ont pas choisi la guerre, mais se défendent contre une menace imposée». Il a également accusé certains États de «soutenir le terrorisme international» en fournissant des armes et un soutien logistique à des groupes armés actifs dans la région.

Au cœur de cette rupture se trouve une philosophie communautaire, enracinée dans les traditions sahéliennes de solidarité et de gouvernance endogène. Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, a résumé cette dynamique en ces termes : «Il y a une aspiration pour nous prendre en charge, pour plus d’indépendance, de souveraineté et de rupture avec des pratiques qui jurent avec l’intérêt de nos populations».

L’AES ne se limite pas à une posture sécuritaire. Elle propose une vision de civilisation. Le Premier ministre malien a annoncé la création d’une Banque confédérale pour l’Investissement et le Développement, destinée à financer des projets structurants dans les infrastructures, l’énergie, l’industrialisation et l’agriculture. Il a également réaffirmé le soutien des pays sahéliens à la position africaine commune issue du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, réclamant deux sièges permanents et cinq non permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. 

Les interventions des Premiers ministres ont été coordonnées dans un rare exercice d’unité stratégique. Portés par une rhétorique de dignité et de résistance, leurs discours ont dénoncé les mécanismes de domination post-coloniaux : sanctions économiques, ingérences politiques, conditionnalités humiliantes. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ne se replient pas. Ils redéfinissent les termes du dialogue international, en exigeant respect, réciprocité et fin des tutelles déguisées.

L’AES ne rejette pas le monde. Elle refuse d’en être le terrain de jeu. Elle se dresse face aux logiques impérialistes et redéfinit elle-même les conditions du dialogue. Elle tend la main aux partenaires sincères, mais avec fermeté. Ce sursaut appelle un soutien massif des intellectuels, des diasporas, des mouvements sociaux et des citoyens africains. Il ne s’agit pas seulement de soutenir trois gouvernements, mais une vision : une armée qui protège sans opprimer, une diplomatie au service des peuples, une culture comme levier de transformation.

Les Premiers ministres du Mali, du Burkina Faso et du Niger n’ont pas simplement parlé. Ils ont dessiné les contours d’une souveraineté africaine assumée. Leur démarche est légitime, leur vision claire, leur rupture salutaire. Une parole qui dérange, une vision qui inspire. Ils ne demandent pas à être compris. Ils exigent d’être respectés. Et dans cette exigence, c’est toute l’Afrique qui retrouve sa voix.

Il appartient désormais au monde - et à l’Afrique elle-même - de choisir : rester dans l’ombre des empires ou marcher vers la lumière d’une souveraineté retrouvée ???

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Commentaires (13)

User
Kankan
Kankan 12 mois
Editorial Staff observation is as strong as position taken by three AES Prime Ministers. I hope we begin to call out Africa Ubuntu led weak link nations plus acknowledge conditions they should possess to properly represent increasing presence of possessing sovereignty. It should be acknowledged that in maintaining weak links leadership while of Ubuntu Africa appear as weak as weak link nation. As result endure constant military challenges from terrorists who are defeated if not obliterated by FAMA. On note some might find unlikeable but, enlightening I acknowledge following. Israel in its imposing of genocide in Gaza is following process my Uncle James who now deceased would approve plus, imposed on me as child when it comes to fighting. Uncle James was considered Marine Marine. A highly decorated Marine of group that made reputation for Marines being hard corp fighters. As he would put he was of those Marines that majority of Marines represented themselves as being. As drill sergeant he imposed that if I had fight plus kicked opposition butt as I should if opposition comes back to fight again on different day or time when I kick his butt second give him 20 extra punches as part of beat down as if I am trying to destroy. In short each time opposition comes back punishment is increased. It is reaction to war started by Hamas with Israel. One I know but, not likeable to observe. It is of brutal meanness! Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
BAMBARADION
BAMBARADION 12 mois
LASTUS POUR RÉPONDRE A TON COMMENTAIRE , VOUS NE SAVEZ RIEN DU TOUT SUR L ORIGINE DES SPONSORS DES TEROTEROS AU MALI. VOUS ACCUSEZ TOUT LE MONDE SANS FOURNIR AUCUNES PREUVES PAR CONTRE TOUTE LA PLANÈTE A DES PREUVES SUR LA SITUATION DU CARBURANT CHEZ VOUS. DES DIZAINES DE VIDÉOS TOURNENT EN BOUCLE. DES USA JUSQU'EN CHINE EN PASSANT PAR LA FRANCE ET LE BRÉSIL MOUHAHAHAHAHAHA
Zombo
Zombo 12 mois
La junte aux abois est deja en negociation avec le JNIM pour liberer deux ressortissants Emiratis et un ressortissant iranien enlevés à Sanankoroba, à moins de 40 kilomètres de Bamako. Le JNIM demande plusieurs milliards de Fcfa, afin de libérer les otages.https://fr.news.yahoo.com/mali-faut-dialoguer-groupes-djihadistes-084200965.html
kan
kan 12 mois
L’AES se fait entendre à l'ONU, c'est vrai leurs propos ont résonné fortement dans un salle vide dans l’indifférence générale .......
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
La France est encore sans gouvernement. Lecornu a demissionne. Les terroristes n' ont plus de sponsor!
Lastus
Lastus 12 mois
La France est un pays en pleine putréfaction..... Aujourd'hui le Général Goita a plus de légitimité que Macron.... et ce n'est que le début...
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