Alger Bamako : La Grande Commission mixte des retrouvailles

La tenue à Bamako, les 9 et 10 septembre 2026, de la Grande Commission mixte de coopération Mali-Algérie constitue un jalon majeur dans la normalisation des relations entre les deux voisins.

07 Sept 2026 - 02:08
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Alger Bamako :  La Grande Commission mixte des retrouvailles

Après une période de brouille diplomatique marquée par le rappel des ambassadeurs et la suspension des échanges bilatéraux, cette rencontre technique et politique de haut niveau vient concrétiser le dégel amorcé durant l'été 2026. Elle traduit la volonté partagée d'imprimer un nouvel élan aux partenariats stratégiques et économiques qui unissent les deux nations.

Cette session intervient dans le prolongement direct du voyage de travail effectué le 24 août 2026 à Alger par le Premier ministre le Général de division Abdoulaye Maïga. Reçu par les plus hautes autorités algériennes, le chef du gouvernement malien a permis d'aplanir les divergences accumulées depuis la dénonciation de l'Accord de paix de 2015. La visite d'État a servi de catalyseur pour restaurer la confiance mutuelle et jeter les bases d'un agenda rénové, axé sur la souveraineté des États, la sécurité transfrontalière et le co-développement économique.

Historiquement, le Mali et l'Algérie partagent un héritage diplomatique dense, fondé sur une frontière commune de plus de 1300 kilomètres, une imbrication communautaire séculaire et une solidarité constante depuis les luttes d'indépendance. La Grande Commission mixte s'inscrit dans cette genèse : créée pour impulser des projets concrets, elle est le réceptacle institutionnel des accords bilatéraux dans des domaines clés tels que l'énergie, les transports transsahariens, la formation professionnelle, le commerce et le renseignement sécuritaire.

L'actualité de cette réunion bamakoise réaffirme l'impératif du bon voisinage face aux défis sécuritaires globaux qui frappent la bande sahélo-saharienne. Pour Bamako, l'enjeu est de consolider son intégration régionale tout en garantissant le respect strict de son intégrité territoriale. Pour Alger, il s'agit de préserver la stabilité de son flanc sud en collaborant directement avec le pouvoir souverain malien, sans intermédiaires.

Les retombées attendues de ces deux journées de travaux sont considérables. Au-delà du symbole politique fort, la Grande Commission mixte devrait déboucher sur la signature de plusieurs conventions sectorielles, la relance des échanges commerciaux frontaliers et la formalisation de mécanismes de concertation permanente. Ce rendez-vous scelle ainsi la victoire du pragmatisme géographique et économique sur les tensions du passé, ouvrant un chapitre prometteur pour le partenariat euro-africain et saharien.

 RECENTRAGE DIPLOMATIQUE ENTRE LE MALI ET L'ALGÉRIE

Un changement de cap sur la sécurité territoriale ?

Le dégel diplomatique observé entre Bamako et Alger marque une étape clé dans la reconfiguration sécuritaire du Sahel. Après près de deux ans d'une crise sans précédent, la réouverture des espaces aériens et la reprise de l'activité diplomatique scellent le retour à un pragmatisme géographique indispensable, tout en consacrant la pleine souveraineté de l'État malien sur son territoire national.

La relation entre les deux voisins avait atteint un point de rupture au début de l'année 2024 avec la dénonciation formelle par le Mali de l'Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d'Alger. Les autorités de la transition reprochaient ouvertement au voisin septentrional une ingérence permanente dans ses affaires intérieures et une complaisance stratégique envers les factions séparatistes du Nord. Cette détérioration politique s'était brutalement traduite sur le terrain militaire lors des violents combats de Tinzawatène à la frontière algéro-malienne, où la question du sanctuaire frontalier et des flux transfrontaliers avait exacerbé les tensions entre les Forces Armées Maliennes et le dispositif sécuritaire algérien.

Ce recentrage diplomatique repose avant tout sur l'élimination des incohérences qui ont longtemps paralysé l'action sécuritaire régionale. L'illusion d'une médiation politique externe a définitivement laissé la place au Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale, affirmant ainsi la primauté des solutions endogènes. Par ailleurs, la sanctuarisation de la frontière longue de plus de mille trois cents kilomètres exige désormais une clarification totale : les entités armées luttant contre l'État malien ne bénéficient plus du flou statutaire d'acteurs politiques, contraignant Alger à revoir ses relais d'influence traditionnels.

Sur le plan géopolitique, l'émergence et la consolidation de l'Alliance des États du Sahel ont profondément reformaté les équilibres régionaux. Face à un bloc sahélien uni et déterminé, l'Algérie a dû adapter sa posture pour éviter un isolement durable à sa frontière méridionale, d'autant que le partenariat stratégique noué par l'AES avec de nouveaux alliés comme la Russie a redéfini la carte des influences au Sahel. Pour Bamako comme pour Alger, la réalité géographique impose une coopération minimale basée sur le renseignement, la surveillance transfrontalière et la lutte contre le terrorisme incarné par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans.

Ce nouvel élan ne relève pas d'une naïveté retrouvée mais d'une stricte realpolitik. En imposant le respect absolu de son intégrité territoriale et de ses choix stratégiques, le Mali contraint son voisin du Nord à un partenariat d'égal à égal, fondé sur la sécurité mutuelle et le refus des zones de non-droit aux frontières.

 ENCADRÉ

Des dossiers sensibles sur la table...

Si les retrouvailles bilatérales des 9 et 10 septembre à Bamako traduisent une volonté partagée d'apaisement, elles n'effacent pas l'ensemble des facteurs de friction. La pérennité du dégel repose sur le traitement de plusieurs points d'achoppement majeurs relatifs notamment au sanctuaire algérois et l'équation sécuritaire.

Le contentieux le plus inflammable concerne la présence sur le sol algérien de figures rejetées par Bamako. La capitale algérienne abrite des cadres des factions séparatistes, perçus par les autorités de la transition comme des acteurs déstabilisateurs. Ce dossier s'est alourdi avec la structuration, depuis l'exil algérois, de la Coalition des Forces pour la République (CFR), co-initiée par l'imam Mahmoud Dicko.

En prônant un dialogue ouvert avec les groupes armés terroristes, notamment le JNIM, ainsi qu'avec les mouvements séparatistes du Nord, la CFR défend une option politique fermement condamnée par Bamako. Les griefs portés par la coalition - qui qualifie la gouvernance actuelle de gestion du chaos - constituent pour le gouvernement malien une incitation à la division et une atteinte directe aux efforts de sécurisation du territoire. Pour Bamako, le soutien tacite ou l'hébergement accordé à ces opposants équivaut à une ingérence. Pour Alger, la marge de manœuvre s'avère étroite : donner des garanties de neutralisation sans renoncer totalement à ses leviers d'influence.

 

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Commentaires (12)

User
Matt
Matt 1 mois
Le plus important, c'est que les Maliens se réconcilient et retrouvent la paix. Sans cela, le Mali ne pourra jamais progresser, bien au contraire.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 mois
La très maudite France carnivore et imperialiste est notre ennemie commune nous peuples de l'AES et de l' Algerie!
SoMali
SoMali 1 mois
Bientot tes putchistes vont retabli rles ponts avec la France. et alors tu sera le premier a dire "la benite France"
kan
kan 1 mois
Fanga s'en mange les savates ..... bon appétit . Quant à Kingui il retourne sa veste usée du matin au soir .....
Kinguiranke
Kinguiranke 1 mois
Nous sommes très heureux de voir que l' Algerie a compris la geopolitique globale et surtout que l' AES et elle n' ont qu' une ennemie commune: la très maudite France!
SoMali
SoMali 1 mois
quelle lecon alors les putchistes se succedent en algerie pour demander pardon. quelle autorite algerienne sest derandee de venir au mali.
Fanga
Fanga 1 mois
L'Algérie raciste et terroriste ne sera jamais sincère envers le Mali. / Ces "retrouvailles" avec l'Algérie seront un jour fatales au régime actuel et aux régimes de l'AES.
Nfp
Nfp 1 mois
Mais oui Fanga ! L’Algérie est "raciste et terroriste", tout comme la France est également "raciste et terroriste", tout comme la Mauritanie, le Bénin et la Côte d'Ivoire sont eux aussi "racistes et terroristes" etc. C’est bien simple : La Russie de Poutine est le SEUL pays dont tu fais les louanges et le dictateur Poutine est le seul chef d'état que tu couvres d'éloges... je serais toi, j'irais d'urgence consulter un psychiatre pour tenter de traiter ta paranoïa haineuse pathologique, et en même temps, j'irais voir également un spécialiste du foie pour traiter ton excès permanent de bile !
TankerTanker
TankerTanker 1 mois
@Fanga ,« L’Algérie raciste et terroriste »… Quelle finesse d’analyse ! Quand les arguments manquent, l’insulte devient manifestement la solution de secours. Quant à vos prédictions sur la « fatalité » qui attend l’Algérie et l’AES, gardez-les précieusement : les devins de clavier sont rarement pris au sérieux par l’Histoire. Les peuples, eux, n’ont pas besoin de vos prophéties.
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