Dr Alou Barry lors de la conférence des anciens étudiants de l’Ex URSS sur la Souveraineté Alimentaire au Mali : « Le premier médecin dans notre pays c’est l’agriculteur »
L’Association des anciens étudiants et stagiaires de Véronej ex URSS (AESV)-Russie a tenu le 15 août 2026, au Mémorial Modibo Keïta de Bamako sa deuxième activité scientifique autour d’une conférence débats
L’Association des anciens étudiants et stagiaires de Véronej ex URSS (AESV)-Russie a tenu le 15 août 2026, au Mémorial Modibo Keïta de Bamako sa deuxième activité scientifique autour d’une conférence débats dont le thème était : « Comment nourrir les maliens d’ici 2050», animée par l’éminent professeur Alou Barry, expert nutritionniste de renommé international. Cette initiative citoyenne dédiée à la réflexion sur les enjeux, défis et perspectives de la bonne alimentation et de la souveraineté alimentaire dans notre pays à l’horizon 2050, était placée sous le haut parrainage du ministre de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké. En outre le président l'AESV-Russie, M Adama Diakolo Coulibaly cette rencontre a regroupé plusieurs éminentes personnalités des anciens ministres, des anciens PDG de l’Office du Niger, des universitaires, chercheurs et des hauts responsables de la transition.
« Comment nourrir les maliens à l’horizon 2050 ?» les Varonegiens relancent le débat
Selon le conférencier Dr Alou Barry, il faut changer nos habitudes alimentaires car les maladies de la civilisation se sont déjà installées chez nous tel que le diabète, les gastriques, l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires. A l’en croire demain se construit aujourd’hui. « Nous voulons des Maliden Koura en bonne santé, moi je trouve aujourd’hui que le premier médecin dans notre pays c’est l’agriculteur. Il faut une agriculture de qualité qui va impacter sur la santé des populations d’ici 2050. » C’est cri de cœur que le célèbre nutritionniste africain Dr Barry a lancé à travers cette conférence. Produire en quantité est meilleure mais produire la qualité est mieux pour la bonne santé des maliens. Car la santé est dans l’assiette. A-t-il dit. Dr Barry a beaucoup insisté au cours des débats sur la dimension sanitaire de la souveraineté alimentaire. Pour lui, nourrir les Maliens à l’horizon 2050 ne doit pas uniquement signifier produire davantage, mais aussi produire mieux et plus sainement. Au cours de la conférence sa présentation a porté sur les atouts du géant agropole ouest africain qui l’Office du Niger dont le PDG était représenté par M. Issa Touré.
Le ministre a insisté sur la nécessité de développer des chaînes de valeur intégrées, allant de la production à la transformation, en passant par la conservation et la commercialisation. Cette approche, a-t-il expliqué, doit permettre d’améliorer la productivité, de renforcer l’approvisionnement des marchés et d’accroître la valeur ajoutée créée au niveau national.
Ces orientations s’inscrivent, selon lui, dans la dynamique de mise en œuvre de la vision « Mali Kura, Nyèta Sira Ka Bè San 2063 Ma », qui prévoit notamment la mise en place d’agropoles fondés sur les filières agricoles prioritaires et à fort potentiel. Cinq agropoles prioritaires sont notamment envisagés au cours de la première décennie 2024-2033.
Face aux défis climatiques, économiques, démographiques et sécuritaires, le ministre a appelé les universitaires, chercheurs, techniciens et acteurs de l’appui-conseil à accélérer les réflexions et les actions en faveur de la transformation agricole.
Pour Dr Ibrahima Samaké, la question de l’alimentation ne saurait être considérée comme une simple préoccupation sectorielle. « C’est une question nationale, une question de souveraineté et de stabilité sociale », a-t-il souligné, appelant à une réponse collective à la hauteur des enjeux.
Prenant la parole le doyen Adama Diokolo Coulibaly, président de l’AESV, a fait savoir au public que cette deuxième conférence s’inscrit dans la continuité des activités scientifiques de l’association. Après la toute première activité de l’association qui s’est tenue le 28 juin 2025 à la Faculté des Sciences administratives et politiques, autour des questions sur les relations diplomatiques et sécuritaires entre le Mali et la Russie, l’AESV a décidé de consacrer cette nouvelle rencontre à une problématique directement liée à la vie et à l’avenir des populations : comment nourrir les Maliens d’ici 2050 ?
Selon Adama Diokolo Coulibaly, cette question ne se résume pas à produire davantage. Elle implique également de garantir une alimentation saine et suffisante, de valoriser les ressources nationales, de renforcer les capacités de transformation, de soutenir les producteurs et d’anticiper les défis démographiques, climatiques, économiques et nutritionnels.
Pour l’AESV, la sécurité alimentaire constitue ainsi à la fois une question de souveraineté nationale, de santé publique et de développement. A noter que cette association regroupe des centaines de cadres maliens formés en Russie.
Au cours de cette journée les échanges enrichissants ont porté sur les défis liés à la production agricole, à la transformation, à la conservation, à la distribution et surtout à la qualité de l’alimentation. Cette conférence des anciens étudiants de l’Ex URSS devenus tous des hauts cadres du pays a vu la participation de qualité des grands chercheurs, universitaires, pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, entreprises et organisations professionnelles pour l’atteinte des objectifs d’ici 2050. A la fin de la conférence, une attestation a été décernée au conferencier Dr Alou Barry par l’Association des anciens étudiants et stagiaires de Varonej et de la fédération de Russie au Mali pour son leadership, son élégance et sa maitrise du débat.
A.B.D