Les mots et les maux : Cherté de la vie, le calvaire au quotidien de la ménagère

09 Sept 2015 - 02:17
Mis à jour: 11 ans
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[caption id="attachment_944342" align="aligncenter" width="850"]Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita[/caption] Il y a 2 ans que le peuple investissait de sa confiance le président Ibrahim Boubacar Kéita à la magistrature suprême du pays. Tout ou presque a été dit ou écrit à ce sujet. Néanmoins, un constat accablant se dégage aujourd’hui pour la majorité de nos compatriotes : jamais le mal-vivre n’avait atteint une telle proportion dans l’opinion nationale. Des problèmes de sécurité à la cherté de vie en passant par l’absence de perspective, les nerfs des Maliens sont au bord de la rupture.   Malheureusement, tous ne semblent pas partager ces dures réalités. D’où, d’un côté, l’écrasante majorité "qui tire le diable par la queue" (tel qu’on le dit dans le jargon populaire) et de l’autre une infime minorité voulant tout nier en bloc et peindre une situation devenue quasi-insupportable comme le fait d’autrui. Entre les deux tendances, un peuple désabusé et inquiet face aux incertitudes d’un vécu quotidien, dont tous les paramètres semblent échapper à son contrôle. Ainsi pourrait-on résumer "les discours qui se suivent et se ressemblent au Mali depuis des années". En effet, pour les plus hautes autorités, "le pays respire à nouveau à pleins poumons" avec un taux de croissance parmi les trois plus élevés de la sous-région. La confiance est de retour tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les bailleurs et investisseurs étrangers affluent. La dette intérieure a été entièrement épongée. La reprise est palpable à tous les niveaux. La relance de l’économie nationale est bien amorcée. Les conditions de vie n’ont jamais été aussi meilleures que ces dernières années… et patati et patata ! Qu’en pense notamment le Malien lambda ? Nul besoin d’effectuer en la matière un sondage scientifique d’opinion pour mesurer le désarroi et la désespérance actuels de nos compatriotes. Au regard des difficultés quotidiennes pour joindre les deux bouts, il y a véritablement de quoi s’interroger sur les motivations profondes qui sous-tendent cette farouche volonté à vouloir présenter une situation catastrophique comme reluisante et pleine d’espoir. Selon un adage populaire de chez-nous "pour mieux apprécier la souffrance qu'endure une brochette de viande, il faut prendre sa place". C'est ainsi que je me suis hasardé dimanche à appeler une petite vendeuse ambulante de tomates fraîches. Le but était de m'enquérir du prix de vente des tomates disposées en vrac sur un plateau qu'elle portait sur la tête. Arrivée à mon niveau, elle s'est attelée d'abord à regrouper en petits tas de 4 unités sa marchandise jusque-là dans un désordre indescriptible dans le récipient qu'elle portait sur la tête. Après cet exercice soigneusement exécuté, elle se décida enfin à répondre à ma question : "tomati yé djoli-djoli yé ?". Autrement dit "combien coûtent tes tomates ?" Répondant d'abord par des "Han ? Han ? Han ?" réguliers chaque fois que j'insistais pour savoir le prix, elle se décida enfin de me dire "binani-nani", c'est-à-dire "200 F CFA le tas (de 4 tomates)". Procédant à un facile calcul mental rapide, je conclus que la tomate était vendue à 50 F CFA l'unité. Mais pour en avoir le cœur net, je posais la question à la bonne petite vendeuse. Elle me répondît goguenardement "à peu-près". Comment "à peu-près ?". Voyant mon étonnement, elle me dît "oui ! Parce que on ne vend pas par unité" (â tè kélén kélén féré lâ). Déduction, pour consommer de la tomate produite chez-nous mêmes ici au pays, il faut débourser au moins 200 F CFA pour 4 petites tomates fraîches. Alors, j'ai mesuré toute la gymnastique que nos braves épouses ménagères sont contraintes au quotidien pour nous préparer nos petits et grands plats préférés de tous les jours. Lorsque j'en ai parlé à une collègue, elle m'a simplement invité à faire un tour au marché pour apprécier le calvaire actuel des femmes (nos épouses, mères et sœurs) sur tous les marchés du pays. J'avoue que je n'en ai pas encore eu le courage. Peut-être que je n'irais jamais jusque-là ou du moins pas pour cette seule raison. Car, "bien que les yeux ne portent pas de charge, ils savent quand même en apprécier le poids". Alors, ceux qui chantent à longueur de journée que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, vivent-ils les mêmes réalités que nous autres ? Jamais les mots n'ont été une solution définitive aux maux relatifs aux conditions de vie des populations. B. Sidibé  

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Commentaires (150)

User
DO
DO 11 ans
C’est normal que la vie soit coûteuse, car sous le temps d’ATT on n’était presque tous corrompu, donc comme cela IBK est venu mettre fin à cette pratique les aigris se mobilisent contre lui. Courage IBK, l’avenir du Mali est entre vos mains.
Sikasso
Sikasso 11 ans
Ibk Traitre
TUCANO
TUCANO 11 ans
Je viens de lire les commentaires et je suis curieux que tout le monde parle de la même manière. Mais ce que je retiens c’est la cherté de la vie, et je crois nos autorités prendra acte de cela. Qu’ils un peu avec les fournisseurs comment gérer cette situation.
Sikasso
Sikasso 11 ans
Ibk Traitre
BOSCO
BOSCO 11 ans
Mais c’est normal qu’un pays en sorti de crise les choses deviennent couteuses. Alors pourquoi c’est critiques indirectes. Il faut que la population se lève pour dire non à ceux augmente le coût des condiments.
Sikasso
Sikasso 11 ans
IbkTraitre
STADE
STADE 11 ans
“Bien que les yeux ne portent pas de charge, ils savent quand même en apprécier le poids”. C’est un proverbe que je ne partage pas l’idée tellement, car si on voit un sac rempli de kankeliba on ne peut pas connaitre la charge si on ne le touche pas. Mdr !!! :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D
Sikasso
Sikasso 11 ans
Ibk Traitre
SONY
SONY 11 ans
La cherté de la vie n’a pas commencé maintenant, en plus ce n’est pas la faute à IBK que les prix ont rehaussés. Le jour où les transporteurs de sotrama ont augmenté le prix c’est IBK qui est à la base ? Il faut que les maliens s’unissent sinon même dans 10 ans ce phénomène restera ici.
Sikasso
Sikasso 11 ans
Ibk Traitre
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