La Cédéao brandit des sanctions contre le Mali où la tension persiste entre pro et anti-junte

30 Mars 2012 - 14:41
Mis à jour: 15 ans
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[caption id="attachment_57709" align="alignleft" width="344" caption="Des partisans de la junte manifestent leur mécontentement face à l'attitude de la Cédéao dont ADO, Alassane Dramane Ouattara est le président, le 29 mars 2012. REUTERS/Luc Gnago"][/caption] La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest a menacé ce jeudi 29 mars 2012 de sanctionner la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali, si elle refuse de se retirer et de rétablir l’ordre constitutionnel. Des menaces de sanctions diplomatiques, économiques et financières, décidées à l’issue d’une réunion de six pays mandatés par la Cédéao. Cinq des six chefs d’Etat qui se sont rendus à Bamako jeudi dans la matinée mais n’ont pas pu atterrir, suite à une manifestation de pro-putschistes à l’aéroport. Ils ont rebroussé chemin et se sont retrouvés au pavillon présidentiel de l’aéroport d’Abidjan.
La menace de la Cédéao contre les putschistes maliens se veut très claire. Ils doivent respecter les décisions prises par le sommet extraordinaire tenu mardi 27 mars à Abidjan, la principale étant leur retrait du pouvoir et le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Les sanctions prévues Selon le communiqué final de la réunion des cinq chefs d’Etat ouest-africains tenue ce jeudi à l’aéroport d’Abidjan, le capitaine Amadou Sanogo et le Comité militaire qu’il préside ont jusqu’à la fin de la semaine pour rendre le pouvoir au gouvernement d’Amadou Toumani Touré, sous peine d’être frappés «d’interdiction de voyager» dans les pays membres de la Cédéao. Au nom de l’organisation ouest-africaine qui compte quinze pays, les présidents béninois, burkinabè, ivoirien, libérien, nigérien et le chef de la diplomatie nigériane ont prévu d’autres sanctions pour contraindre les putschistes de partir : la fermeture des frontières des Etats membres de la Cédéao ; le «gel des avoirs» des auteurs du coup d’Etat et de leurs associés ; la fermeture de l’accès du Mali aux ports des pays côtiers, ce qui serait un coup dur pour les nouveaux maîtres de Bamako, le Mali étant enclavé ; autre mesure, le gel des comptes du Mali à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Ces sanctions entreront en vigueur lundi 2 avril, sauf si d’ici là, la junte malienne applique les décisions de la Cédéao. Du côté des proches de la junte, l'ultimatum suscite l'incompréhension
Oumar Mariko : «Si la démocratie est la préoccupation de la Cédéao, elle ne peut pas agir comme elle est en train de le faire»
Initiateur du MP22, le mouvement qui soutient la junte au Mali
Je ne comprends pas cet ultimatum de la Cédéao... je suis surpris que l'on ait donné un délai de 72h ; je pense que tout le monde est disposé au dialogue... les militaires aussi bien que la classe politique et les forces vives qui soutiennent les militaires... même les partis politiques qui contestent le coup d'Etat ont été reçus par les militaires. Nous n'avons jamais été appelés à un dialogue que nous aurions refusé...
Officiellement, le dialogue avec la Cédéao n'est pas rompu En dépit de l’incident survenu à l’aéroport de Bamako qui a contraint les cinq présidents ouest-africains à rebrousser chemin, le dialogue n’est pas rompu assuraient jeudi leurs représentants à l’issue de leur entretien avec le capitaine Sanogo. Le dialogue n’est pas rompu mais il est mal engagé et même si elles avaient été mûries au préalable, les menaces d’embargo financier et diplomatique lancées à Abidjan traduisent bien la colère des chefs d’Etat contre les patrons de la junte. Dans le contexte actuel marqué par d’immenses difficultés économiques et par un regain nationaliste, nul doute que dès aujourd’hui des manifestations seront organisées à Bamako sur le thème «la Cédéao veut affamer le peuple malien». Sur le plan intérieur, pas d'avancée entre la junte et l'opposition Les discussions entre la junte et les partis qui rejettent le coup d’Etat sont ,elles, au point mort. Jeudi matin, une délégation a fait route vers le camp de Kati mais plutôt que de rencontrer le capitaine Sanogo, parti entre-temps à l’aéroport, les leaders politiques se sont retrouvés confrontés à une manifestation de soutien au coup d’Etat aux abords du quartier général de la junte. Contacté jeudi soir, un représentant du CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat) estimait que les portes du dialogue restent pleinement ouvertes. Un cadre d’un parti exigeant le retour à l’ordre constitutionnel se montrait beaucoup moins optimiste sur les possibilités d’obtenir de réelles concessions de la part des militaires qui se sont emparés du pouvoir. Que sont devenues les personnes arrêtées ? Une délégation d'Amnesty International Mali a rendu visite, au camp militaire de Kati, à une dizaine de personnalités arrêtées.
Salvatore Saguès : «Amnesty International-Mali a pu rencontrer la dizaine de personnes qui avaient été arrêtées au début du coup d'Etat...»
Chercheur d'Amnesty International sur l'Afrique de l'Ouest
Ces personnes ont exprimé leur désarroi parce qu'elles ne savent toujours pas pourquoi elles ont été arrêtées. Elles se sont également plaintes de ne pas avoir accès à leurs familles et à leurs avocats. Elles reçoivent apparemment des soins médicaux... Elles sont apparemment bien traitées mais... elles sont angoissées...   RFI
vendredi 30 mars 2012

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Commentaires (20)

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phare 15 ans
Il savoir ce que l'on veut. Ou le folklore électoral néocolonial d'une démocratie de pacotille qui amuse et rassure que le Mali connait la DEMOCRATIE, ou le sursaut national face à une rébellion Salafiste raciste que de toute façon les Occidentaux soutiendront contre la souveraineté et l'intégrité du Mali. Si l'objectif de toutes ces bonnes âmes est de plaire, en démocrates convaincus, aux fantoches de la CEDEAO, de l'UA, de l'ONU et aux prédateurs occidentaux, c'est peine perdue, car la démocratie, la vraie ne les intéresse nullement. Ce qui les intéresse, c'est bien la partition du Mali, comme ils l'ont réussi en Somalie, au Soudan, en Libye et installé un fantoche non élu en Côte d'Ivoire. Il est urgent que les Maliens le comprennent: des élections folkloriques ou l'unité de la Nation? Le sursaut national ou les débats oiseux sur les élections? Ces petites querelles politiciennes arrangent bien les Salafistes qui anéantiront, si on n'y prend pas garde, la nation toute entière, cadre justement de tout enjeu politique. En ce moment, le mot d'ordre doit être non les élections ou la mort, mais bien urgemment: La patrie ou la mort, nous vaincrons!
dexy 15 ans
les rebelles encercleraient deja les garnisons de Tombouctou;et apres la prise de Gao ils s’apprettent à s’emparer de tombouctou. Jusqu’ou nous menera t’elle cette junte ???
youkyson 15 ans
chers freres maliens les consequences d,une sanction de la cedao sont enormes .une semaine de sanction economique equivaut a 20 ans de retard economique..nous sommes dans un pays tres tres pauvre et sa survie depend de ses voisins et les aides des occidentaux..attention a ces opportionistes...demander les ivoiriens ce qui veut dire une sanction...
OMOLO 15 ans
arretez de vous moquer des gens, vous n'etes pas les seuls detenteurs de la verité. Il s'agit du Mali qui fait parti de la CEDEAO il faut que nous respections les principes democratique. comment est ce qu'on peut laisser le pouvoir à ces enfants sans experience
phare 15 ans
Il ne faut plus se faire d'illusions sur les institutions africaines. Elles sont au service des Occidentaux servis par les pantins et les fantoches Nègres de la Françafrique. Dès que le Mali aura réglé cette crise, si l'UA et la CEDEAO ne bougent pas dans le bon sens à savoir le respect et la défense de l'intégrité du Mali, il faudra généraliser la déstabilisation de toute la sous région pour redessiner la carte des États. On verra alors ce qui restera du Burkina-Faso, du Niger, de la Côte d'Ivoire, du Libéria, du Nigéria, bref de tous ces États ouest-africains dans leur configuration actuelle. Les Occidentaux se frotteront les mains et on verra que seront devenus les Blaise Compaoré, Ouattara, Boni Yayi et tous ces pantins de Nègres criminels ? Et si nos peuples ne prennent pas au sérieux la malfaisance de ces fantoches à la tête de nos États nous n'aurons nos yeux que pour pleurer nos morts. En ce moment crucial, on nous distrait avec des élections néocoloniales pipées d’avance et financées par les occidentaux; mais les vraies menaces qui pèsent sur notre avenir, ce sont des guerres généralisées de remise en cause des frontières, des massacres de masses et le démantèlement de nos États. Et c'est aux patriotes africains de barrer la route à cet avenir noir que ces Nègres fantoches nous préparent. Peuple du Mali et d'Afrique, ATT n'est pas à sauver, mais bien l'intégrité et l'unité du Mali en tant qu’État souverain. Il ne faut pas se tromper de combat.
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