Crash d’Air Algérie : la compagnie aérienne Swiftair condamnée pour homicides involontaires
Plus de douze ans après le crash du vol d’Air Algérie qui avait causé la mort des 116 personnes dans le nord du Mali, le tribunal de Paris a jugé coupable la compagnie aérienne Swiftair, ce lundi 28 septembre. Elle doit verser une amende de 225 000 € pour homicides involontaires, la peine maximale.
La compagnie espagnole Swiftair a été condamnée à la peine maximale de 225 000 € d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour homicides involontaires, ce lundi 28 septembre 2026, pour le crash du vol d’Air Algérie survenu en 2014. Le tribunal a estimé que des « négligences » de Swiftair dans la formation et l’entraînement de l’équipage ont « contribué de façon certaine à l’accident », qui avait causé la mort de 116 personnes.
L’appareil qui effectuait le vol AH5017 Ouagadougou-Alger s’était écrasé en plein Sahel, dans le nord du Mali, avec à son bord 110 passagers, dont 54 Français, 23 Burkinabés, des Libanais, des Algériens et six membres d’équipage, tous de nationalité espagnole. Aucun n’avait survécu. Parmi les 54 Français, un père et son fils originaires de Rouen et une famille intsallée à Rouans (Loire-Atlantique).
La compagnie espagnole Swiftair était propriétaire du McDonnell Douglas MD-83, qu’elle avait loué à Air Algérie avec son équipage. Le procès s’était ouvert le 9 mars 2026, pour quatre semaines.
La condamnation « ne répare pas la douleur des proches »
La fédération nationale des victimes de drames collectifs (Fenvac), partie civile dans ce dossier, aux côtés de l’association « AH5017 - Ensemble », a réagi à cette condamnation sur Facebook : « Cette décision intervient au terme d’un long parcours judiciaire, marqué par des années d’attente pour les familles des victimes. Cette condamnation constitue une étape importante dans la reconnaissance des responsabilités pénales liées à cette catastrophe. […] Elle ne pourra toutefois jamais réparer la perte des 116 vies ni la douleur de leurs proches. »
« Formation lacunaire » de l’équipage
Le drame s’est noué en pleine nuit, le 24 juillet 2014, alors que l’aéronef traversait une zone intertropicale orageuse. L’enquête a permis de déterminer que la non-activation du système d’antigivrage sur l’appareil avait conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, entraînant la décélération automatique des moteurs, puis le crash.
Les juges d’instruction français avaient estimé, à l’issue des investigations, que « divers manquements de la part de la compagnie » avaient joué un rôle dans l’accident, en particulier une « formation lacunaire » de l’équipage qui ne lui avait « pas permis » de « réagir de manière adaptée et d’éviter l’accident », rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
Source: https://www.ouest-france.fr/
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