Edito : L’accalmie avant la tempête

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Ce serait une erreur à la fois analytique et politique de penser que la situation qui prévaut actuellement est porteuse d’espoir pour une fin heureuse de la transition. L’atmosphère de ni paix, ni guerre ne présage nullement un lendemain enchanteur pour les tenants du pouvoir. Jugez-en vous-même, six mois après le début de la transition, aucune réforme censée amorcer un tournant décisif permettant une organisation parfaite des élections n’est toujours pas  visible. L’organe unique de gestion qui a été proposé par la classe politique est rejeté au motif que le temps est court, et pourtant c’est un document de 29 pages faisant office d’une déclaration des actions gouvernementales de la transition que le premier ministre Moctar Ouane a présenté devant le Conseil National de la transition. En douze mois,  le gouvernement veut toucher à tous les secteurs, mais il n’est pas prêt à mettre en place un organe unique de gestion des élections. C’est fort de ce constat peu reluisant de la gestion de la transition que les forces sociopolitiques ont tiré la sonnette d’alarme pour rappeler au régime transitoire qu’il est sur une mauvaise piste.

Qui ne se rappelle pas de la sortie de l’ex-autorité morale du M5RFP, en l’occurrence l’imam Mahmoud  Dicko, qui dans un discours, a fustigé le comportement des autorités de la transition avant de tendre sa main aux forces patriotiques pour un large rassemblement afin d’imposer le changement pour lequel des jeunes gens ont perdu la vie ? Comme si cela ne suffisait pas, le M5RFP a enfoncé le clou en demandant la tenue des assises nationales de la refondation du pays afin de rectifier le tir maladroit des tenants du pouvoir. L’ex majorité n’est pas restée en marge, elle est également d’avis que pour des élections transparentes crédibles dont les résultats seront acceptés par tous les acteurs, il faut un organe unique de gestion. Le conseil national de la société civile, les organisations syndicales et même celles chargées de la supervision des scrutins électoraux ont recommandé aux autorités d’accéder à la demande de mise en place d’un organe unique.

C’est face à la rupture de confiance entre gouvernants et classe politique, provoquant une situation délétère, qu’il faut craindre une tempête, soit avant, soit pendant, ou après les élections, car les acteurs censés être des partenaires se regardent en chiens de faïence. Comme pour dire que sauf changement de paradigme de gestion, la crise serait inévitable.

Youssouf Sissoko

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1 commentaire

  1. C’est le signe que le pouvoir est déjà confisqué comme en 2018.
    On se rappelle en 2018 que l’opposition avait demandé la validation des résultats par l’ONU comme en côte d’Ivoire en 2010 évitant que la cour constitutionnelle ne passe le pouvoir au président sortant.
    Elle a répondu que ça ne fait pas partie de sa mission,que le cas de côte d’Ivoire était une exception.
    Mais tout ESPRIT ÉVEILLÉ a compris que la France manipule l’ONU.
    S’il faut dégager un président qui ne fait pas les affaires de la france,l’ONU est sollicitée.
    S’il faut maintenir un laquais,L’ONU est écartée.
    Ceux qui pensent qu’on peut faire un COUP D’ÉTAT sans l’aval de la france pendant que ses services de renseignement quadrillent le pays sont de gros naïfs.
    Seule une mutinerie transformée en COUP D’ÉTAT comme en côte d’Ivoire en 1999 peut surprendre la france,pas un COUP D’ÉTAT préparé comme celui du 18 août 2020.
    LA FRANCE A ÉCARTÉ IBK POUR ÉVITER QU’UN ANTI-FRANÇAIS S’EMPARE DU POUVOIR COMME AYATOLLAH CONTRE LES AMÉRICAINS.
    Que les militaires prennent leurs distances du M5-RFP est voulu par les vrais commanditeurs du COUP D’ÉTAT.
    Qu’on passe par MAHMOUD DICKO était une stratégie pour affaiblir le M5-RFP.
    Que MAHMOUD DICKO commence à se révolter est le signe qu’il a compris le jeu et connait le candidat qu’on a prévu:CELUI QU’IL A CHASSÉ DE LA PRIMATURE.
    ON NE FERA AUCUNE RÉFORME QUI VA EMPÊCHER D’IMPOSER UN CANDIDAT.
    Le néocolonialiste s’est installé au Mali,ses effets se manifestent c’est à dire le mépris du peuple comme on l’a constaté dans les pays qu’il ne veut pas abandonner.
    Il travaille aussi médiatiquement pour empêcher toute mobilisation populaire.
    L’affaire RAS BATH n’est pas du fait de MAHMOUD DICKO,mais de celui qui se prépare à être élu.
    La stratégie d’utiliser ce dernier pour affaiblir le M5-RFP a tellement réussi qu’on voit ses mains partout.
    Le discrédit de MAHMOUD DICKO décourage trop de maliens à répondre aux appels des dirigeants dédiés à permettre au peuple de récupérer sa souveraineté.
    Réussir à dupliquer le mouvement du 5 juin 2020 sera difficile à réaliser.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

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