Trump publie une carte montrant les États-Unis annexant toute l’Amérique du Nord, le Groenland et l’Islande
Le président Donald Trump a publié sur les réseaux sociaux une carte montrant plusieurs pays d’Amérique du Nord recouverts du drapeau américain, ainsi que le Groenland et l’Islande. En conséquence, Reykjavik a convoqué lundi l’ambassadeur américain, a indiqué la chaîne locale RUV.
Ce 7 septembre, Donald Trump a publié une image sans légende ni commentaire. Il s’agit en l’occurrence d’une carte montrant les États-Unis annexant toute une série de pays du continent américain: le Canada, le Mexique, le Guatemala, le Salvador, le Honduras, le Belize, Cuba, les Bahamas, la Jamaïque, Haïti, la République dominicaine ainsi que les différents États des Antilles, dont les territoires français de la région. Sont également repris dans cet immense ensemble à l’accent impérialiste le Groenland et l’Islande. Le tout est repris sous le simple nom d’“États-Unis d’Amérique”.
Colère de l’Islande
La riposte ne s’est pas fait attendre en Islande. La ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Gunnarsdottir, a ainsi immédiatement convoqué Billy Long, l’ambassadeur des États-Unis dans le pays, “pour lui signifier clairement que cette image était totalement inappropriée”, a confirmé son cabinet à la chaîne RUV et à l’AFP. Billy Long, qui a travaillé comme conseiller fiscal, agent immobilier et lobbyiste, n’a pris officiellement ses fonctions que le mois dernier. Il est l’un des plus fervants partisans de Donald Trump et est connu pour sa ligne ultra-conservatrice au sein du parti républicain.
Le Département d’État américain, les ambassades des États-Unis à Copenhague et à Reykjavik, ainsi que le consulat des États-Unis à Nuuk n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de l’agence Reuters, tout comme le ministère islandais des Affaires étrangères.
Les Islandais se voient “annexés” au lendemain du référendum
L’ambition de Donald Trump d’acquérir le Groenland, un territoire danois semi-autonome, a suscité des tensions entre Washington et Copenhague, tous deux membres fondateurs de l’OTAN, et plus largement dans toute l’Europe. Le mois dernier, les Islandais ont voté à 52% contre la reprise des négociations d’adhésion à l’UE lors d’un référendum où les visées de Trump sur le Groenland avaient servi de toile de fond.
Certains partisans de l’ouverture de négociations avaient invoqué des doutes quant à la fiabilité des États-Unis, même si, selon les analystes, ce sont finalement les préoccupations économiques nationales qui ont été déterminantes dans le résultat.
Depuis son indépendance en 1944, l’Islande n’a jamais eu d’armée et elle s’appuie pour sa sécurité sur l’Otan, ainsi que sur un accord bilatéral de défense conclu avec les États-Unis en 1951. Les visées insistantes de Donald Trump sur le Groenland, territoire autonome danois -- dont la côte est située à moins de 300 kilomètres de là et que le président américain avait confondu en janvier 2026 avec l’Islande -- ont ébranlé quelques certitudes quant à leur relation, sans la remettre en cause.
Le Groenland et l’UE renforcent leurs liens
Le message de Trump a été publié quelques heures après que la Commission européenne a annoncé un investissement de 200 millions d’euros au Groenland, à l’occasion d’une visite de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. “L’Europe fait un choix: celui d’être plus présente et plus impliquée au Groenland et dans l’Arctique”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Nuuk, capitale de cette immense île. “Le Groenland peut compter sur l’UE”, a-t-elle ajouté. “Intégrité territoriale. Souveraineté. Inviolabilité des frontières. Ce sont des principes fondamentaux du droit international.”
Lors d’une conférence de presse, la présidente de l’exécutif européen a mis l’accent sur les infrastructures. Les investissements prévus dans la connectivité numérique permettront à la population du nord du territoire d’avoir un meilleur accès à internet rapidement, a-t-elle expliqué. Ce projet d’extension s’appuiera notamment sur un partenariat avec l’opérateur local Tusass afin d’accroître les capacités satellitaires. Outre le numérique, l’enveloppe de 200 millions d’euros financera des projets d’énergie propre dans les villages isolés ainsi que le secteur des matières premières critiques de l’île. Cet engagement financier s’accompagne d’une nouvelle déclaration conjointe signée avec le Groenland et le Danemark afin d’approfondir les relations tripartites.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a pour sa part affirmé que le message du gouvernement et de la population du Groenland avait toujours été cohérent. “Le gouvernement groenlandais et le peuple groenlandais ont répété à maintes reprises qu’ils ne voulaient pas devenir américains”, a-t-elle déclaré. “J’espère que personne n’a le moindre doute à ce sujet, ni aux États-Unis ni dans le reste du monde.”
Source: https://www.7sur7.be/