Ce qu’il faut retenir du discours de Donald Trump à l’Assemblée générale de l’ONU

Le président américain a notamment menacé d’« anéantir » l’Iran si besoin, s’est félicité de l’accord tout juste scellé avec le Danemark sur l’avenir du Groenland et prédit la chute prochaine de l’île de Cuba.

23 Sep 2026 - 13:53
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Ce qu’il faut retenir du discours de Donald Trump à l’Assemblée générale de l’ONU
Donald Trump avant sa prise de parole à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 22 septembre 2026. YUKI IWAMURA/AP

Donald Trump a développé, mardi 22 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) son argumentaire nationaliste habituel, et menacé d’« anéantir » l’Iran si besoin, mais le président américain, fragilisé politiquement, n’a pas montré la même agressivité qu’en 2025.

Si Donald Trump a menacé l’Iran, il a ajouté : « Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » législatives prévues aux Etats-Unis en novembre. Sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le président américain a assuré qu’un accord serait trouvé « plus tôt qu’on ne le pense ». « Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix. Quand d’autres ignorent les menaces, j’y fais face. (…) Quand d’autres ont promis la force, je l’ai utilisée pour faire de l’Amérique le plus puissant pays du monde », a assuré le républicain, qui est en chute dans les sondages.

Le chantre de l’« Amérique d’abord » a également affirmé les ambitions géopolitiques américaines, en menaçant d’utiliser la « puissance militaire » pour défendre les intérêts de Washington en Amérique du Sud, en annonçant la construction prochaine de deux bases au Groenland, ou en prédisant que le gouvernement communiste de Cuba allait « tomber ».

Un accord avec l’Iran ou l’anéantissement du pays

Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a de nouveau répété son souhait que « l’Iran n’ait jamais l’arme nucléaire ». Il a déclaré qu’il devait décider entre « anéantir » l’Iran ou passer un « accord » avec Téhéran. « J’ai une grande décision à prendre : un accord sera-t-il conclu avec l’Iran qui leur permette de se reconstruire et de devenir un pays bien plus grand qu’il ne l’a jamais été avant, peut-être l’un des plus grands du Moyen-Orient, voire du monde », a déclaré le président américain. « Ou est-ce que j’anéantis la République islamique, et rapidement, sans jamais lui donner la possibilité de tuer et de détruire à nouveau des personnes et des pays ? Est-ce que je les envoie en enfer, sans aucune chance de survie ni espoir de grandeur future ou pour les générations à venir ? », a-t-il ajouté.

« Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » prévues aux Etats-Unis en novembre, a-t-il immédiatement ajouté. « Ils attendent de voir comment je vais m’en sortir aux élections de mi-mandat. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que je ne suis pas candidat. Je l’ai déjà fait, et j’ai remporté une victoire écrasante », a-t-il déclaré.

Un peu plus tard, le président américain a annoncé que des discussions avaient eu lieu mardi entre des responsables iraniens et américains en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. « C’est une rencontre qui a duré trois heures », a-t-il précisé, en parlant d’une « très bonne » réunion et en assurant qu’une autre discussion était prévue « dans un futur très proche ».

Donald Trump s’est exprimé alors qu’il peine à s’extirper du conflit contre l’Iran qu’il a lancé avec Israël fin février, une guerre qui montre des signes d’une possible aggravation et affecte la distribution du pétrole et du gaz, avec des répercussions en cascade sur l’économie mondiale.

Un accord « plus tôt qu’on ne le pense » entre l’Ukraine et la Russie

Alors qu’il doit rencontrer dans la journée le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, Donald Trump a répété qu’un accord de paix entre Russes et Ukrainiens était proche. « Nous travaillons très étroitement avec les dirigeants de Russie et d’Ukraine, et nous allons régler ce cas. Cela arrivera, je crois, plus tôt qu’on ne le pense », a assuré le président américain.

Un accord signé avec le Danemark et le Groenland

Le président américain s’est également félicité de l’accord tout juste scellé avec le Danemark sur l’avenir du Groenland, qui a ensuite fait l’objet d’une cérémonie de signature officielle avec la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.

Le président américain a profité de son discours pour annoncer la construction de deux bases militaires au Groenland. « Nous allons immédiatement commencer à développer une présence militaire importante dans les endroits pertinents. Nous construirons deux très grandes bases militaires », a dit le président américain devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Ce dossier avait provoqué une crise majeure avec les Européens, lorsque Donald Trump avait menacé de rattacher aux Etats-Unis ce territoire autonome danois.

« Cuba va tomber »

« Cuba va tomber », a menacé le président américain, qualifiant l’île « d’Etat failli ». Les représentants cubains ont quitté la salle au moment où le président américain proférait ses menaces.

« Le régime communiste est sous forte pression, la plus forte qu’il ait jamais connue (…). Il va tomber », a affirmé Donald Trump, ajoutant que Washington menait des négociations avec La Havane et prédisant : « La liberté arrivera à Cuba ». Le président américain affirme que Cuba, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis et a menacé à plusieurs reprises de « prendre le contrôle » de l’île.

Le ministre des affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, lui a répondu en qualifiant de « calomnies » ses déclarations. « Le gouvernement des États-Unis est incapable d’accepter que Cuba est, et a le droit d’être, un pays pleinement indépendant et souverain », a dénoncé sur X celui qui dirige la délégation cubaine à New York.

Une opposition à la CPI

Donald Trump a appelé tous les pays membres de la Cour pénale internationale (CPI) à se retirer de cette instance. « Les Etats-Unis s’opposent tout autant à cette institution hors de contrôle qu’est la Cour pénale internationale », a-t-il déclaré. « J’appelle tous les pays membres de la CPI à se retirer officiellement et immédiatement de cette institution hors de contrôle. »

L’administration Trump a lancé une offensive majeure contre la Cour basée à La Haye, sanctionnant ses juges et faisant pression sur les pays membres pour qu’ils s’en retirent. Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a promis de démanteler « brique par brique » la CPI, qui juge les auteurs des crimes les plus graves au monde. Il a qualifié la cour de « menace intolérable pour la souveraineté américaine ».

Les Etats-Unis ont imposé une série de sanctions à l’encontre de responsables de la CPI, furieux que la cour ait émis un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Le rejet d’un « projet mondialiste » de régulation de l’IA

Le président américain a rejeté « toute tentative de bâtir un projet mondialiste pour contrôler l’intelligence artificielle », alors que les appels se multiplient en faveur d’une large coordination sur l’IA.

Lundi, les dirigeants de plus de vingt pays dont le Canada, l’Allemagne et l’Australie ont ainsi plaidé pour davantage d’encadrement de cette technologie et la possible création, sous l’égide de l’ONU, d’un organe international de régulation. Mardi, le premier ministre britannique, Andy Burnham, a annoncé vouloir lancer l’élaboration de standards de sécurité de l’intelligence artificielle sous l’égide du G20, afin d’assurer « que le développement de l’IA est sûr ».

La position du président américain n’est qu’un prolongement de la ligne adoptée par son gouvernement depuis son investiture. Il a également dit que le gouvernement américain utiliserait désormais le terme « super intelligence » plutôt qu’« intelligence artificielle » dans sa communication, espérant que « le monde » lui emboîte le pas.

Source: https://www.lemonde.fr/