Une guerre invisible derrière les attaques du 25 avril

Un deuil national de deux jours à partir du lundi a été décrété par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta C’est par un communiqué lu hier soir sur les antennes de l’ORTM par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation que le gouvernement de la Transition a annoncé le décès tragique du Général de corps d’armée Sadio Camara, ministre d’état, ministre de la Défense et des Anciens Combattants

27 Avr 2026 - 11:35
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Une guerre invisible derrière les attaques du 25 avril
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Une guerre invisible derrière les attaques du 25 avril

Tôt dans la matinée, des groupes armés ont ciblé des points sensibles à Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Kidal et Mopti. Selon plusieurs sources, ces opérations ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, ainsi que par des éléments du Front de libération de l’Azawad. Mais il faut ajouter que ces groupes sont soutenus par des sponsors étatiques étrangers. Le bilan officiel fait état de blessés et de dégâts matériels limités. Selon certains témoignages, parmi les terroristes tués comptaient plusieurs soldats de nationalités étrangères, notamment français.  Réduire donc ces attaques à leur dimension strictement militaire serait une erreur d’analyse.

Une stratégie de saturation et de fragilisation

Ces opérations simultanées traduisent une logique de saturation : frapper plusieurs centres urbains à la fois, y compris la capitale, pour créer un effet de sidération et exposer symboliquement la vulnérabilité de l’État. L’objectif n’est pas tant de conquérir durablement un territoire que d’éroder la confiance des populations et de fragiliser la crédibilité du pouvoir de transition.

Dans ce type de guerre hybride, l’impact psychologique compte autant que les gains tactiques. Instaurer des couvre-feux, perturber la vie économique et installer un climat d’incertitude participe d’une stratégie visant à inscrire l’insécurité dans le quotidien. 

Le timing de ces attaques n’est pas neutre. Elles interviennent dans un contexte marqué par des évolutions politiques et judiciaires majeures, notamment la condamnation de plusieurs anciens responsables (en exil) sous la présidence de Ibrahim Boubacar Keïta dans l’affaire dite « Paramount et Embraer ». Ce verdict, tombé le 27 mars, qui touche des figures de premier plan comme Boubou Cissé ou Tiéman Hubert Coulibaly, s’inscrit dans une volonté affichée de rupture avec certaines pratiques du passé.

Dans ce contexte, la concomitance entre pression judiciaire interne et intensification des actions armées alimente les interrogations sur une possible convergence d’intérêts entre différents acteurs hostiles à l’actuel pouvoir.

Entre influences extérieures et recompositions régionales

Le conflit malien ne peut être isolé de son environnement régional et international. Les dynamiques sahéliennes restent profondément imbriquées, et les groupes armés tirent parti des porosités frontalières et des rivalités géopolitiques.

Des initiatives politiques récentes, comme la création de mouvements d’opposition en exil (création de l’Alliance des Démocrates du Sahel, le 07 avril 2026) ou certaines prises de position sur la scène internationale, participent à un climat de recomposition dont les contours restent encore flous. Dans ce jeu d’influences, chaque acteur — étatique ou non — cherche à peser sur l’évolution du rapport de force. En effet, l’attaque coordonnée de samedi survient quelques jours seulement après la visite controversée de Oumar Mariko, leader politique en exil, dans une localité tenue secrète où il a rencontré des otages maliens détenus par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

Ce déplacement avec l’appui de la France, alimente les interrogations quant à sa finalité réelle, entre initiative isolée et possible instrumentalisation dans un contexte sécuritaire tendu. Dans le même temps, les dynamiques régionales, impliquant notamment l’Algérie et la Mauritanie, continuent de susciter débats et suspicions sur leur rôle dans la gestion de la crise malienne, alors que le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a effectué, le 15 avril 2026, une visite d’État en France à l’invitation de Emmanuel Macron. 

Depuis plusieurs semaines, une intensification des campagnes médiatiques visant les autorités maliennes accompagne les évolutions sécuritaires. Cette dimension informationnelle constitue désormais un champ de bataille à part entière. Dans ce contexte, la narration des événements devient un enjeu stratégique : il s’agit de convaincre, d’influencer, voire de délégitimer. La guerre au Sahel ne se joue plus uniquement dans les zones rurales ou désertiques, mais aussi dans l’espace public et médiatique.

Plus que jamais, comprendre la nature de cette guerre est une condition préalable pour espérer y répondre efficacement. 

Correspondance particulière

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Commentaires (12)

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Kinguiranke
Kinguiranke 6 mois
Madagascar déclare «persona non grata» un agent de l'ambassade de France à Antananarivo RFI 28/04/2026
Kinguiranke
Kinguiranke 6 mois
Nous savons tous ceux qui soutiennent et financent le terrorisme dans le Sahel: la tres maudite France carnivore, la tres ingrate Algerie, et l'esclave eternelle Mauritanie. Mais une fois de plus ils ont echoue lamentablement.Bravo aux FAMA pour votre patriotisme sans faille ensemble jusqu' au dernier terro terro!
Kinguiranke
Kinguiranke 6 mois
Swax, c'est quelle propagande? Depuis toujours RFI, France 24, Al Jazeera, TV5 monde, Jeune Afrique sont des relais de la tres maudite France?
Swax
Swax 6 mois
C'est quoi cette propagande ? Depuis quand maliweb est devenu le relais de la Russie ?
CAMARA
CAMARA 6 mois
LES HOMMES MEURENT MAIS LEUR IDEES RESTERONT A JAMAIS GRAVE DANS NOS COEURS Vous avez voulu arrêter un homme, mais vous n’avez pas arrêté une vision. Vous avez frappé un responsable de l’État, mais vous n’avez pas brisé l’élan d’un pays qui avance. Les projets qu’il a portés ne s’éteindront pas. Le renforcement des Forces armées maliennes continuera : l’augmentation des effectifs, la formation des soldats, la modernisation des équipements, la création d’unités mieux adaptées au terrain. Ce travail ne dépend pas d’un seul homme, mais d’une institution et d’un peuple qui ont choisi de se tenir debout. La construction et la rénovation des infrastructures militaires continueront : les camps, les centres d’instruction, les bases opérationnelles, les capacités logistiques. Ces chantiers sont déjà engagés, et ils iront à leur terme parce qu’ils répondent à un besoin vital de protection et de stabilité. Le développement d’une industrie de défense nationale continuera : la volonté de réparer, d’entretenir, de produire localement, de réduire la dépendance extérieure. Cette ambition dépasse une personne. Elle appartient désormais à toute une nation. La diversification des partenariats militaires continuera : les coopérations engagées, les nouveaux axes stratégiques, les choix souverains du pays. Ces orientations sont le fruit d’une décision collective, et elles ne seront pas interrompues. Vous avez voulu interrompre un chemin. Mais ce chemin continue, parce qu’il est porté par un peuple entier. Un peuple qui se relève, qui se rassemble, qui refuse de renoncer. Ce que vous avez tenté d’arrêter continuera. Parce que les idées ne meurent pas. Parce que les projets d’un pays ne s’effacent pas. Parce que la volonté d’un peuple est plus forte que la violence.
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