Vernissage de l’exposition « l’Ame des signes » : Abdoulaye Konaté retrouve le Musée national après 35 ans
Trente-cinq ans après sa dernière exposition dans ce lieu hautement culturel, Abdoulaye Konaté, est de retour au Musée national du Mali. Avec «L’Âme des Signes », le maestro propose une nouvelle rencontre avec son univers artistique, au moment où l’institution veut renforcer sa présence dans la vie culturelle du pays
Le vernissage de « L’Ame des Signes » s’est déroulé en présence de trois membres du Gouvernement, dont le ministre chargé de la Culture, Mamou Daffé, de représentants du Conseil national de Transition, de diplomates, de personnalités du monde de la culture et de plusieurs acteurs du secteur culturel. Des parents, amis, connaissances voir des simples curieux ont tenus à être témoin de l’évènement. Pour l’occasion, la place réservée pour accueillir le public a refusé du monde. Prévue pour accueillir 500 chaises, l’après-midi du mardi, l’on pourrait dire que plus d’un millier de visiteurs ont pris part au vernissage.
Pourtant, au-delà du protocole, l’essentiel était peut-être dans ce retour attendu : celui d’Abdoulaye Konaté dans un musée où il avait déjà exposé il y a 35 ans.
Satisfecit du Ministre Daffé
Le ministre Daffé a fait part de sa satisfaction d’accueillir à nouveau le maestro. A ses yeux, cette exposition s’inscrit pleinement dans la dynamique de revitalisation du Musée national.
La question est simple, mais importante : comment faire revenir le public dans un musée qui possède des collections importantes, mais qui peine encore à attirer régulièrement les visiteurs ?
Le choix d’un artiste comme Abdoulaye Konaté apporte une réponse possible. Sa notoriété au Mali et à l’étranger peut contribuer à attirer des visiteurs qui ne fréquentent pas habituellement les espaces muséaux.
Le vernissage, en tout cas, a suscité un intérêt notable. Des professionnels de la culture étaient présents aux côtés de responsables institutionnels, de diplomates, de proches de l’artiste et de visiteurs venus découvrir ses œuvres.
Pour le directeur du Musée national, le véritable enjeu commence toutefois après le vernissage : transformer cette curiosité en fréquentation régulière.
Quand le tissu devient une écriture
Il faut regarder les œuvres de près pour mesurer le travail de la matière. Depuis longtemps, le textile (le basin) occupe une place centrale dans la démarche d’Abdoulaye Konaté. A ses dires, découpés, assemblés et superposés, les morceaux de tissu deviennent sous ses mains des éléments d’une composition beaucoup plus vaste.
Avec « l’Âme des signes », les couleurs attirent d’abord l’œil. Puis viennent les formes, les détails et les signes. A mesure que le regard s’attarde, l’œuvre semble livrer d’autres niveaux de lecture.
Pour l’artiste, le titre de l’exposition, n’est donc pas anodin. Les signes occupent une place importante dans cet univers où la matière porte autant de sens que la forme.
Chacun peut y voir ce qu’il veut : une référence culturelle, une mémoire, une évocation de l’histoire... « C’est aussi ce qui permet aux œuvres de dépasser la première impression visuelle ».
Revitaliser le Musée
L’exposition pose, en filigrane, une question qui dépasse le seul travail de l’artiste : quelle place donner aujourd’hui au Musée national dans la vie culturelle malienne ?
La revitalisation annoncée par le ministère de la Culture vise notamment à rapprocher davantage l’institution du public. L’exposition d’Abdoulaye Konaté va dans ce sens en créant une passerelle entre les collections du musée et la création contemporaine.
L’idée mérite d’être poursuivie. Pour paraphraser le ministre Daffé, un « musée ne devrait pas être seulement un lieu où l’on vient regarder le passé. Il doit aussi devenir un espace où le public rencontre les artistes d’aujourd’hui, échange, découvre et revient.
Le succès d’une telle démarche ne se mesurera cependant pas au nombre de personnes présentes lors d’un vernissage. Il se vérifiera dans les semaines et les mois qui suivent, lorsque les portes du musée continueront de s’ouvrir sur un public plus large.
Pour Abdoulaye Konaté, ce retour au Musée national a une résonance particulière. Trente-cinq ans ont passé depuis sa dernière exposition dans ce lieu. Entre-temps, l’artiste a poursuivi son chemin, multiplié les expériences et construit une œuvre aujourd’hui reconnue bien au-delà du Mali.
Le retrouver ici, avec « L’Âme des Signes », c’est donc aussi mesurer le chemin parcouru.
L’exposition est ouverte au public jusqu’au 30 septembre 2026.
Le rendez-vous est désormais pris avec les visiteurs. Car si le retour du maestro constitue un moment fort, le véritable défi pour le Musée national sera de faire de cette exposition le point de départ d’une relation plus régulière entre le musée et son public.
A. Sidibé