Maillots d’entraînement des Aigles cadets : le « coup de bleu » de la Femafoot et WA Team Sport qui passe mal
Il y a des symboles qu'on ne touche pas sans conséquence. Les couleurs d'une sélection nationale en font partie, elles ne sont pas un simple choix esthétique laissé à l'appréciation d'un fournisseur, mais une mémoire collective portée à chaque sortie de nos Aigles. C'est pourquoi le changement de couleur observé chez les Aigles Cadets, à la suite de l'arrivée de WA Team Sport comme nouvel équipementier, ne peut être balayé d'un revers de main.
Ce sont des images venues de l'entraînement et publiées sur la page Facebook de la Femafoot qui ont mis le feu aux poudres. Actuellement au Sénégal pour le tournoi UFOA A, les Aigles Cadets se sont présentés à l'entraînement dans un bleu inhabituel, loin du vert-jaune-rouge qui signe le maillot principal, et loin aussi du blanc traditionnellement porté à l'extérieur.
Simple tenue d'entraînement, dira-t-on. Mais dans un pays où chaque nuance portée par la sélection est scrutée, même un maillot d'entraînement n'échappe pas à l'exigence de fidélité au drapeau.
Depuis la diffusion de ces images, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les discussions de rue, le peuple ne s'y retrouve plus. Pour certains, c'est la République Démocratique du Congo, pour d'autres c'est tout sauf le Mali. Ce n'est pas une querelle de goût.
Quand une partie significative des supporters exprime son incompréhension face à un choix qui touche à l'identité visuelle de l'équipe nationale, c'est un signal qu'aucune fédération sérieuse ne devrait ignorer, même si, bien sûr, ce ne sont pas les couleurs qui gagnent les matchs, mais les joueurs.
Une question de méthode, de souveraineté et de confiance
Le choix d'un nouvel équipementier peut se justifier, soutien à une marque locale, retombées financières, ouverture de boutiques, contribution au développement du football national. Ces arguments méritent d'être entendus. Mais la modernisation des équipements et le respect de l'identité visuelle historique ne devraient jamais être présentés comme contradictoires. À défaut d'une plus-value clairement expliquée, le sacrifice des couleurs traditionnelles apparaît comme un choix arbitraire, pris sans concertation suffisante ou sans communication.
Cette affaire dépasse le sport
Les couleurs d'une sélection relèvent aussi de la souveraineté symbolique d'un pays. Le département en charge des sports ne peut rester à l'écart d'un choix qui engage l'image de la nation. Un cahier des charges imposant le respect des couleurs traditionnelles devrait être la norme pour tout futur équipementier.
Un précédent qui interroge
Ce n'est pas un cas isolé, ce changement intervient après une polémique similaire ayant déjà touché l'équipe féminine à la dernière CAN. Où se situe le problème ? WA Team Sport traverse-t-il des difficultés ? La fédération a-t-elle validé ce choix en toute connaissance de cause ? Le silence nourrit plus les doutes qu'il ne les apaise, et des regrets se font déjà sentir jusque dans les rangs de ceux qui avaient soutenu ce choix d'équipementier.
Ce que le peuple attend
Le peuple demande des explications claires, une transparence sur les critères de ce choix, et la garantie que les couleurs traditionnelles, patrimoine commun autant que symbole sportif, seront respectées à l'avenir. Le public sportif ne veut pas de surprise désagréable en ce qui concerne les matchs officiels !
Lamine DIALLO/Journaliste sportif