Mali: des Touareg proclament l'indépendance, la junte accepte de transférer le pouvoir

07 Avr 2012 - 00:21
Mis à jour: 15 ans
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BAMAKO (AFP) - 00:42 - 07/04/12   La rébellion touareg du Mali a proclamé vendredi l'indépendance du territoire de l'Azawad dans le Nord, condamnée à l'étranger, renforçant la confusion qui règne dans cette vaste zone dominée par des groupes armés islamistes et criminels, au bord du "désastre humanitaire". [caption id="attachment_58987" align="aligncenter" width="512" caption="Des Maliens du Nord, réfugiés à Bamako, manifestent contre l'occupation de leur région par les rebelles touareg © AFP"][/caption] En fin de soirée, la junte militaire qui a pris le pouvoir le 22 mars, a signé avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) un "accord-cadre" pour le transfert des affaires à un président intérimaire et un gouvernement de transition, en bénéficiant d'une amnistie générale, ont annoncé les deux parties. "Nous sommes parvenus à un accord, accord qui permettra dans les heures et les jours à venir de mettre effectivement en place les organes prévus par la Constitution et qui fonctionneront de manière régulière", a déclaré à la télévision publique ORTM le ministre burkinabè Djibrill Bassolè au nom de la Cédéao. Il s'exprimait après la lecture par le chef de la junte malienne, le capitaine Amadou Sanogo, de l'intégralité de l'accord, prévoyant un président intérimaire en la personne du président de l'Assemblée nationale, un Premier ministre et un gouvernement de transition ainsi qu'une future loi d'amnistie pour les putschistes. Le président en exercice de la Cédéao, l'Ivoirien Alassane Ouattara a aussitôt demandé des dispositions pour faire lever "immédiatement" les sanctions de cette organisation contre le Mali Le 2 avril, la Cédéao (15 pays dont le Mali) a décidé un embargo total, avec effet immédiat, contre ce pays sahélien de 15 millions d'habitants en vue d'obtenir le retour à l'ordre constitutionnel. La proclamation d'indépendance faite par un porte-parole en France du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), Mossa Ag Attaher, "officialise" la division du Mali: une partie sud contrôlée par des militaires putschistes isolés et impuissants, une partie nord en proie à l'anarchie. Très vite, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE), les Etats-Unis, des pays voisins du Mali et la France, ex-puissance coloniale, ont rejeté cette déclaration unilatérale comme "nulle et non avenue" ou "sans aucune valeur", selon Jean Ping, président de la Commission de l'UA. Il a appelé "toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l'Afrique". Des responsables touareg du Niger, dont d'anciens chefs rebelles, ont également condamné cette proclamation. "Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour", a déclaré Mossa Ag Attaher sur la chaîne France 24 en des termes identiques à ceux d'un communiqué publié par le MNLA sur son site internet. L'Azawad, immense territoire aride d'une surface équivalente à celle de la France et de la Belgique réunies, est situé au nord du fleuve Niger et comprend les trois régions administratives de Kidal, Tombouctou et Gao. Après le coup d'Etat militaire qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré, ces régions sont tombées aux mains du MNLA, du mouvement islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) appuyé par des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et d'autres groupes criminels. Les islamistes et des groupes criminels ont très vite pris le dessus sur le MNLA, selon divers témoignages, relativisant la déclaration unilatérale d'indépendance des rebelles touareg qui ne semblent pas en mesure de contrôler "leur" territoire. Mossa Ag Attaher a affirmé à l'AFP que le MNLA serait prêt à combattre Aqmi dans le cadre de la mise en place "d'un partenariat international". Omar Hamaha, chef militaire d'Ansar Dine, qui a pris le contrôle de Tombouctou, a, lui, affirmé mener une guerre "contre l'indépendance" de l'Azawad et "pour l'Islam", dans une déclaration publique dont l'AFP s'est procuré les images. "Notre guerre, c'est une guerre sainte, une guerre légale, au nom de l'islam. Nous sommes contre les rebellions. Nous sommes contre les indépendances", a-t-il dit. Les voisins du Mali membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d'Etat, ont toujours clamé leur attachement à l'intégrité territoriale de ce pays. Il envisagent d'y envoyer une force militaire de 2.000 à 3.000 hommes pour la préserver: les chefs d'état-major des armées de la Cédéao, réunis jeudi à à Abidjan, ont élaboré un "mandat" pour cette force. Effets combinés dévastateurs L'Algérie, voisin du nord et puissance militaire régionale dont six diplomates ont été enlevés jeudi à Gao, "n'acceptera jamais une remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali", a déclaré le Premier ministre Ahmed Ouyahia au journal Le Monde. Alger a annoncé une réunion des ministres des Affaires étrangères d'Algérie, du Niger et de la Mauritanie dimanche à Nouakchott pour discuter de la situation, en l'absence de représentants du Mali. Il y a urgence: les effets combinés de la sécheresse, des violences et des graves atteintes aux droits de l'homme commises dans le Nord font que cette région est "au bord du désastre humanitaire", selon Amnesty International. Le front antijunte, qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile, a appelé l'ONU à intervenir d'urgence "pour éviter une catastrophe humanitaire" en particulier à Gao où "des menaces d'interruption des fournitures d'eau et d'électricité planent" et où "des enlèvements de petites filles sont également signalés". Des centaines de jeunes, pour la plupart natifs du nord du Mali, ont manifesté vendredi à Bamako pour dénoncer des "ignominies" commises dans leur région et réclamé des armes pour aller la défendre. Oxfam "craint que la combinaison des conséquences dévastatrices des combats et de l'insécurité ainsi que l'aggravation de la situation alimentaire ne produise un plus grand nombre de réfugiés dans la région", où il y a déjà plus de 210.000 réfugiés et déplacés depuis le déclenchement de la rébellion du MNLA mi-janvier. World Vision craint aussi "l'impact négatif et de grande envergure" des sanctions sur les démunis. AFP    

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Commentaires (29)

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Achill 15 ans
URGENT!!! je demande a tous les formistes,si quelqu'un se rappelle d'un prédicateur qui disait que Dioncounda sera le prochain président du Mali,il avait aussi prédit des jours meilleurs pour le Mali,il y a de cela une ou deux ans L ARTICLE ÉTAIT SUR MALIWEB malheureusement pour moi,j ai oublié le Nom du Prédicateur,j ai fait toute les recherches possible j ai pas retrouver l'article si quelqu'un peut me donner le Nom du prédicateur ou me retrouver l'article,ca me fera un grand plaisir Merci d'avance
figaro 15 ans
SCOOP.....SCOOP.......Dioncounda Traoré rentre à Bamako pour prendre direction du Mali ( 20 mns)
UN ETAT ETHNIQUE ??? La rébellion Touareg puis la proclamation unilatérale de l’Azawab en tant que pays Touareg me conduit à différentes remarques : 1/ Est-t-il envisageable, au 3ème millénaire, de parler d’un état ethnique ? 2/ Cette zone du Sahel a toujours été un espace partagée par de nombreuses communautés, elles-mêmes en mouvement (transhumance…). La « purification de la zone » implique t’elle la déportation des Sonrhaï, Soninké / Marka, Nono, Peul, Rimaïbé, Bella, Souraka / Maure, Arabe, Bozo … présents historiquement sur la zone ? Rappelons au passage que Gao et Tombouctou ne sont pas des villes touaregs. 3/ Dans le cas où les responsables des différents mouvements en action choisiraient la voie de la coexistence, il est clair que les autres populations auront un profond problème de confiance. Personne n’a oublié, sur place, le temps des rezzous et de la traite des esclaves à peau foncés jusqu’au début du temps colon et même plus tard. Personne n’a envie de revivre cette époque, même sous une autre forme. La situation est complexe. Le Mali est un pays de grande tolérance dans lequel la population souhaite la cohésion et la paix. La remarque faite souvent sur les frontières qui ne respecteraient pas les limites « naturelles » entre les peuples n’a aucun sens. En effet, nous parlons d’un pays où des populations de cultures différentes coexistent dans presque chaque village. L'actuelle "rébellion" ne concerne qu'une petite partie des Touaregs. Les motivations ne sont pas claires. Entre ethnocentrisme et islamisme radical… entre trafic de drogue et d’armes, entre terrorisme et prises d’otages, difficile de faire le tri ! Le pays a fait beaucoup pour le Nord ces dernières années même si les choses sont loin d'être parfaites. Le Mali est un pays à la fois pauvre et très vaste. Aidons le au lieu de vouloir le détruire ! Youssouf K.
belebe 15 ans
Nous savons que le royaume BAMBARA de SEGOU a existé, l'EMPIRE SONGHOI,l'Empire PEUHL de MACINA l'EMPIRE MANDING jamais de royaume ou d'empire de azawad. Le MALI est un et indivisable allez créer cette republique sur le territoire de france24.Nous sommes pret à defendre le mm de notre MALI.
cliclac 15 ans
Ce sont les Touaregs de France24 et RFI qui ont declaré l'indépendance d'un des studios de ces médias français pour en faire une republique. Vous serrez toujours cloitreé entre les 4 murs labas.
zerrox 15 ans
Le titre de cet article est un jeu de mot de très très très mauvais gout "Mali: des Touareg proclament l’indépendance, la junte accepte de transférer le pouvoir"
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