Bilan de la défense sous Assimi Une armée adaptée aux défis de l’heure

Depuis 2021, les autorités de la Transition malienne ont engagé une mutation profonde de leur outil de défense et de sécurité.

20 Juillet 2026 - 02:11
 1
Bilan de la défense sous Assimi Une armée adaptée aux défis de l’heure

Le lundi 13 juillet 2026, au Centre international de conférences de Bamako, le Général de Division Oumar Diarra, ministre délégué à la Défense, et le Général de Division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, ont présenté le bilan de cinq années d'efforts acharnés visant à doter le Mali d'une armée moderne, souveraine et adaptée aux défis de la guerre asymétrique. Cet exercice de transparence inédit a mis en lumière la stratégie globale impulsée par le Président Assimi Goïta, reposant tout d'abord sur la valorisation indispensable du capital humain.

Avant même de déployer de nouveaux armements sur le terrain, l'État a compris que l'efficacité opérationnelle exigeait des conditions de vie dignes pour les troupes. Le gouvernement a ainsi opéré un véritable choc de revalorisation sociale en harmonisant les grilles salariales, en bancarisant les soldes et en déployant un système informatisé de gestion des ressources humaines. Pour en finir avec la précarité dans les casernes, un vaste programme de quatre mille logements sociaux a été lancé, dont le premier millier est déjà en phase de livraison à Kati. La nation a également renforcé son filet de sécurité pour les familles des soldats tombés au front, un hommage perpétué par l'édification d'un mémorial dédié. Sur le front de la sécurité intérieure, l'effort s'est traduit par l'intégration massive de plus de quinze mille nouveaux agents au sein de la Police nationale et de la Protection civile, des corps désormais militarisés pour faire bloc face aux menaces protéiformes.

Au-delà de l'humain, ces cinq années marquent la fin d'une longue période où les Forces Armées Maliennes devaient affronter des groupes terroristes sans disposer de moyens adéquats. Le Général Diarra a souligné le franchissement d'un cap décisif grâce à des investissements massifs qui ont permis de renouveler intégralement l'arsenal militaire. L'acquisition de drones, d'avions de chasse, d'hélicoptères de combat et de véhicules blindés de dernière génération a redonné aux FAMa une mobilité et une puissance de feu inédites. Cette rupture technologique s'est accompagnée d'une réorganisation en profondeur de l'architecture de commandement, illustrée par la création du Commandement des Opérations Spéciales (COS) et des Brigades d’Intervention Rapide (BIR).

Pour garantir l'autonomie stratégique du pays, l'accent a été mis sur l'excellence académique et la diversification des alliances. La création de l’École de Guerre du Mali et la construction du futur Hôpital d’Instruction des Armées s'inscrivent dans cette dynamique de professionnalisation, tout comme le renforcement des partenariats bilatéraux avec des pays alliés tels que la Russie, la Turquie et la Chine. Parallèlement, le maillage territorial a été considérablement densifié pour optimiser la réactivité des troupes. De nouveaux camps militaires ont ainsi vu le jour à Bougouni, Koutiala, San, Kita, Diéma, et bientôt Nioro du Sahel, des infrastructures complétées par l'inauguration du nouveau siège du ministère de la Défense.

Enfin, l'aboutissement de cette refondation dépasse largement les frontières nationales pour s'inscrire dans une nouvelle architecture géopolitique régionale. La création de la Force Unifiée de l'Alliance des États du Sahel (AES) constitue la concrétisation diplomatique et militaire de cette vision souveraine. En mutualisant les renseignements et en conduisant des opérations sous un commandement partagé entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, cette force conjointe s'impose comme un bouclier pragmatique contre les menaces transnationales. En un quinquennat, le Mali est ainsi passé d'une posture défensive de survie à une logique d'affirmation et de reconquête, redessinant durablement les équilibres sécuritaires au cœur du Sahel.

Mohamed Sylla