OPERATION COUP DE POING DU VEGAL : Vers un contre-contrôle

Le Végal n’est pas dans la logique de baisser la garde. Après le dépôt de son rapport annuel, stigmatisant de nombreuses anomalies financières et commerciales, décelées çà et là au niveau des entités contrôlées, Sidi Sosso DIARRA et son équipe...

20 Juillet 2006 - 04:18
20 Juillet 2006 - 04:18
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Le Végal n’est pas dans la logique de baisser la garde. Après le dépôt de son rapport annuel, stigmatisant de nombreuses anomalies financières et commerciales, décelées çà et là au niveau des entités contrôlées, Sidi Sosso DIARRA et son équipe passent à la vitesse supérieure pour obtenir le respect des recommandations formulées à l’issue de ces missions de vérification.

Le Vérificateur général, Sidi Sosso DIARRA, ne veut pas s’arrêter en si bon chemin après avoir publié et déposé, comme le stipule la loi, son rapport annuel sur les différentes missions de vérification qu’il a initiées au sein des structures commerciales. Dans la logique du Végal et son staff technique, il est important de se donner les moyens d’assurer efficacement le respect scrupuleux de ce premier rapport produit par un suivi régulier des recommandations formulées sur chacune des entités contrôlées. L’objectif recherché ? Renforcer l’orthodoxie comptable et financière en vue d’engranger des résultats probants en matière de gestion commerciale des entités contrôlées.

Aussi, dans une approche participative, le Bureau du vérificateur général vient d’adresser une correspondance en bonne et due forme aux structures contrôlées pour les inviter à se mettre en rapport avec lui en vue d’instaurer un système de supervision plus souple visant à revisiter les recommandations formulées à ce niveau. Histoire, dit-on, de se faire une idée sur l’état d’avancement des mesures préconisées par les enquêteurs au niveau des structures ayant reçu la mission de vérification. Pour cela, les services de Sidi Sosso DIARRA ont émis des intentions de contrôle au niveau de la mairie du district, des sociétés de télécommunications, comme Ikatel, des pétroliers, des services de la douane et des structures publiques, comme le ministère de l’agriculture. Dans toutes ces structures et bien d’autres, l’option choisie par les enquêteurs est de passer en revue, en concert avec les responsables des structures concernées, les différentes mesures préconisées, lors des différentes missions de contrôles effectuées, pour corriger les lacunes de gestion.

Dans cette opération qui s’apparente à un coup de poing, le Végal, contrairement à ce que l’on peut redouter, est loin d’envisager la répression pour se faire entendre sur le bien-fondé de cette nouvelle approche. En fait, de bonnes sources, il s’agit pour le BVG de dégager une meilleure formule pour la mise en œuvre de ces différentes recommandations. Une méthode pragmatique qui impliquerait les responsables des structures contrôlées qui, en rapport avec les services du BVG, assureront, selon un chronogramme défini de commun accord, l’évaluation complète des mesures préconisées. Il s’agit là d’une approche participative d’évaluation qui a ses avantages. Car, dit-on, l’objectif principal recherché par les différentes missions de vérification tous azimuts est d’arriver à restaurer au sein des entités commerciales et économiques des réflexes de bonne gestion financière et comptable. Autrement dit, dans chacune des structures contrôlées qui vont recevoir les lettres de sollicitation du Végal, il s’agira pour elles de répondre plus rapidement en dressant un calendrier cohérent à partir duquel les enquêteurs pourront se retrouver pour le démarrage des opérations de supervision.

Les structures concernées ont-elles déjà répondu favorablement au Végal ? Quelles ont été les principales préoccupations qu’elles ont déjà formulées. La confiance est-elle à nouveau instaurée entre le BVG et les différentes entités structures concernées ? Pour l’instant, nul ne sait combien de structures, déjà saisies, ont répondu à cette nouvelle sollicitation de collaboration du Végal. Dans tous les cas, dans l’entourage du Végal, on affiche une nette détermination à poursuivre sans faiblir ce nouveau challenge avec les entités déjà supervisées.

L’autre moyen de suivi du rapport, ce sont les procédures judiciaires qui pourront être enclenchées auprès du procureur général, lequel est déjà saisi de pas mal de dossiers économiques et financières présentant, de ce fait, un intérêt capital pour le BVG. En effet, même si l’approche pédagogique a été privilégiée au cours de ces différentes missions de vérification, il n’en demeure pas moins que la procédure judiciaire soit également un élément crucial pour le respect du rapport annuel de la structure de vérification, lequel rapport, dont copie a été acheminée devant le parquet, retrace en fond et en comble des anomalies de gestion estimées à plusieurs dizaines de milliards comme manque à gagner pour le trésor public. Cette option juridictionnelle n’enlève pas toutes les possibilités d’action du Végal qui entend désormais poursuivre jusqu’au bout sa campagne de moralisation des dépenses publiques.

Aussi, les vérificateurs initieront-ils régulièrement des séances de travail avec les instructeurs des dossiers judiciaires en vue d’apprécier l’évolution procédurière sur les dossiers et s’enquérir éventuellement des mentions judiciaires émises pour classer certains dossiers. Autant dire que l’entreprise de moralisation des dépenses publiques, telle qu’elle a été ordonnée par le Végal, n’a fait que commencer…

Par Sékouba SAMAKE