Excision : Le CNT tranche et ferme la polémique

Alors que les réseaux sociaux se sont récemment enflammés autour d'une supposée interdiction de l'excision dans le nouveau Code pénal malien...

12 Sep 2026 - 01:37
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Excision : Le CNT tranche et ferme  la polémique

Alors que les réseaux sociaux se sont récemment enflammés autour d'une supposée interdiction de l'excision dans le nouveau Code pénal malien, le Collectif des associations musulmanes salue le choix du CNT de ne pas retenir le chapitre consacré à cette pratique.

Pour le Collectif, cette décision constitue un acte de souveraineté et une réponse aux interprétations qu'il juge erronées.

Aujourd'hui, si un événement social, culturel et politique défraie la chronique et mérite que l'on s'y arrête et que l'on y réfléchisse très sérieusement, c'est bien la résurgence, à travers les réseaux sociaux, de l'interdiction supposée de l'excision par le Code pénal malien.

Le Mali d'aujourd'hui est confronté à de sérieux problèmes sur le plan sécuritaire. Malheureusement, l'interdiction supposée de cette pratique a enflammé les réseaux sociaux comme si elle constituait la priorité principale d'un Mali en guerre.

À cet effet, nous nous demandons au nom de quelle logique ou de quel impératif d'urgence s'imposaient aujourd'hui de telles déclarations, gesticulations et levées de boucliers, dont l'objectif recherché est, selon nous, de déstabiliser un pays aujourd'hui victime d'une guerre asymétrique imposée par le terrorisme.

Ce terrorisme résiduel, planifié par des forces occultes, théâtre ahurissant d'une violence inouïe et inhumaine dont notre pays est aujourd'hui victime, parrainé et financé par les ennemis du Mali, est devenu de plus en plus insupportable pour les populations maliennes et alléchantes pour les ennemis aux desseins inavoués et aux prétextes fallacieux de défense des droits humains.

C'est avec une profonde indignation et affliction que nous, Collectif des associations musulmanes, observons avec surprise, à travers les médias et les réseaux sociaux, le triste constat d'une prolifération effrénée et incontrôlée des déclarations infondées sur le nouveau Code pénal malien concernant l'excision. Cela, à travers des interprétations erronées de certains de ses articles par des pseudo-défenseurs des droits humains.

Très souvent, comme support de leurs argumentaires, les références sont les instruments juridiques internationaux et africains d'une part, et les pays arabo-musulmans d'autre part. À cet effet, quelle est l'importance des instruments juridiques internationaux et africains relatifs aux droits de la femme et de l'enfant ratifiés par notre pays, comme la convention du 18 décembre 1979, la convention du 26 juin 1987 et la convention du 20 novembre 1989, dont la plupart jurent avec nos valeurs sociétales et religieuses normatives, qu'ils jugent obsolètes, dégradantes, cruelles et inhumaines ? Quant aux pays arabo-musulmans comme argumentaire d'inspiration, nous réaffirmons haut et fort que l'islam au Mali se réfère aux principes de l'islam comme référence, mais jamais aux pays arabes ou musulmans comme échantillonnage.

Devant cette situation de polémique et de flèches incendiaires, le Parlement malien s'est assumé en mettant fin à ce désordre sur les réseaux. Le CNT, après analyse responsable de l'avant-projet de loi du nouveau Code pénal comportant un chapitre sur l'excision, a jugé nécessaire de mettre dans la corbeille ce chapitre jugé contre-productif. "Il n'y a rien de négatif dans le changement, si c'est dans la bonne direction", d'après William Churchill. C'est par un vote majoritaire que le nouveau Code pénal fut promulgué sans le chapitre "Excision". Ce vote souverain contre l'influence extérieure témoigne de la détermination et du sens des responsabilités du Parlement malien. "La gloire se donne seulement à ceux qui l'ont toujours rêvée", d'après Charles de Gaulle.

Ce "vote souverain" du CNT revêt une importance qui dépasse les simples votes de routine. Il reflète l'aspiration à une société pacifique et à maintenir un cap stable en cette période de turbulences terroristes, et à avancer avec le peuple, main dans la main avec nos valeurs sociétales, face à des mutations complexes.

Par ce vote souverain, le CNT a envoyé aux pseudo-défenseurs des droits humains un signal clair de souveraineté et d'inclusion, ainsi qu'un engagement inébranlable, contrastant nettement avec les pratiques des précédentes législatures qui, par un mimétisme exacerbé, ont érigé des barrières et des murs contre nos valeurs ancestrales : nos us et coutumes surtout. "La gloire se donne seulement à ceux qui l'ont toujours rêvée", d'après Charles de Gaulle. Bon vent à la législature actuelle.

Mohamed KIMBIRI, président du Collectif