Burkina Faso : le gouvernement démantèle un réseau d’espionnage mené par une ONG humanitaire

Le ministre burkinabè de la Sécurité a dénoncé les activités d’espionnage et de subversion de l’organisation non gouvernementale INSO Burkina, révélant l’interpellation de plusieurs individus et leurs activités incriminées. Les suspects devraient comparaître devant la justice pour espionnage et trahison.

08 Oct 2025 - 11:47
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Burkina Faso : le gouvernement démantèle un réseau d’espionnage mené par une ONG humanitaire
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Burkina Faso : le gouvernement démantèle un réseau d’espionnage mené par une ONG humanitaire
Mahamadou Sana, ministre de la Sécurité du Burkina Faso En savoir plus sur RT en français: https://rtenafrique.tv/afrique/126116-burkina-faso-gouvernement-demantele-reseau-espionnage-mene-ong-humanitaire

Le ministère de la Sécurité du Burkina Faso a annoncé, lors d’une conférence de presse tenue le 7 octobre à Ouagadougou, le démantèlement d’un réseau d’espionnage dirigé par l’organisation non gouvernementale International NGO Safety Organization (INSO), dont la spécialisation officielle est de dispenser des formations aux ONG humanitaires en matière de sécurité.

Les autorités ont annoncé l’interpellation de sept personnes, grâce à une contribution citoyenne décisive, selon le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana. Parmi elles figurent des ressortissants français, tchèques et maliens, accusés d’avoir collecté des informations sensibles sur les Forces de défense et de sécurité (FDS).

Parmi les personnes arrêtées figurent Jean-Christophe Émile Pegon, directeur pays d’INSO, de nationalité française, Aminata Marianne Guissé, directrice adjointe de nationalité franco-sénégalaise, Thomas Muzik, ressortissant tchèque et directeur général adjoint, ainsi que quatre collaborateurs burkinabè et un Malien.

Collecte d’informations sécuritaires, administratives et politiques sensibles

Selon le ministre de la Sécurité, les investigations menées par ses services, entamées en janvier 2025, ont révélé que l’ONG INSO se livrait à la collecte d’informations sensibles, tant sécuritaires qu’administratives et politiques, dans plusieurs régions du Burkina, destinées à des puissances étrangères.

Il s’agit notamment d’informations sur la position des convois de ravitaillement, le nombre d’éléments des FDS, de véhicules, d’armes lourdes ou de motos. L’ONG collectait également des données concernant les positions des troupes des FDS et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), les coordonnées GPS des affrontements entre FDS et groupes armés, ainsi que les bilans des attaques.

Mahamadou Sana a indiqué que des pays voisins du Burkina Faso, comme le Mali, auraient également été espionnés par l’organisation.

Destination opaque des informations collectées

Dans ses aveux, rapportés par Mahamadou Sana, le directeur pays d’INSO Burkina, Jean-Christophe Émile Pegon, a reconnu avoir ordonné à son personnel de collecter des informations sensibles — notamment sur les incidents sécuritaires, les coordonnées GPS des lieux touchés, ainsi que les positions et déplacements des convois de ravitaillement — en violation de la convention d’établissement signée avec l’État burkinabè.

Le ministre a précisé : « Au sujet de l’usage final d’une telle collecte systématique d’informations sensibles, aucune réponse claire n’a été donnée par les responsables, car, disent-ils, c’est la feuille de route que l’ONG leur a donnée et qu’ils essaient d’accomplir au mieux. Ils prétendent ne pas savoir ce qu’il advient de ces données, qui sont centralisées dans une base de données à l’étranger. »

Un réseau structuré en trois niveaux

Pour ses opérations, l’ONG recrutait des nationaux burkinabè en tant que conseillers, structurés en trois niveaux, a fait savoir le ministre. D’abord, il y a les anciens membres des FDS, dont le rôle est de « centraliser les données par zone et de les analyser en donnant à la fois une interprétation sécuritaire, mais également une interprétation politique ». Un second niveau d’agents de terrain qualifiés était chargé d’organiser la collecte des informations sur le terrain. Quant au troisième niveau, il était constitué d’individus soigneusement sélectionnés en fonction de leurs positions stratégiques ou de leurs activités leur facilitant l’accès à l’information. Ils servaient de relais communautaires implantés dans plusieurs régions à forte pression sécuritaire du pays.

Selon Mahamadou Sana, les employés de l’organisation percevaient des salaires excessivement élevés, rendant possibles leurs activités d’espionnage.

Les suspects devraient être traduits devant le procureur du Faso pour espionnage et trahison, conformément à l’article 311-4 du code pénal.

Source: https://rtenafrique.tv/

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Commentaires (9)

User
Fanga
Fanga 12 mois
Des ONG infiltrées et pilotées par la DGSE, c'est une méthode classique de ce service français d'espionnage et de manipulation. / Le président français, Emmanuel Macron, a lui-même remercié il y a quelques jours, dans son discours à l'ONU, les ONG, conscient qu'il est de ce que ces officines apportent à la France en termes de renseignements et d'influence en Afrique. / Très grand professionnel des forces de police et de la justice du Burkina Faso dans cette affaire grave d'atteinte à la sécurité nationale.
Cleanup
Cleanup 12 mois
"grave d'atteinte à la sécurité national", vraiment ? Alors que 65% du pays est au main de la rebellion, qui n'est pas composée de français, d'ukrainiens ou d'algériens mais bons burkinabais.
Youssef
Youssef 12 mois
La plus élémentaire règle du journalisme consisterait à présenter International Ngo Safety Organisation (Inso) avant d'en faire "un agent de l'étranger". INSO a été fondée en 2011, initialement en Afghanistan, pour répondre au besoin de coordination et de meilleures pratiques dans les contextes de forte insécurité. Elle vise à aider les organisations humanitaires à travailler en toute sécurité, à améliorer leur accès aux populations vulnérables, tout en respectant les principes humanitaires (neutralité, impartialité, indépendance). INSO était présente au Burkina Faso depuis 2019. Le 31 juillet 2025, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a suspendu INSO pour trois mois (renouvelables) par arrêté ministériel, au motif que l’ONG a collecté "des données à caractère sensible sans autorisation préalable". Le motif donné appelle plusieurs questions : Quels types de données sont classés « sensibles » selon les autorités ? Quelle autorité doit accorder l’autorisation ? Dans quels cas la simple déclaration ou la consultation de l’autorité suffit ? Quelles sont les principales missions de INSO : • Veille, alertes & analyse de sécurité • Suivi des incidents : attaques, enlèvements, violences, etc. • Bulletins ou rapports analytiques sur les tendances de sécurité dans les pays ou régions concernés. • Cartographie des données de sécurité, visualisation spatiale des incidents. • Coordination & partage d’information entre ONG • Création de plates formes de coordination de sécurité au niveau pays ou zones géographiques. • Rencontres, tables rondes ou réunions de sécurité entre ONG pour partager des informations, meilleures pratiques, alertes. Vous comprendrez que les informations dites sensibles font partie du périmètre de cette ONG qui opère dans plus d’une vingtaine de pays, particulièrement dans des contextes à hauts risques. Le directeur pays d’INSO, un Français nommé Jean‑Christophe P., a été arrêté le 28 juillet 2025 à Ouagadougou pour "espionnage". Dans votre article, il ne fait déjà aucun doute qu'INSO est coupable. Pourtant, les éléments de preuve" avancés par le ministre de la sécurité sont pour le moins factices puisqu'ils illustrent parfaitement les raisons de la présence d'INSO dans ces territoires que l'on a mentionnées plus haut, en particulier le suivi des incidents : attaques, enlèvements, violences. Je crains que ce soit précisément cette mission qui a eu le don d'effaroucher les autorités burkinabè. Vous connaissez ensuite le narratif couramment entendu qui fait de chaque ONG humanitaire un agent de l'étranger. Enfin, l'entreprise de disqualification opérée à la fin d'article en raison des salaires octroyés aux salariés de l'ONG n'est déontologiquement guère défendable. D'abord par que ces attaques témoignent d'une méconnaissance des salaires pratiqués dans ce domaine. Ils sont mêmes inférieurs à la moyenne eu égard aux risques encourus dans ces missions et les pays investis. Un poste de « responsable pays » dans une ONG de taille moyenne à grande, aux Pays‑Bas, perçoit un salaire mensuel brut au minimum de 10 000 euros, soit 6 559 570 FCFA, à comparer avec les 3 500 000 FCFA mentionnés dans votre article. Vous avouerez enfin que les risques encourus à exercer cette fonction au Burkina Faso ne font aucun doute. Quant aux investigations mentionnées par le ministre Mahamadou Sana qui permettent à ce jour d'affirmer que "INSO est une ONG étrangère, dirigée par des étrangers", nous sommes dans l'attente de savoir en quoi le travail connu et reconnu d'INSO dans tous les pays où il a eu à intervenir (21 pays) est "préjudiciable à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso" ? Le préjudice n’est-il pas subi par les 2,4 millions de personnes déplacées à l’intérieur du Burkina Faso, les 5,9 millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire et les 2,8 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire aiguë ?
Kankan 12 mois
Dynamic factor in condition is that as of July 31, 2025 that organization was suspended from being allowed to function in Burkina Faso. It is obvious that team was on ground verifiers for what NATO satellites were recording in Burkina Faso, Mali plus Niger with Niger having expelled INSO some time ago. Sovereignty obligates great consciousness plus scrutiny of foreigners actions especially when they are forbidden. Thank you AES nations for fittingly answering call of sovereignty. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Matt
Matt 12 mois
Stay away from fentanyl....
Matt
Matt 12 mois
encore et toujours les memes mensonges pour détourner les gens d'une situation catastrophique sur tous les plans..
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Sale animal du pâturage Azawad! Les chiens aboient mais la caravane passe!
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Toutes ces histoires d'ONG doivent finir! Nous nous souvenons tous ce que les Norvégiens ont fait dans la region de Kidal. Les occidentaux racistes, esclavagistes et colonialistes restent les memes avec la meme motivation et meme objectif: diviser les Africains pour régner sur eux!
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