La Russie bombarde désormais Kiev 24 heures sur 24: l’alerte retentit jusqu’à 13 fois par jour

À Kiev, les sirènes retentissent plus souvent que jamais. Alors que les attaques russes se concentraient auparavant surtout la nuit, la capitale ukrainienne est désormais pilonnée 24 heures sur 24. Les trois millions d’habitants de la ville doivent parfois se mettre à l’abri jusqu’à treize fois par jour.

7 Sep 2026 - 10:05
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La Russie bombarde désormais Kiev 24 heures sur 24: l’alerte retentit jusqu’à 13 fois par jour
Des pompiers se réfugiant dans une station de métro à Kiev après le déclenchement de l’alerte aérienne. © AP Photo/Francisco Seco

Depuis fin août, la Russie a commencé à lancer des attaques à toute heure sur Kiev. Désormais, l’alerte aérienne y retentit en moyenne dix fois par jour, comme le montrent les chiffres publiés par l’application gouvernementale “Kiev Digital”. La durée de ces alertes varie de quelques minutes à près de quatre heures et demie.

Au cours des sept jours qui ont suivi le jeudi 27 août, 76 alertes aériennes ont été déclenchées dans la capitale. Il faut remonter à 2022 pour trouver un nombre similaire, en l’occurrence avec la semaine du 27 février au 5 mars 2022, durant laquelle environ 66 alertes avaient été enregistrées.

Des drones plus rapides et difficiles à abattre

Ce n’est pas seulement le nombre d’attaques qui augmente. La Russie utilise de plus en plus souvent des drones d’attaque plus récents, équipés de moteurs à réaction. Certains atteignent des vitesses de près de 595 km/h, soit environ trois fois la vitesse des anciens drones Shahed à hélices. Ils sont donc plus difficiles à abattre. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 2.800 de ces drones rapides en août, soit près de deux fois plus qu’en juillet.

L’Ukraine tente de les abattre à l’aide d’avions de combat, de dispositifs antiaériens et de missiles lancés à l’épaule. Selon Yurii Ihnat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, seuls environ 60% des drones sont actuellement abattus. “L’objectif est désormais d’améliorer les intercepteurs et de les équiper de systèmes de guidage spécialisés afin qu’ils puissent abattre des drones à réaction”, explique M. Ihnat. Mais selon lui, la vitesse seule ne suffit pas. “Il ne suffit pas que l’intercepteur vole simplement vite. Il doit atteindre sa cible. C’est très important.”

Un changement de tactique

Le président Volodymyr Zelensky a donc convoqué une réunion d’urgence avec ses ministres et ses commandants militaires au sujet de la production de missiles à grande vitesse capables d’intercepter ces nouveaux drones russes. “Vous pouvez tous constater que les Russes ont changé la tactique de leurs attaques contre l’Ukraine et qu’ils terrorisent beaucoup plus intensément notre population, nos villes et nos villages depuis le mois d’août”, a déclaré le chef de l’État.

Selon des diplomates, le risque existe que la Russie soit en mesure de produire ses drones d’attaque rapides plus vite que l’Ukraine ne pourra mettre au point une nouvelle génération de moyens d’interception.

Perturbations dans les écoles et les entreprises

Les alertes aériennes incessantes ont un impact considérable sur la vie quotidienne à Kiev. Les élèves doivent quitter leurs salles de classe en pleine journée. Idem pour les employés dans leurs bureaux. Les magasins sont régulièrement contraints de fermer leurs portes. Cette menace permanente perturbe également gravement le début de la nouvelle année universitaire.

Les transports en commun sont eux aussi fortement perturbés par ces attaques. Dès que l’alerte retentit, certaines lignes de métro sont interrompues car elles traversent le fleuve Dnipro en surface.

L’ancien soldat ukrainien Roman Trokhymets a décrit, dans une lettre adressée la semaine dernière à HLN, ce que cela fait de vivre sous cette menace quasi permanente. Même chez lui, dans son lit, les sirènes et les attaques russes le hantent.

Deux types d’alerte aérienne

Afin de limiter les perturbations quotidiennes, le gouvernement ukrainien a mis en place un nouveau système d’alerte comportant deux niveaux de menace. Une alerte jaune est déclenchée en cas de risque limité lié aux drones, ce qui entraîne moins de restrictions pour le travail et les transports. Une alerte rouge signale des attaques de missiles plus dangereuses et s’accompagne donc de mesures plus strictes.

Outre ces perturbations, les inquiétudes concernant l’avenir à long terme ne cessent de croître au vu de l’approche de l’hiver. Cette période de l’année est généralement synonyme d’attaques russes contre les infrastructures énergétiques.

Ce n’est que le week-end dernier que la capitale a été brièvement épargnée par les bombardements. Cette trêve temporaire a coïncidé avec la visite d’émissaires américains, venus à Kiev pour discuter d’une éventuelle fin de la guerre. Aucune percée majeure n’aurait été réalisée à cette occasion.

Source: https://www.7sur7.be/