Tribune : La démocratie n’a pas échoué au Mali c’est la gouvernance qui a failli

Une des conclusions marquantes de l'atelier des 8 et 9 janvier 2026 sur « Démocratie, Gouvernance et Dépendance économique ».

16 Jan 2026 - 08:06
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Tribune : La démocratie n’a pas échoué au Mali c’est la gouvernance qui a failli

Depuis quelques années, un discours de plus en plus répandu au Mali tend à faire de la démocratie la cause première de nos échecs politiques, institutionnels et sociaux. À mesure que s’aggravent l’insécurité, la crise économique et la défiance citoyenne, la démocratie est présentée comme un luxe importé, inadapté à nos réalités, voire responsable du chaos ambiant.

Cette lecture est non seulement erronée, mais surtout dangereuse, car elle détourne le débat de sa véritable cible : l’échec de la gouvernance, non celui de la démocratie.

 Démocratie et gouvernance : une confusion entretenue

La démocratie est avant tout une somme de principes, de valeurs et de structures : souveraineté populaire, liberté, égalité, participation, État de droit, séparation des pouvoirs, responsabilité des dirigeants. Elle constitue un horizon normatif, un cadre de référence destiné à garantir à la fois le bonheur social et l’épanouissement individuel.

La gouvernance, quant à elle, renvoie à la manière concrète d’exercer le pouvoir : qualité des décisions publiques, gestion des ressources, efficacité administrative, transparence, redevabilité et justice dans l’action de l’État.

Autrement dit, la démocratie confère la légitimité ; la gouvernance détermine les résultats. Au Mali, cette distinction essentielle a été volontairement brouillée. Les défaillances de l’action publique, la corruption systémique, l’impunité, la captation des institutions par des intérêts privés et l’abandon progressif des territoires ont été imputées à la démocratie elle-même. C’est une erreur d’analyse et une fuite en responsabilité.

Ce qui a échoué, ce n’est pas la démocratie, mais sa trahison

Le Mali n’a pas souffert d’un excès de démocratie, mais de son instrumentalisation. Les mécanismes démocratiques ont trop souvent été réduits à des rituels électoraux vidés de sens, sans souci de gouvernance vertueuse.

Les élections ont servi à légitimer des pratiques de prédation plutôt qu’à renouveler le contrat social.

Les institutions ont existé formellement, mais sans efficacité réelle.

L’État de droit a été proclamé, sans être incarné ou respecté.

Ce sont là des échecs de gouvernance, pas de démocratie.

Rejeter la démocratie au motif qu’elle aurait produit de mauvais dirigeants revient à accuser la boussole lorsque le navigateur refuse de lire la carte.

 Pour une démocratie enracinée : sortir de l’illusion de l’importation

La crise actuelle révèle toutefois une exigence légitime : celle d’une démocratie intelligible, appropriée et enracinée. Trop longtemps, la démocratie a été présentée comme un modèle extérieur, plaqué sur des sociétés supposées réfractaires à la participation et à la délibération collective. Or, l’histoire sociale et politique du Mali regorge de mécanismes endogènes de gouvernance concertée : gestion collégiale des affaires communautaires (le "blon") , recherche du consensus (l'arbre à palabre"), primauté de la parole donnée (le "kankélintiguiya"), responsabilité morale des autorités (le "kiléin-néya) , centralité du dialogue social (le "fo-kabin") .

Ces pratiques ne portaient peut-être pas le nom de « démocratie », mais elles en incarnaient l’esprit.

L’enjeu n’est donc pas de rejeter la démocratie, mais de la réconcilier avec nos références culturelles, nos langues politiques et nos institutions sociales. Une démocratie qui parle au citoyen, parce qu’elle s’inspire de son vécu, est infiniment plus solide qu’une démocratie réduite à des textes ou à des procédures technocratiques.

 La véritable urgence : refonder la gouvernance

Le Mali n’a pas besoin d’un renoncement démocratique, mais d’une refondation profonde de la gouvernance :

1- gouvernance responsable plutôt que prédatrice;

2- gouvernance inclusive plutôt que confiscatoire;

3- gouvernance transparente plutôt qu’opaque;

4- gouvernance orientée vers l’intérêt général plutôt que vers la survie des élites.

Sans bonne gouvernance, aucun régime — démocratique ou non, voire militaire — ne peut produire la stabilité, la justice et la prospérité. Mais sans démocratie, la gouvernance devient tôt ou tard autoritaire, arbitraire et fragile.

 Réhabiliter la démocratie, réformer la gouvernance

La démocratie n’est pas le problème du Mali. Elle reste, malgré ses détournements, le meilleur cadre connu pour concilier liberté, dignité humaine et cohésion sociale.

Ce qui a échoué, c’est une gouvernance déconnectée des valeurs démocratiques et des réalités socioculturelles du pays.

Réhabiliter la démocratie passe donc par un double mouvement :

1- l’enraciner dans les pratiques et les imaginaires locaux ;

2- la protéger par une gouvernance intègre, efficace et responsable.

C’est à ce prix seulement que la démocratie cessera d’être perçue comme une promesse trahie pour redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un instrument d’émancipation collective et d’épanouissement individuel.

Par Dr. Mahamadou KONATÉ

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Commentaires (2)

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sangare
sangare 10 mois
Dans les autres pays africains francophones la démocratie ,c'est à dire l'ouverture politique par opposition au parti unique depuis 1960,a été obtenue par le respect de l'appel de FRANÇOIS MITTERAND conditionnant l'aide de la France à l'ouverture politique. La France, comme après la deuxième guerre mondiale l'obligeant à donner l'indépendance à ses colonies, a été aussi poussée à d'adapter à la nouvelle donne:la fin de la guerre froide. Son pré carré, conformément aux exigences de la seule puissance mondiale, doit arrêter d'empêcher les oppositions de participer à la conquête du pouvoir. MOUSSA TRAORE,LE DICTATEUR MALIEN INSTALLÉ PAR JACQUES FOCCART, A OSÉ DIRE NON CAR VOYANT UNE MANIÈRE DE L'ÉCARTER DU POUVOIR. Depuis que MITTERAND, installé à l'elysée, a décidé d'écarter JACQUES FOCCART considéré proche de ses opposants,MOUSSA TRAORE a commencé à se méfier du nouveau président français fraîchement élu. Des tentatives de coup d'Etat qui ont suivi après son élection ont été imputées à MITTERAND. Donc quand ce dernier a conditionné l'aide de la France à l'ouverture politique, MOUSSA TRAORE a crû qu'il est visé personnellement. Les maliens, constatant que tous les pays francophones organisent les conférences nationales après avoir accepté l'ouverture politique, ont commencé à faire la pression sur MOUSSA TRAORE d'autant que la crise économique était telle que les fonctionnaires n'étaient pas payés régulièrement, les entreprises refusant les marchés de l'Etat car constant que les caisses sont vides. Quand les élèves et étudiants sont sortis pour manifester, MOUSSA TRAORE y a vu une manipulation de la France. Les militaires ont été mobilisés pour y faire face car c'était les engins lourds qui étaient placés dans les différents carrefours. Ça n'a pas empêché les élèves et étudiants de sortir manifester. J'en faisait parti. Les premiers élèves abattus ont créé une mobilisation générale sur toute l'étendue du territoire national. Les manifestants ont obligé la seule centrale syndicale l'UNTM à rejoindre le mouvement. C'est ainsi que la bourse du travail est devenue le QG du mouvement. C'est de là une délégation a été formée pour exiger la démission du dictateur GÉNÉRAL MOUSSA TRAORE. Son refus a obligé certains officiers supérieurs très proches de lui à le déposer constatant qu'il ne maîtrisait plus rien. L'ouverture politique a été autorisée après la chute du dictateur. Mais une opposition fidèle à l'idée du dictateur GÉNÉRAL MOUSSA TRAORE selon laquelle l'ouverture politique n'était pas nécessaire a été formée. CHOGUEL MAIGA en a pris la tête. Cette opposition à farouchement combattu ALPHA OUMAR KONARE,l'opposant qui a créé un journal afin d'éveiller les consciences. Elle a été contenue par ATT,s'est réveillée après le coup d'Etat contre ce dernier. Les auteurs du coup d'Etat sont du prytanée militaire de kati, dans laquelle les cadres du dictateur GÉNÉRAL MOUSSA TRAORE ont placé leurs enfants. C'était la seule façon de revenir au pouvoir car les thuriféraires de MOUSSA TRAORE sont minoritaires sur la scène politique malienne. C'EST POURQUOI ORGANISER LES ÉLECTIONS, C'EST PASSER LE TÉMOIN AUX ENNEMIS QUE SONT CEUX QUI ONT CONTRIBUÉ À CHASSER MOUSSA TRAORE. IBK, versé dans le camp de MOUSSA TRAORE après sa démission de l'ADEMA PASJ, a été soutenu par SANOGO et ses camarades. IBK ayant déçu en décidant de juger SANOGO et ses camarades suivant les instructions de la France, ASSIMI GOITA et ses camarades ont décidé de ne plus faire confiance à aucun homme politique. Le chef puschiste devrait se présenter aux élections présidentielles,mais il est constaté que les hommes politiques sont majoritaires sur la scène politique malienne qu' ASSIMI GOITA ,en risquant d'organiser les élections, risque de perdre le pouvoir comme YAYA D en GAMBIE. Donc il a été décidé de confisquer le pouvoir C'est ce qui se traduit par l'attaque contre la démocratie. La démocratie, au Mali, c'est l'opposant à la DICTATURE MILITAIRE. L'insécurité qui a eu raison d'ATT est utilisée pour noircir le bilan de l'ère démocratique. C'est pourquoi l'armée de MOUSSA TRAORE a été élevée haut afin de discréditer ses opposants. On ne parle jamais de son bilan économique, mais de son armée en montrant les engins acquis grâce à la première république notamment les MIG qui sont tous tombés par manque d'entretien. Après sa chute, il n'y avait plus rien. L'armée de MOUSSA TRAORE qu'on dit très forte a été incapable de maîtriser la rébellion d'IYAD AG GHALLI avec comme chef de guerre GAMOU. L'accord d'Alger signé par le chef d'Etat major général de MOUSSA TRAORE explique de façon éclatante la faiblesse de l'armée de MOUSSA TRAORE. S'il y a échec des successeurs de MOUSSA TRAORE, il a été facilité par l'énorme passif de la DICTATURE MILITAIRE. Une démocratie était en marche, il s'agit de l'améliorer au fil du temps. La démocratie est confondue aux détracteurs de la DICTATURE MILITAIRE. C'est pourquoi elle est dénoncée!!!
Kinguiranke
Kinguiranke 10 mois
Konatekeni continue a aligner tes mots vides de sens et vivre dans tes hallucinations. Même le petit garçon dans les rues de Bamako sait que la democratie made in France a la Baule a echoue lamentablement et a donne naissance a la kleprocratie ou la democratie de la corruption et la destruction totale de la securite et la souverainite nationale! Tu peux regarder chez tes maitres Français la encore tu as la democratie de l' article 49.3! Chez ton voisin Ivoirien tu la democratie du 3eme puis 4eme mandat! Alors reveilles toi si tu peux!
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