Au Mali, la junte affaiblie promet de céder le pouvoir. Drapeau rebelle à Tombouctou

02 Avr 2012 - 12:37
Mis à jour: 15 ans
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La junte malienne, affaiblie par l'offensive-éclair des rebelles touaregs dans le nord du pays, où ils ont pris le contrôle de Tombouctou, a rétabli dimanche la Constitution et a promis de remettre à terme le pouvoir aux civils. "Nous prenons l'engagement solennel de rétablir à compter de ce jour la Constitution de la République du Mali du 25 février 1992, ainsi que les institutions républicaines", a annoncé le chef des officiers putschistes du 22 Mars, le capitaine Amadou Sanogo, à des journalistes dans sa garnison proche de Bamako. [caption id="attachment_58204" align="aligncenter" width="610" caption="Le chef de la junte Amadou Sanogo promet d'organiser des élections démocratiques à une date non précisée. © AFP"][/caption] Amadou Sanogo a ajouté que la junte avait accepté de consulter les forces politiques locales pour mettre en place un organisme de transition afin d'organiser des élections pacifiques, libres, ouvertes et démocratiques "auxquelles nous ne participerons pas". La Cedeao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest), principale organisation régionale, avait donné aux militaires jusqu'à ce dimanche minuit pour restituer le pouvoir aux civils, faute de quoi les putschistes s'exposaient à des sanctions. Les dirigeants ouest-africains doivent se retrouver à Dakar lundi et discuter de la situation au Mali en marge de la cérémonie d'investiture du président sénégalais Macky Sall, rapporte l'agence sénégalaise APS. Si, à Bamako, les auteurs du putsch ont bénéficié tout d'abord du soutien de nombreux Maliens lassés par la présidence d'Amadou Toumani Touré, les derniers revers militaires en date et l'ampleur de la condamnation du coup d'État à l'étranger ont nettement fragilisé leur position.

Drapeau rebelle à Tombouctou

Profitant de la confusion consécutive au putsch, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont poursuivi dimanche leur offensive-éclair dans le nord du pays. Après avoir conquis le centre administratif de Kidal vendredi, puis la ville-garnison de Gao samedi, les séparatistes sont entrés dimanche dans Tombouctou, où ils ont hissé leur drapeau, selon un élu local joint par téléphone dans la ville d'environ 50 000 habitants. La situation dans la ville est assez calme, à l'exception de quelques tirs sporadiques, a-t-il précisé. En s'emparant de Tombouctou, les rebelles contrôlent désormais les trois principales villes du nord du Mali, un territoire désertique plus vaste que la France. Samedi, l'armée malienne a dit qu'elle avait abandonné ses bases militaires aux environs de Gao. "Comme les camps militaires sont proches des quartiers d'habitation, nos forces ont décidé de ne pas combattre", a justifié le chef de la junte dans un communiqué lu à la télévision nationale. "L'armée a pris la direction de Bamako, par la route", a-t-on déclaré de source civile, à propos de l'axe menant à la capitale, située à un millier de kilomètres plus au sud. Des dizaines de véhicules militaires ont quitté les camps et pris cette route, a déclaré une source proche des autorités locales. Le colonel El Hadj Ag Gamou, l'officier touareg le plus réputé de l'armée régulière, a annoncé sur les ondes de RFI qu'il se ralliait aux rebelles à la tête de 500 hommes.

"Zone grise"

En plus de fermer les frontières à un pays largement dépendant de ses importations pétrolières, la Cedeao menace de priver le Mali des fonds de la Banque centrale d'Afrique de l'Ouest (BCAO) et de geler les avoirs des membres de la junte, qui seraient en outre interdits de voyage. L'organisation régionale n'a pas réagi dans l'immédiat à l'annonce du capitaine Sanogo, mais le ministre burkinabé des Affaires étrangères Djibril Bassolet, dont le pays agit comme médiateur, a noté que le rétablissement de la Constitution et des institutions républicaines étaient deux conditions essentielles réclamées par la Cedeao. "Après, nous verrons ce qui se passe concernant le président Amadou Toumani Touré", a-t-il dit. "Nous voulons être prudents, nous devons avancer progressivement", a-t-il ajouté, avertissant contre un risque de vacance du pouvoir. Le président Touré, dont les dix années au pouvoir étaient marquées jusque-là par la stabilité et des accusations de corruption, a dit être en bonne santé dans un lieu tenu secret. Le Mali est la première victime collatérale du conflit libyen de 2011 : des mercenaires maliens puissamment armés qui s'étaient battus pour le numéro un Muammar Kadhafi, renversé et tué l'an dernier, sont venus gonfler les rangs du MNLA. Les séparatistes, ainsi que l'affirme Bamako, bénéficient également de l'appui de groupes armés liés de manière plus ou moins étroite à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et qui prospèrent dans la "zone grise" de l'Afrique subsaharienne. Les États voisins du Mali, notamment le Niger et la Côte d'Ivoire, redoutent un effet de contagion des événements de Bamako. Les putschistes maliens affirment avoir renversé le président Amadou Toumani Touré en raison de son laxisme et de son incapacité à lutter contre les "hommes bleus", qui ont repris les armes à la mi-janvier dans le désert du Nord. Le Point.fr - Publié le 02/04/2012 à  12:37  

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Commentaires (58)

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"Un Front National de defense " forme de volontaires et armes meme avec des fusils de chasseurs! devient une necessite absolue a l'etat actuel des choses!
dweu 15 ans
Bonsoir à tous, je viens de lire une interview du groupe touareg Tinariwen sur "France 24" voici le lien "http://www.france24.com/fr/20120402-tinariwen-eyadou-ag-leche-musique-mali-meilleur-moyen-defendre-cause-touareg" j'aimais bien leur musique ... mais ces Sal..ds soutiennent et sont membres du MNLA. Certains on même déjà pris les armes contre les maliens. Il faut les boycotter !!!!!
malien22 15 ans
mes frères et soeurs Vérifier les sources des articles publiés sur ce site car les mauvaises infos sont omniprésente, je ne vous apprend rien. Peut-on se fier à 100% à ce site qui publie des articles dont on ne connait pas la provenance? Qui sont ces "autres presses"? Essayer plutôt de contacter une personne présente sur place et posez lui directement des questions. les réponses que j'ai obtenu ne sont pas les mêmes que les infos publiés sur ce site. A bon entendeur!!
ski 15 ans
Ce que je ne comprends pas, Où sont passés les officiers du Mali qui défilaient devant nos écrans de télé avec des épaules chargées. Je pensais qu'il y avait des commandos très qualifiés!!! qu'attendent-ils pour récupérer les responsables de la rébellion?
gat 15 ans
«Les Touaregs qui formaient une partie importante de l’armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n’espérant plus retrouver l’Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères.» Par Mamadou Dramane Traoré, ancien directeur d'école à Koulikoro, au Mali. Monsieur, En cette triste période pour vous comme pour moi (pour des raisons apparemment bien différentes), je me vois contraint par les événements de prendre ma plume pour vous exprimer les préoccupations que suscite en moi une situation créée et entretenue par votre imprévoyance, si ce n’est par un esprit machiavélique. En 2011, sous le mandat 1979 de l'ONU dévoyé par vos soins, vous avez, avec l’aide de certains de vos alliés et sur les conseils de Monsieur Lévy, fait attaquer la Libye par des forces coalisées. Cependant, par reconnaissance pour Kadhafi, vous lui aviez, quelque temps auparavant, déroulé le tapis rouge pour le recevoir en grandes pompes à Paris. Chez nous, on appelle cela «mordre le dos de celui qui t’a porté». Le prétexte évoqué pour justifier votre implication personnelle dans cette campagne anti-Kadhafi était votre engagement à protéger les braves populations de Benghazi et de Misrata, menacées, par le Guide libyen, d’extermination; ceci a abouti à son assassinat et à la dislocation totale des structures de l’État libyen. Je ne suis ni un politologue, ni un expert en géostratégie. Je ne suis qu’un simple citoyen d’un pays qui aspire à seulement un peu de vie tranquille sur cette terre dominée par l’injustice, la cupidité, l’exploitation, et la domination des peuples érigées en modes de gouvernance. La-France-Forte le veut ainsi. Loin de moi la prétention d’entreprendre une étude objective de votre politique étrangère, car je n’en ai ni les compétences, ni les données nécessaires. Votre dessein dans cette affaire était-il louable? Le problème est qu’en tant que président de «la France forte», soit vous avez agi sans grand discernement en n’ayant pas suffisamment apprécié toute l’étendue des immenses dommages collatéraux auxquels votre intervention allait aboutir; soit vous aviez tout prévu grâce à vos géo-stratèges. Dans l’un ou l’autre des cas, incommensurable est votre responsabilité morale, car les conséquences en sont dramatiques. A travers quelques constats, je me contenterai ici d’en citer quelques-unes, dont certaines affectent particulièrement mon peuple dans ses droits les plus fondamentaux, droits stipulés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme dont vous devriez pourtant être le garant de par vos fonctions, et dont à chaque occasion, vous exhibez la paternité pour la France. Oui, les populations de Benghazi et de Misrata ont été préservées du massacre, oui, Kadhafi a été sauvagement assassiné, grâce à quoi, maintenant, le pétrole et les marchés tant convoités de Libye sont à vos pieds. Mais en revanche, • de nouvelles milices armées terrorisent, rackettent, torturent et massacrent chaque jour les populations en question. • la Libye redeviendra difficilement une entité géographique, politique et économique stable puisqu’elle est en voie de dislocation et de morcellement. La Cyrénaïque a ouvert le bal. • Des groupuscules infiniment plus dangereux que Kadhafi se positionnent çà et là et menaceront désormais la quiétude et la stabilité du monde entier dont celle de la France Forte, à la longue, malgré son éloignement géographique. • Des armes en tous genres de l’armée libyenne se sont disséminées dans toute la sous-région, et se retrouvent entre les mains de groupes à desseins multiples. • Les Touaregs qui formaient une partie importante de l’armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n’espérant plus retrouver l’Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères. Ce faisant, ils sèment chaque jour la désolation et la souffrance auprès de milliers de vieillards, de femmes et d’enfants réduits à l’état de réfugiés dans leur propre patrie ou jetés sur les routes de l’exil dans des pays voisins. • Ces rebelles et les soldats de l’armée malienne s’entretuent dans des combats fratricides, causant mort, deuils, larmes et douleur dans des familles ainsi éprouvées et déstabilisées. • Les trafics en tous genres prolifèrent et sèmeront progressivement la désolation dans les rangs de la jeunesse du monde entier. Comme vous devez vous en douter, Monsieur, l’énumération n’est pas exhaustive. Voici entre autres, quelques-uns des exploits de « la France forte », comme vous la concevez ! L’agitation sociale et la déstabilisation des pays pauvres viennent compléter ce tableau reluisant ! Et pendant ce temps, Monsieur, chaque soir à la télé, pour convaincre les Français que vous êtes le meilleur, je vous vois remuer la tête à gauche et à droite; arquer et froncer les sourcils lors des shows médiatiques, pendant que des
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