Mali : la doctrine panafricaine éponyme de « l'Assimisme » officialisée

« Assimisme », c'est le nom de la nouvelle doctrine de réflexion scientifique que plusieurs responsables politiques et membres du Conseil national de Transition (CNT) ont officiellement lancée le week-end dernier à Bamako.

28 Juillet 2026 - 08:24
28 Juillet 2026 - 07:58
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Mali : la doctrine panafricaine éponyme de « l'Assimisme » officialisée

Son ambition est de promouvoir un espace de réflexion, de recherche, de dialogue et de production intellectuelle consacré aux défis de la souveraineté, du développement, de la gouvernance et de la refondation de la Nation malienne, incarnés, selon ses promoteurs, par le Chef de l'État de la Transition.

Le lancement officiel des activités du Comité scientifique de la doctrine panafricaine éponyme de « l'ASSIMISME », organisé dans le premier arrondissement de Bamako, avait toutes les allures d'un grand rassemblement politique. Des affiches à l'effigie du Chef de l'État, des cinq colonels, du Premier ministre, ainsi que de figures historiques de la lutte anti-impérialiste, telles que feu Modibo Keïta, Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Ahmed Sékou Touré et d'autres leaders panafricanistes, étaient visibles sur les lieux. La cérémonie était également marquée par la prestation de la fanfare nationale et des animations artistiques rendant hommage au Général d'armée Assimi Goïta.

Parmi les personnalités présentes figuraient plusieurs membres de l'organe législatif de la Transition, notamment les conseillers du CNT Amidou Traoré, représentant la diaspora malienne, et Mohamedoune Ag Ousmane, coordinateur du mouvement. Des représentants des syndicats de transporteurs, des commerçants détaillants ainsi que d'anciens acteurs de la classe politique, aujourd'hui réduits au silence après la dissolution des partis, mouvements et associations à caractère politique, ont également pris part à l'événement. Le président du Comité scientifique de cette nouvelle doctrine est Amadou Aya, ancien allié de l'ex-Premier ministre Moussa Mara et de l'ancien ministre de l'Éducation, Housseini Amion Guindo. Selon lui, « la doctrine Assimisme est une démarche intellectuelle et une école de réflexion ».

Pour sa part, le coordinateur du mouvement, Mohamedoune Ag Ousmane, affirme que cette initiative vise à promouvoir un espace de réflexion, de recherche, de dialogue et de production intellectuelle consacré aux défis de la souveraineté, du développement, de la gouvernance et de la refondation de la Nation. Selon lui, le Comité scientifique a vocation à réunir des chercheurs, philosophes, juristes, historiens, économistes, sociologues, anthropologues, spécialistes des sciences politiques ainsi que toutes les compétences susceptibles de contribuer, dans un esprit de rigueur académique, à l'étude et à l'enrichissement de cette doctrine qu'il qualifie de populaire et mobilisatrice. Pour Mohamedoune Ag Ousmane, « aucune doctrine durable ne se construit sans une réflexion profonde ». Il estime que les grandes transformations politiques et sociales de l'histoire ont toujours été précédées d'un important travail intellectuel, philosophique et scientifique, permettant d'élaborer une vision cohérente de la société sur le long, voire le très long terme.

Le coordinateur s'est également référé aux grandes figures du panafricanisme, affirmant que « leur démarche s'inspire de l'héritage intellectuel africain ». Depuis des siècles, soutient-il, les sociétés africaines ont développé leurs propres systèmes de pensée, leurs modes d'organisation politique, leurs principes de solidarité, leurs traditions de gouvernance ainsi que leurs mécanismes de régulation sociale. Selon lui, ces systèmes ont été portés par de nombreux héros panafricanistes et résistants, dont plusieurs ont payé de leur vie leur engagement face à l'impérialisme.

Pour les promoteurs de cette doctrine, la refondation d'une Nation souveraine et indépendante ne peut reposer uniquement sur des réformes institutionnelles. Elle nécessite également une vision, une doctrine, une éthique de gouvernance et un projet collectif capable de mobiliser les citoyens autour d'objectifs communs afin de consolider durablement les réformes engagées. Les initiateurs présentent l'ASSIMISME comme une doctrine éponyme, c'est-à-dire une doctrine tirant son nom de la personnalité à laquelle elle est rattachée, à l'image du marxisme, du léninisme, du maoïsme, du gandhisme ou encore du kémalisme. Selon eux, la responsabilité du Comité scientifique est de produire une réflexion adaptée aux réalités maliennes, sahéliennes et africaines, fondée sur l'observation, la recherche, l'analyse critique et le débat scientifique. Le Comité scientifique de l’ASSIMISME s’est assigné des missions tels que  la conduite des recherches interdisciplinaires sur la doctrine de l'ASSIMISME, l’organisation des colloques, conférences, séminaires et ateliers scientifiques. S’y ajoute à la publication des ouvrages, rapports, revues et travaux de recherche, le dialogue entre universitaires, institutions publiques et société civile, la formation civique et intellectuelle des jeunes générations voire des échanges avec les centres de recherche africains et internationaux.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net