Les Brèves de Rouky : Là-bas, force reste à la loi
Comparaison n’est pas raison, mais ce qui suit est à méditer pour utilement inspirer. Au Burkina Faso, pays des hommes intègres, on ne badine pas avec la loi.
Là-bas, les citoyens font des efforts pour la respecter et les autorités y veillent avec un sens des responsabilités à nul autre pareil. L’immatriculation du véhicule, ne serait-ce qu’à titre provisoire, est un impératif sécuritaire au Faso. Ainsi à compter de fin décembre 2025/début 2026, les autorités compétentes du Faso prévoient d’arrêter en circulation tous les engins non-immatriculés et tenir pour responsables de l’infraction ceux qui les ont livrés. Déjà, le 4 novembre dernier, la Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes a déployé sur le terrain à Ouagadougou, une équipe interministérielle -Défense, Sécurité, Transports, Commerce, Finances, etc. L’opération a ciblé les vendeurs de motos et triporteurs et le contrôle portait sur la détention de l’agrément (carte W), l’application de l’immatriculation en série WW avant livraison et la conformité des documents.
Au Faso, l'immatriculation provisoire (séries W et WW) est obligatoire pour tous les véhicules neufs ou importés qui sortent des usines ou des entrepôts sous douane. Elle leur permet de circuler en attendant l'immatriculation définitive. Une fois la demande faite, le véhicule se voit apposer une bande adhésive à la place d'une plaque d'immatriculation.
Pas gai, mais vrai
C’est une lapalissade de dire que la crise du carburant a apporté des changements aux habitudes des Bamakois. En tout cas, les difficultés de ravitaillement semblent avoir développé chez eux le réflexe de gestion plus rationnelle de leurs mouvements, même lorsqu’il s’agit par exemple d’accompagner un proche…. en sa dernière demeure. Le chemin du cimetière n’offre plus le spectacle des longs cortèges perturbant très souvent la circulation. Mais pas que : jamais les corbillards n’ont autant affiché le plein d’accompagnateurs. La raison ? Facile à comprendre. L’état de leur réservoir oblige bien de propriétaires d’engins à les garer pour chercher une place dans le véhicule funèbre. Il n’y a pas d’inconvénients, après tout !
Novembre 1960. A peine deux mois après l’accession à l’indépendance du Soudan Français sous le nom de la République du Mali, les Usa ont proposé leur aide à Modibo Kéita qui a accepté la main tendue. Ce qui ne l’a pas empêché de signer des accords de coopération avec l’Urss et la Chine. La preuve qu’il était un non-aligné, au sens noble du terme. Inutile de commenter l’atmosphère glaciale qui plombait alors les rapports entre les blocs Est et Ouest.
Qu’est ce qui cloche à la MCA ?
Les informations font état de la mort fréquente de détenus à la Maison d’Arrêt Centrale (MCA). En cause, la chaleur et le surpeuplement des chambres de détention, croient savoir certains. La situation préoccupe de plus en plus de nombreux parents de détenus qui craignaient pour leurs proches.
Corruption à la pompe
L’une des causes de la cherté du carburant est sans doute la corruption à la pompe. Les autorités font de leur mieux pour que la population puisse obtenir le précieux liquide. Il arrive cependant que des usagers parviennent à corrompre des pompistes, pour avoir le plein de réservoir. L’enjeu varie entre 2000 et 5000FCFA. Vite, il importe de remédier à ce phénomène qui prend de l’ampleur.
Arrestation de chauffeurs de citernes à Bamako : Où est passée la présomption d’innocence ?
La semaine dernière, des chauffeurs de camions-citernes ont été interpellés à Bamako par les forces de l’ordre. Ils sont soupçonnés d’avoir procédé à la décharge illégale de carburant dans des lieux autres que les stations-service. Une opération présentée comme une réussite sécuritaire et largement relayée sur les réseaux sociaux et certains médias.
Toutefois, la manière dont ces interpellations ont été médiatisées suscite de nombreux questionnements. Sur plusieurs images et vidéos diffusées en ligne, les chauffeurs arrêtés apparaissent à visage découvert, exposés au public comme des coupables avérés. Or, la loi malienne, à l’instar des législations de droits humains, consacre clairement la présomption d’innocence, principe selon lequel toute personne est innocente jusqu’à preuve du contraire par une décision de justice définitive.
On peut donc comprendre l’indignation, l’incompréhension voire le courroux suscité par cette mise en scène dans les rangs des transporteurs. Pour beaucoup de chauffeurs, il s’agit d’une atteinte à la dignité et à l’honneur de leurs collègues. Certains rappellent que le chauffeur n’est souvent qu’un exécutant dans une chaîne d’approvisionnement contrôlée et mise en mission par des propriétaires de camions ou des commanditaires. « Le chauffeur est un salarié. Il suit les instructions de celui qui l’envoie. S’il y a infraction, qu’on cherche les responsables à tous les niveaux », pense certains.
Même si l’enquête venait à démontrer leur innocence, le mal est déjà fait. Dans un contexte où les transporteurs jouent un rôle clé dans l’acheminement des produits pétroliers, cette façon de faire a accentué les tensions et la méfiance au sein de la corporation.
La lutte contre la spéculation et le détournement de produits ne saurait se faire au mépris du respect des principes de droits fondamentaux des citoyens. L’efficacité de la sécurité ne peut être opposée aux exigences de justice.
En définitive, cette affaire rappelle l’importance pour les autorités et les médias de concilier communication, respect des procédures judiciaires et sauvegarde de la dignité humaine. Car dans un État de droit, sanctionner oui ; condamner sans jugement, jamais.
Par Drissa Togola