Accidents de la circulation à Bamako : Moins de morts, mais toujours autant de dangers

À Bamako, traverser un carrefour, circuler à moto ou simplement rejoindre son lieu de travail reste un exercice à risque. En 2025, la capitale a enregistré 2 863 accidents corporels de la circulation, selon le bilan établi par la Mairie du District. Si ces accidents ont légèrement augmenté par rapport à 2024, le nombre de décès a reculé de 148 à 118, soit un recul de 20,27 %.

02 Nov 2026 - 11:54
0
Accidents de la circulation à Bamako : Moins de morts, mais toujours autant de dangers
Une scène d’accident à la périphérie de la capitale

Une évolution encourageante, mais loin de rassurer : avec 1 067 blessés graves, la route continue de briser des vies et de fragiliser des familles. Les statistiques montrent que le nombre d’accidents corporels est passé de 2840 en 2024 à 2863 en 2025, soit une hausse de 23 cas. Sur les cinq dernières années, leur évolution a connu des fluctuations : 3 362 accidents en 2021, 2 830 en 2022, 2635 en 2023, 2840 en 2024 et 2 863 en 2025. 

En 2025, les accidents ont fait 2 046 victimes, dont 118 tués, 1067 blessés graves et 861 blessés légers. Les blessures graves restent particulièrement préoccupantes, en raison des séquelles physiques, psychologiques et économiques qu’elles peuvent entraîner pour les victimes et leurs familles. 

La place des deux-roues motorisés dans l’accidentalité constitue également un sujet majeur. Sur les 5 693 collisions enregistrées, 2 946 impliquaient des deux-roues motorisés, dont 811 collisions entre motos. Sur la période 2021-2025, les usagers des deux-roues motorisés représentent 80,8 % des victimes recensées, selon les données du bilan. Les piétons figurent également parmi les usagers particulièrement vulnérables. La forte exposition de ces catégories s’explique notamment par la densité de la circulation, la cohabitation difficile entre les différents modes de transport et l’insuffisance d’aménagements adaptés. Les piétons sont souvent contraints de partager la chaussée avec les véhicules, en raison de l’occupation des trottoirs par des installations commerciales ou artisanales. L’insuffisance des traversées sécurisées et de la signalisation accentue les risques, particulièrement aux abords des marchés et des grands carrefours. 

DES RÉPONSES CIBLÉES-La répartition des accidents dans les communes du District révèle des disparités. La Commune III enregistre le plus grand nombre d’accidents corporels, avec 758 cas, suivie de la Commune IV (660), de la Commune VI (541), de la Commune V (457), de la Commune I (225) et de la Commune II (222). Certaines zones de la capitale restent particulièrement exposées, notamment les secteurs à forte circulation, les grands carrefours et les abords des marchés. 

Les périodes de forte mobilité sont également des moments sensibles. Le bilan fait état de 1 340 accidents entre 12 heures et 18 heures, contre 1 158 entre 6 heures et 12 heures et 350 entre 18 heures et 6 heures. Sur le plan hebdomadaire, les dimanches et les jeudis enregistrent les nombres d’accidents les plus élevés, avec respectivement 423 et 413 cas. Ces tendances soulignent l’importance d’adapter les dispositifs de régulation et de contrôle aux heures et aux jours de forte circulation. Les comportements des usagers figurent parmi les principales causes relevées. Le non-respect des règles de priorité, la vitesse excessive ou inadaptée, les dépassements dangereux, l’indiscipline dans la circulation et le non-port des équipements de sécurité contribuent à la survenue des accidents. 

Aux intersections, le non-respect des priorités est particulièrement mis en cause, tandis que les accidents hors intersection sont davantage associés à la vitesse et à l’imprudence des piétons. Les jeunes adultes sont fortement représentés parmi les usagers impliqués, notamment les 26-35 ans, suivis des 18-25 ans. Les hommes demeurent largement les plus touchés par les accidents corporels, avec 1 782 victimes contre 238 femmes. Cette situation traduit notamment leur forte présence parmi les conducteurs de deux-roues motorisés et leur exposition quotidienne aux risques de la circulation. 

À ces facteurs humains s’ajoutent des contraintes structurelles persistantes : congestion du trafic, occupation anarchique des trottoirs et accotements, insuffisance de la signalisation, dysfonctionnement de certains feux tricolores, éclairage insuffisant et absence d’espaces réservés à certains modes de transport. Le développement rapide des motos-taxis et des tricycles, sans encadrement suffisamment structuré, complique davantage la cohabitation entre les usagers. 

Dans son analyse, le responsable du District souligne que la sécurité routière demeure une priorité publique, malgré les efforts engagés par la mairie, les services de l’État, les Forces de sécurité et leurs partenaires. Les actions menées portent notamment sur le renforcement de la régulation, l’amélioration ciblée des infrastructures, les contrôles et la sensibilisation des usagers. 

Le bilan recommande, entre autres, de renforcer la protection des piétons, de sécuriser les trottoirs et les passages piétons, de promouvoir le port du casque et de mieux encadrer les motos-taxis et les tricycles. Il préconise également la réhabilitation de la signalisation, l’amélioration de l’éclairage public, la sécurisation des intersections accidentogènes et l’intensification des contrôles routiers. 

Avec 118 décès et 1.067 blessés graves en 2025, l’urgence est désormais à l’action. Les autorités doivent sortir des engagements de principe, mobiliser les moyens nécessaires et s’attaquer sans délai aux points noirs de la circulation.

Mariam A. TRAORÉ

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (135)
  • Nfp (88)
  • Citoyen du monde (44)
  • kan (30)
  • Kankan (27)