Douanes maliennes : 632 milliards FCFA mobilisés, le DG fixe le cap !
Après six mois à la tête de l’administration douanière, le Directeur Général mise sur la mobilisation collective, la lutte contre la fraude et l’accélération des réformes pour consolider la dynamique des recettes. L’Inspecteur Général Cheickna Amala Diallo a récemment rencontré dans la salle polyvalente de la Direction Générale l’ensemble de la chaîne douanière
De Bamako aux postes les plus éloignés, les responsables et agents ont été associés aux échanges grâce à la visioconférence. Une démarche qui traduit la volonté du patron des Douanes de parler à une administration dans son ensemble, au moment où celle-ci connaît un renouvellement important de ses effectifs et de ses responsabilités. Il s’agit de transformer le changement en dynamique et la dynamique en résultats.
Sur le terrain des recettes, les premiers résultats constituent un motif d’encouragement. Entre janvier et juin 2026, les Douanes maliennes ont mobilisé 533,7433 milliards de francs CFA, alors que les prévisions pour la période s’établissaient à 482,823 milliards, soit une performance supérieure de 50,918 milliards aux prévisions, correspondant à un taux de réalisation de 110,55 %.
La tendance s’est maintenue au mois de juillet, avec 98,547 milliards de francs CFA supplémentaires. Les réalisations cumulées atteignent ainsi 632,314 milliards, représentant près de 64,85 % de l’objectif annuel fixé à 975 milliards de francs CFA. Ces chiffres traduisent une capacité de mobilisation appréciable dans un environnement pourtant marqué par de fortes contraintes.
Cheickna Amala Diallo semble vouloir éviter un piège classique : celui qui consiste à considérer une bonne performance comme une raison de ralentir les efforts. Pour lui, les résultats obtenus doivent plutôt servir de point d’appui pour aller plus loin, la conjoncture imposant à l’administration douanière de composer avec des difficultés sécuritaires, des perturbations logistiques et des contraintes affectant certains corridors commerciaux, notamment l’axe stratégique Kidira-Diboli-Kayes.
Les opérations réalisées au cours du premier semestre illustrent cette dimension. Stupéfiants, armes et munitions, explosifs, médicaments illicites, produits impropres à la consommation ou encore mercure figurent parmi les produits saisis. Derrière chaque interception, il y a donc plusieurs enjeux : protéger les recettes publiques, préserver les opérateurs économiques respectueux de la loi, défendre le consommateur et contribuer à la sécurité nationale.
C’est pourquoi la stratégie préconisée repose notamment sur une exploitation plus poussée du renseignement, un meilleur ciblage des contrôles et une coopération accrue entre les différents services. Mais le défi consiste aussi à trouver le juste équilibre : contrôler davantage sans asphyxier le commerce légal. Une équation particulièrement importante pour une économie qui dépend fortement de ses échanges avec l’extérieur.
La performance ne saurait cependant être durable sans transformation de l’outil douanier. Sur ce terrain, l’administration dispose d’un portefeuille de 38 réformes, destinées à améliorer progressivement ses procédures et ses mécanismes de contrôle. La modernisation du contrôle documentaire, le développement du SYGECOD et l’interconnexion des systèmes informatiques avec plusieurs administrations douanières de la sous-région constituent autant de leviers destinés à rendre les opérations plus rapides, plus fiables et davantage sécurisées.
Cependant, une réforme, aussi ambitieuse soit-elle sur le papier, ne produit d'effets que lorsqu'elle est comprise et appliquée par ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre…
En effet, en rappelant que les Douanes maliennes sont d'abord celles de leurs agents, Cheickna Amala Diallo place la dimension humaine au cœur de la performance. Les contraintes sécuritaires auxquelles sont confrontés certains agents, les conditions parfois difficiles d'exercice et les exigences croissantes de la mission nécessitent en effet une attention particulière aux moyens et aux conditions de travail.
Une administration performante ne peut durablement reposer sur les seuls objectifs chiffrés, elle doit également disposer d'hommes et de femmes motivés, correctement équipés et conscients du rôle qu'ils jouent dans la marche de l'État. Au final, la rencontre présidée par le Directeur Général apparaît comme un véritable exercice de remobilisation. Si les résultats du premier semestre donnent des raisons d’espérer, le mois de juillet confirme la tendance.
Le message de Cheickna Amala Diallo tient donc en une équation simple : capitaliser sur les résultats, corriger les insuffisances et maintenir la mobilisation. Pour atteindre les 975 milliards de francs CFA de recettes annuelles, renforcer la protection du territoire économique et moderniser durablement l'administration, la Douane malienne devra continuer à conjuguer discipline, innovation et esprit d'équipe, la performance douanière étant d'abord une œuvre collective !
Flani SORA
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