Sécheresse en France : près de 1 400 cours d’eau sans écoulement, un niveau record
Plus de 80 % de l’Hexagone est concerné par des arrêtés sécheresse, tandis que 94 % des nappes phréatiques sont en baisse
La France connaît une situation de sécheresse exceptionnelle, avec 1 373 petits cours d’eau touchés par des ruptures d’écoulement ou un assèchement total au 1er août, soit 43 % des points observés, a annoncé l’Office français de la biodiversité (OFB).
Il s’agit de « la situation la plus critique jamais observée à cette période », dépassant la sécheresse historique de 2022 de 112 cours d’eau et se révélant plus de deux fois plus dégradée qu’en 2025, précise l’organisme. Toutes les régions sont concernées, en particulier sur un axe allant de la Vendée au Grand Est.
Face au manque d’eau, plus de 80 % du territoire métropolitain était couvert, au 5 août, par des arrêtés préfectoraux. Environ 70 % de la France faisait l’objet de restrictions strictes correspondant aux niveaux d’alerte, d’alerte renforcée ou de crise, un niveau inédit depuis dix ans et déjà supérieur au record de 2022.
Ces mesures peuvent limiter ou interdire l’arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des véhicules ou encore certains prélèvements agricoles. Dans le Val-d’Oise, un arrêté préfectoral restreint notamment l’arrosage des pelouses et terrains sportifs, les travaux dans les cours d’eau, le remplissage des piscines privées ainsi que le lavage des voies, terrasses et façades dans plusieurs communes.
Les réserves souterraines se dégradent également. Au 1er août, 94 % des nappes phréatiques observées affichaient des niveaux en baisse et 63 % des points de suivi se situaient sous les normales, d’après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
Malgré une recharge satisfaisante en février sur les trois quarts du territoire, l’absence de précipitations suffisantes depuis plusieurs mois et la hausse de la consommation d’eau pendant les canicules ont accéléré la baisse des nappes.
Juillet 2026 a enregistré un déficit pluviométrique de 67 % et s’est classé au troisième rang des mois de juillet les plus secs depuis 1959, derrière 2022 et 2020, selon Météo-France. Avec une température moyenne de 24,9 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale, il est également devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900.
Fin juillet, l’humidité des sols superficiels avait atteint un niveau comparable à celui de la mi-août 2022, le plus bas jamais relevé. La canicule commencée le 28 juillet continue parallèlement de toucher le pays.
La raréfaction de l’eau bouleverse les milieux aquatiques : le réchauffement et la moindre dilution de l’eau augmentent le stress subi par certaines espèces et la concentration des polluants, selon l’OFB.
La sécheresse affecte également les activités en montagne. En Haute-Savoie, deux refuges situés sur la voie d’ascension du mont Blanc ont été fermés par arrêté municipal en raison du « danger mortel » de chutes de pierres favorisées par les conditions sèches.
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