Le Mali face aux marchands de mort

30 Mars 2016 - 10:09
Mis à jour: 11 ans
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Le Mali face aux marchands de  mort
Le Mali face aux marchands de mort
Le Mali découvre avec stupéfaction que certains de ses enfants devenus des djihadistes invétérés parient désormais sur la mort, menaçant du coup toute la sous-région. Il faut une bonne dose de fanatisme et un désespoir existentiel profond pour arriver à une telle extrémité. Dans un pays où la vie humaine est proclamée sacrée, il y a de quoi semer le désarroi. Peut-on vaincre les « fous de Dieu » sans adopter les comportements sécuritaires et citoyens appropriés ? La connaissance et le respect des valeurs et principes de la république ne sont-ils pas les moyens les plus sûrs pour garantir à terme la cohésion de la nation qui reste le creuset dans lequel doivent se fondre tous les groupes sociaux, toutes les cultures? LES VALEURS CITOYENNES Le Mali a une longue histoire dont ses populations sont fières à juste titre parce que chaque entité sociale a le sentiment d’avoir écrit une page glorieuse de cette histoire. Même si le pays a connu le fait colonial, l’essentiel de sa culture a été préservé. Le passage des royaumes et empires d’antan à l’Etat moderne a été un processus long et parfois douloureux. Les valeurs citoyennes actuelles combinent ainsi des références sociétales héritées de la Charte du Mandé et de la Déclaration Universelle des droits de l’homme et du citoyen. Entre valeurs propres et valeurs d’emprunt, la cohabitation n’est pas toujours aisée. De « Kurukanfuga » à ce jour, la liberté de l’être humain se trouve au cœur des valeurs citoyennes. C’est pourquoi, seule la loi en tant qu’expression de la volonté générale peut restreindre la liberté individuelle ou collective. C’est au nom de la  liberté qui rime avec égalité que l’esclavage et toutes les formes de totalitarisme sont combattus, pour rapprocher les hommes et donner un sens à la fraternité humaine. La laïcité par contre est une valeur d’emprunt, alors que Dieu est présent et joue un rôle prééminent dans tout ce que nous faisons. Au contraire de la France par exemple, les USA proclament leur foi en Dieu avec la formule « In God, we trust ». Notre perception de la laïcité, différente de celle de la France, est plus proche du modèle américain.  Musulmans, Chrétiens ou Animistes, Dieu reste au cœur de nos activités et préoccupations. La langue d’expression officielle, le français est une autre valeur d’emprunt qui n’est pas partagée par tous, mais elle a vocation à assurer la cohésion de la nation au plan institutionnel et administratif. C’est un choix politique qui n’est pas dirigé contre la promotion des langues nationales et qui n’est pas irréversible. LES PRINCIPES REPUBLICAINS  Aux termes de l’article 25 de la Constitution, « le Mali est une République… indivisible, démocratique, laïque et sociale ». Le principe de l’indivisibilité signifie que  la loi est appliquée uniformément sur l’ensemble du territoire malien. Le caractère laïc de l’Etat garantit le libre exercice de toutes les religions, la liberté de pensée et de croyance. Le choix du système démocratique consacre la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). L’affirmation du caractère social implique la  protection des citoyens face à la maladie, l’analphabétisme  et le chômage. L’article 2 de la Constitution dispose que  les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs, que toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur (de la peau), la langue, la race, le sexe, la religion, et l’opinion politique est prohibée. Le principe de l’égalité de tous (hommes/femmes notamment) est ainsi clairement affirmé. Toutefois, entre l’affirmation du principe et la garantie de son application, il y a tout un cheminement. A titre d’exemple, l’égalité des genres n’est garantie en France que depuis 2008. En conséquence, le débat sur la parité doit s’inspirer des difficultés rencontrées lors de l’adoption du nouveau code de la famille. Une approche par un débat sur la complémentarité serait mieux perçue, homme et femme pouvant se retrouver chacun, selon les circonstances dans le rôle du complément de l’autre. Le reste viendrait plus facilement car chaque peuple va à son rythme.   LES SYMBOLES LIES A L’HISTOIRE Certains symboles sont issus de l’organisation sociale traditionnelle et d’autres du système colonial. Les Symboles traditionnels Les symboles traditionnels sont présents dans la vie quotidienne des populations et ils expliquent un certain nombre de comportements sociaux.
  • L’humanisme malien ou « maaya » promeut la fraternité humaine ;
  • L’hospitalité ou « diatiguiya » consacre le droit de l’étranger, du non-résident ;
  • Le cousinage à plaisanterie ou « sanankouya » est un exutoire sans pareil au monde ;
  • Le totémisme ou « tanamanyonya » est une solution originale pour trancher les litiges.
Que dire des langues nationales, sinon qu’elles ont leur place dans  la création des différences qui donnent un sens à la cohésion de la nation et l’établissement d’une citoyenneté culturelle ? Ces symboles qui assurent la stabilité sociale plus que les lois de la république, ne sont  pourtant consacrés par aucun texte du droit positif malien. Un véritable paradoxe ! Les Symboles modernes Ils sont ceux de l’Etat tel qu’hérité de la colonisation et de la volonté des premiers dirigeants de donner une identité politique au pays. On pourrait en retenir quatre.
  • La devise : Un Peuple – Un But – Une Foi ;
  • Le drapeau national: vert, or, rouge est l’emblème du pays ;
  • L’hymne national « Le Mali », sonne le rassemblement et l’engagement ;
  • Le 22 septembre : jour de la proclamation officielle de l’indépendance du pays a été consacré fête nationale du Mali.
Pour assurer le bien vivre collectif, il faut nécessairement  que les valeurs et principes de la République soient connus et respectés. Pour qu’ils soient respectés, il faut que les populations y adhèrent. Mais comment pourraient-elles y adhérer si leurs préoccupations essentielles ne sont pas prises en compte : réhabilitation et observance des valeurs sociétales majeures, protection des biens publics contre les actes de prédation qui créent les inégalités sociales, sources de frustration, de méfiance et même de défiance vis-à-vis des autorités. Depuis longtemps déjà, le Mali s’est illustré dans la production de contre modèles et de contre valeurs qui exposent dangereusement sa jeunesse ; une jeunesse que la mauvaise gouvernance réduit aux emplois précaires, à la mendicité ou à l’émigration. Les Islamistes qui disposent d’importants moyens financiers n’ont aucun mal à s’approvisionner sur un terreau aussi fertile. Il est plus que temps d’avancer vers des réformes audacieuses, de sorte que les programmes scolaires, le découpage administratif résultant de la nouvelle politique de décentralisation et la Loi fondamentale elle-même, deviennent le reflet des valeurs sûres de notre société, car aucun peuple ne peut s’épanouir durablement avec des valeurs d’emprunt et sans sacrifices. Mahamadou Camara Email : [email protected]

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Commentaires (31)

User
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 11 ans
@ LA DUCHESSE, Bien pensee mais il existe beaucoup plus de vices et maux au Mali actuellement en plus de ceux mentionnes dans ton commentaire: ceux qui corrompent, encouragent et incitent cette crise tant dans la societe civile, classe religieuse que politique et les mains exterieures. J'ajouterai aussi les conflits communautaires, les inegalites et le partage du pouvoir. L'etat et le gouvernement doivent prendre leurs responsabilites a s'assainir avec une fiction de la lutte contre la corruption, ce sont eux les premiers et premiers a montrer l'Exemple mais helas, c'est les pires. Tres certainement nous devons tous et toutes unis derriere nos Famas pour lutter contre tous les groupes armes associes a ces barbares-terroristes. Il faudra aussi voir et penser a jouer au franc jeux avec certains de nos pays voisins qui jouent aux cameleons. Pour finir un bon et grand nettoyage de la classe politique pour remplacer ces Vampires par des Vrais et Vrais Etres Humains. loll......... Vive le Maliba Un et Indivisible Vive Un Maliba Nouveau sans ces Vieux requins-crocodiles et vampires. Vive Un Maliba Nouveau ou les choses seront faites differemment.
LA DUCHESSE
LA DUCHESSE 11 ans
La base de cette situation qui fait que des jeunes pour la plupart de notre pays ont emprunté cette route que je considère dangereuse est le radicalisme que certains ont emprunté. Cela aussi étant due pour la plupart au désœuvrement de certains de ces jeunes. Pour pallier donc à cette situation il faut offrir du travail aux jeunes, les encadrer et aussi contrôler le financement des mosquées et aussi la teneur des prédications qui y sont faites car la mauvaise interprétation des écritures saintes est aussi souvent à la base de cette situation.
NESTOR
NESTOR 11 ans
Ce n’est pas du djihad que font ces gens mais plutôt du terrorisme ; ces gens qui posent ces actes ignobles ne sont pas des musulmans. Ils ont une idéologie suicidaire qu’eux-mêmes ont développée pour mettre à mal la paix nationale mais aussi et surtout mondiale.Donc il faut être prudent dans nos décisions pour ne pas violer les principes d’une quelconque religion.
ZOULAYKA
ZOULAYKA 11 ans
Notre pays doit vaincre la peur, l’adversité et le climat de terreur que veulent imposer ces terroristes dans ce pays en y installant ce chienlit. Nous populations, devons avoir une bonne collaboration avec nos forces de défense et de sécurité car ces personnes sont présentes parmi nous. C’est pourquoi nous devons dénoncer tout mouvement ou personne suspecte. Paix aux âmes des victimes de cette barbarie…
LE REALISTE
LE REALISTE 11 ans
Le langage de c’est terroriste c’est la guerre par la terreur et par conséquent la réponse doit être pareille. Le plus important c’est que les conditions soient remplis pour que le processus de paix soit mis en œuvre pour que l’armée puisse sécuriser toute l’étendue du territoire et nos frontières par lesquelles se personnes rentrent pour commettre leurs forfaits.
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