François Hollande : « Le sport rassemble, la politique divise »
10 Juillet 2016 - 18:26
10 Juillet 2016 - 23:02
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François Hollande au StadeVélodrome, lors de la demi-finale de l’Euro qui opposait la France à l’Allemagne, le 7 juillet 2016. CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS
Dans un entretien donné au Journal du dimanche(JDD) paru dimanche 10 juillet, François Hollande estime que l’engouement autour des Bleus, en finale de l’Euro de football, montre que « les Français avaient besoin de se retrouver ». Il ajoute : « On l’avait vu au moment des attentats. On s’était retrouvés dans les drames, il y avait besoin de se retrouver dans la joie, se retrouver ensemble. »
Décrivant l’équipe de France, qui jouait au Stade de France le jour des attentats du 13 novembre, comme « très marquée » par les attaques djihadistes, il poursuit : « Les attentats sont identitaires pour eux, ils se sont forgé leur propre conscience. Ils ont la conviction qu’il faut donner de la joie aux Français éprouvés par ces épreuves. » Avant d’enchaîner : « Ils veulent donner du bonheur. Didier Deschamps leur a transmis cette volonté de rendre les gens heureux. Ils savent que le moment n’est pas banal. »
« Dépassement »
Selon lui, « le sport permet ce rassemblement. La politique, elle, divise.Le sport permet ce dépassement, géographique – on est tous du même pays –, dépassement des origines, des parcours », précise-t-il, ajoutant que « cela permet d’échapper à toutes nos préoccupations ».
« L’Euro emporte tout, c’est le rassemblement. La vie reprendra son cours après », prévient M. Hollande. « Je soutiens l’équipe de France, je viens à tous leurs matchs, mais je ne veux pas utiliser le sport pour la politique », assure le président, dont la cote de popularité reste très basse. « Ce n’est bon ni pour le sport ni pour la politique », prévient-il, à moins d’un an de l’élection présidentielle.
« Les Bleus, c’est l’équipe de France. On n’a plus à parler de leurs origines, de leur couleur de peau », estime en outre M. Hollande, pour qui « le progrès, c’est qu’on n’a plus besoin de dire Black-Blanc-Beur comme en 1998 ». Avant de conclure : « La France est mélangée, c’est un fait. Il n’y a pas besoin de faire de leçon, le pays les soutient. »Le Monde.fr avec AFP |