Sécurité : Que veulent nos djihadistes au Mali ?

22 Oct 2025 - 08:13
Mis à jour: 12 mois
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Sécurité : Que veulent nos djihadistes au Mali ?

Dix ans après le début de l’insurrection, les deux pôles djihadistes actifs au Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim/GSIM), affilié à Al-Qaida, et « l’État islamique, Province du Sahel » (IS-Sahel/ISSP, ex-EIGS), n’ont pas renoncé à leur projet : imposer des normes inspirées de la charia, capter des ressources locales (zakat, taxes, carburant, commerce), contrôler des axes et des territoires ruraux, et contraindre l’État à des accommodements. Le départ de la France et celui de la Minusma ont créé un vide exploité par le Jnim, désormais acteur dominant au centre et dans l’ouest.

 Que veulent nos djihadistes ? Les revendications qui, au départ, portaient sur le départ de la France, de la Minusma, a évolué, chemin faisant, et au gré de l’actualité. La France est partie, la Minusma également. Ce que l’on peut dire de façon concrète aujourd’hui, comme revendications des djihadistes est la demande de la levée du blocus du carburant via des concessions sur les restrictions, l’ouverture d’un canal de négociation et la liberté de circulation sur certains axes. Les djihadistes veulent également le contrôle des campagnes par la fiscalité islamique, la justice religieuse et la cooptation des autorités coutumières et l’institutionnalisation d’un ordre islamique local, avec la marginalisation de l’État laïc. Fait nouveau, la main sur le cœur, les porte-paroles qui juraient ne pas avoir d’autres agendas, en ajoutent tous les jours. Les djihadistes sont pourtant toujours actifs sur le terrain.

Dans les accords qu’ils ont signé avec les villages, ils demandent le paiement de la zakat, une tenue vestimentaire spécifique pour les femmes et d’autres revendications d’ordre morale, contre une protection. Le porte-parole qui est en vue aujourd’hui réclame une conversion d’Assimi. Rien de moins !

Pour le moment, l’état des lieux montre un leadership du Jnim sur le terrain. Cette coalition est née en 2017 de la fusion d’Ansar Dine, al-Murabitoun, Katiba Macina, d’AQMI au Sahara sous la direction d’Iyad Ag Ghaly avec Amadou Koufa (Katiba Macina) comme figure centrale au centre du pays. Le Jnim a été actif pendant longtemps à Mopti et Ségou. Aujourd’hui, on constate une progression marquée vers Kayes, Nioro-du-Sahel.

Selon Dr. Aly Tounkara, directeur exécutif du Centre des Etudes Sécuritaires et Stratégiques au Sahel (CE3S), Enseignant-chercheur Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako Spécialiste du genre, de l'extrémisme violent et de l'islam politique, « on peut estimer entre deux mille à trois mille les combattants des mouvements terroristes ».

Certains sont recrutés et payés pour des opérations ponctuelles ; d’autres pour la promesse de garder tout le butin des attaques en dehors des armes. En plus de cela, on peut noter les raisons religieuses, ceux qui sont endoctrinés. A Cela, le JNIM a une particularité qui est de profiter des tensions intercommunautaires pour recruter.

Le Jnim cherche moins à « prendre Bamako » qu’à réglementer la vie locale : justice sommaire, règlement des litiges, écoles et tribunaux religieux dans des zones abandonnées par l’État. Des enquêtes récentes décrivent cette stratégie « d’ancrage » auprès des populations rurales. Depuis juillet-septembre 2025, le blocus du carburant avec bans d’importations et checkpoints du Jnim à Kayes, Nioro, Niono, a poussé les autorités à autoriser des pourparlers locaux. Le Jnim réclame un canal officiel et l’assouplissement des restrictions sur la vente de carburant au villageois. D’ailleurs, beaucoup de zones d’ombres subsistent sur la levée des restrictions des djihadistes contre une société de transport qui vient d’être ré-autorisé à reprendre ses activités. A quelles conditions ? Au vu et au su de l’Etat ou dans son dos ?

Le Jnim teste la négociation pour obtenir des accommodements comme la liberté de circulation, les taxations ou les échanges de prisonniers. Cette option qui était déjà évoquée par Crisis Group, refait surface sous la contrainte économique actuelle.

Le retrait des forces françaises et de l’Onu a ouvert des espaces que le Jnim semble avoir investis. Dans leur narratif, ce but initial, « évincer l’occupation » a cédé la place à un agenda de domination locale durable.

Autres interrogations : il se trouve que de plus en plus, les engins explosifs improvisés cèdent la place à des armes et outils sophistiqués comme des drones. Les djihadistes s’installent à demeure. On les voit tenir des conférences dans les villages pour se poser en « protecteurs des populations » vs « abus des FAMa et alliés ».

Que veulent nos djihadistes au juste ?

Alexis Kalambry

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Commentaires (17)

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Kankan
Kankan 12 mois
Whose Alexis Kalambry? Article reads like it was written by exaggerating or/ plus lying bitch. We do not need like rubbish printed nor do we like terrorists being referred to as jahadists. Those who take up arms against sovereign African government are terrorists. As for NATO France while in Mali it facilitated much of terrorists criminal actions with those acts having no risk of perpetrators being punished. We look forward to day all terrorists within AES nations are found plus neutralized. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
@Alexis: Il y a des terroristes ennemis d'Allah SWT et de l'Islam au Mali et il n' y a pas de djihadistes dans notre pays car un djihadiste ne tue pas un musulman, mais tu sembles ne rien connaitre dans l' Islam, la religion d'Allah SWT, alors continues avec ton terro-journalisme, sale ennemi écervelé et apatride!
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Malgré l'escorte militaire, terrestre et aérienne, les jihadistes ont attaqué les camions citernes en fin d'après-midi entre Sikasso et Zégoua, à la frontière ivoirienne, encore une fois. C'est au moins la troisième attaque de camions de carburant en dix jours dans cette zone, où plusieurs centaines de camions citernes sont toujours bloqués. Aucun bilan fiable sur le nombre de militaires et de transporteurs tués, l'armée malienne ne communique jamais sur ces attaques. Les jihadistes ont, comme à chaque fois, diffusé des images de camions en flammes. Essence, électricité, gaz... Ces citernes devaient se rendre à Bamako, où la pénurie de carburant s'aggrave chaque jour : les files d'attente se contorsionnent sur des rues entières devant les stations encore ouvertes, et il faut patienter plusieurs heures pour espérer trouver de l'essence. Des scènes devenues tristement habituelles, que l'on observe également à Ségou, Mopti et dans la plupart des régions du Mali. Les coupures d'électricité se sont aussi aggravées et les générateurs qui les pallient ne tournent plus, faute de carburant, ce qui pénalise de nombreuses activités. Certaines boulangeries ont cessé de produire du pain, selon plusieurs témoignages à Bamako. Un phénomène encore limité, mais qui suscite évidemment de l'inquiétude. Les bouteilles de gaz butane, pour la cuisine, sont également de plus en plus difficiles à trouver. « Jusqu'où cela va-t-il aller ? » s'interroge un Bamakois, décrivant avec terreur une sorte de spirale infernale. Mali: la pénurie d'essence empire Inflexion du discours officiel Le Premier ministre de transition, le Général Abdoulaye Maïga, a dénoncé mardi 21 octobre la « tentative de déstabilisation » que constitue le « changement de mode opératoire » du Jnim. Une inflexion dans le discours officiel, qui depuis un mois et demi tend plutôt à minimiser la portée de cette nouvelle guerre économique menée par les jihadistes. Le Premier ministre, qui s'exprimait à l'occasion d'une rencontre avec les entreprises du secteur pétrolier, s'est d'ailleurs montré plus conciliant avec eux. « Il n’y a pas de point de divergence, leur a-t-il lancé, vos problèmes sont nos problèmes ». Des propos qui tranchent avec ceux du ministre de l'Industrie, qui accusait la semaine dernière les opérateurs privés d'être à l'origine de la pénurie d'essence à cause de leurs mauvais comportements – augmentation des prix, rétention des stocks. Le chef du gouvernement de transition multiplie désormais les « comités de gestion des crises et des catastrophes », promettant « des mesures fortes et urgentes » pour « le ravitaillement en hydrocarbures ». Principales mesures : la poursuite des escortes militaires, mais aussi « un schéma de dispatching coordonné des camions par zone, dans les régions, à Bamako et par stations-service ». Le Synacor, Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali, a renoncé lundi à la grève qui avait été annoncée dimanche soir suite aux propos d'un membre du Conseil national de transition (CNT). En revanche, le syndicat a porté plainte, devant le pôle national anti-cybercriminalité, contre Aboubacar Sidicki Fomba. Acharné soutien de la Transition, ce membre du CNT avait accusé les transporteurs de camions citernes de simuler de fausses pannes pour revendre du carburant aux jihadistes. Ses excuses n'ont pas apaisé la colère des routiers qui entendent « laver [leur] honneur » devant la justice, selon les propos d'un porte-parole, mais qui ont cependant accepté de reprendre le travail. Des chauffeurs sont tués à chaque attaque de convois par les jihadistes. Femmes non voilées fouettées Outre l'embargo sur les importations de carburant, décrété début septembre, le Jnim exige depuis vendredi dernier que les femmes portent le voile dès lors qu'elles circulent sur les routes maliennes. Une injonction scrupuleusement respectée par les compagnies de transport, soucieuses d'éviter les problèmes. Car les jihadistes ont immédiatement mis en place des contrôles : plusieurs sources rapportent que des femmes non couvertes ont été forcées de descendre de leur véhicule entre Bamako et Ségou, dimanche. Pas de violence pour cette fois, mais un « rappel à l'ordre » de la part des jihadistes, selon les témoignages recueillis. Des femmes non voilées ont en revanche été fouettées lundi entre Kouri et Koutiala, selon les informations du média malien Studio Tamani, ensuite confirmées à RFI par plusieurs sources locales. « C'est la première fois à cet endroit », s'alarme l'une d'elles. Une autre rapporte des précédents dans la région. Les jihadistes du Jnim imposent déjà leurs règles dans de nombreuses parties du territoire sous leur contrôle, notamment dans le nord et
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Tu n'es pas le fils de ton pere, demandes a ta mere de te dire la verite!
Ogoba
Ogoba 12 mois
Je doute fort que ce soit le crétin de service, avec ses chiens et ses caravanes, qui ait dressé cet aperçu circonstancié, inattaquable sur le fond. Ce qui est certain, c’est que les djihadistes, après avoir réussi à imposer, partout où ils le peuvent, la charia, ont aujourd’hui la maîtrise de l’outil économique. Il ne leur reste plus, avec l’appui de l’Arabie saoudite, qu’à se rendre maîtres du pouvoir politique. Ce ne sera pas très difficile : il est pour lors inexistant.
kan
kan 12 mois
Kingui est déjà en train de se teindre la barbe au henné ....... mdrrrrr
BAMBARADION
BAMBARADION 12 mois
KAN EXCELLENT MDR
Matt
Matt 12 mois
Hahahahahhhhhaaaaa! La conversion de kingui en djihadiste supporter est en cours..
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Alexis: Il n' y a pas de djihadistes au Mali car un djihadiste ne tue pas un musulman, mais tu sembles ne pas connaitre l' Islam la religion d'Allah SWT alors continues avec ton terro-journalisme, sale ennemi écervelé et apatride!
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