Biennale sportive 2026 : Placée sous le signe de l'unité nationale et du Mali Kura
Après trente-huit ans d'interruption, la Biennale sportive effectue son retour triomphal. Lancée officiellement par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, cette édition réunit, jusqu’au 16 août, plus de 1.800 jeunes venus de toutes les régions du pays et du District de Bamako
La cérémonie d'ouverture de la Biennale sportive Bamako 2026 s'est déroulée, le vendredi 7 août, au Palais des sports Salamatou Maïga, dans une ambiance festive marquée par la ferveur populaire, la richesse culturelle et l'esprit de cohésion nationale. L'événement était présidé par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, en présence de plusieurs ministres du Gouvernement, notamment le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, de représentants du Conseil national de la Transition (CNT) et du conseiller spécial du Président de la Transition, Aguibou Dembélé.
La cérémonie a également enregistré la présence remarquée du ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture du Niger, Sidi Mohamed Al-Mahmoud, venu témoigner de la solidarité agissante au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), des gouverneurs des 19 régions du Mali et du District de Bamako.
Le public du Palais des sports Salamatou Maïga, plein comme un œuf, a assisté à une succession de tableaux culturels et sportifs soigneusement arrangés. La soirée a débuté par le défilé ovationné des délégations des 19 régions du Mali et du District de Bamako, accompagnées de leurs djatiguis (hôtes). Ce moment a concrétisé les liens d'hospitalité et de fraternité communautaire, au son de l'Ensemble instrumental national qui interprétait le chant de chaque région à son passage. L'un des moments forts de la soirée a également été la présentation au public des 8 champions du monde de vovinam viet vo dao, fraîchement titrés lors de la Coupe du monde disputée en France. Accueillis avec les honneurs sur le parquet du Palais des sports par Daba Modibo Keïta, double champion du monde de taekwondo (2007 et 2009), ces athlètes ont reçu la vibrante ovation d'une nation reconnaissante.
La cérémonie s'est poursuivie avec l'exécution de la chanson officielle de cette édition 2026, intitulée «An ka ta», interprétée en chœur par des figures majeures de la musique malienne et internationale, notamment Abdoulaye Diabaté, Habib Koïté, Mamadou Dembélé «Dabara», Cheïck Oumar Kanté «Esco P» et Sourakata Koné «Zikiri Sourakata». Dans la foulée de cet hymne à l'unité, le public a assisté au dévoilement spectaculaire du tissu visuel officiel de la Biennale sportive Bamako 2026 avant de contempler une fresque chorégraphique majeure mettant en scène et en valeur l'ensemble des 54 fédérations sportives nationales du Mali. Cette édition marque le grand retour de la compétition après 38 ans d’interruption, la dernière ayant été couplée à la Biennale artistique, culturelle et sportive de 1988. Elle s'inscrit ainsi dans la lignée des premières éditions exclusivement sportives de Ségou (1979), Mopti (1980) et Sikasso (1983). Jusqu’16 août, 1.840 athlètes de moins de 20 ans s'affronteront dans cinq disciplines majeures : l'athlétisme (filles et garçons) le football, le basket-ball (filles et garçons), la lutte traditionnelle et les échecs.
Dans son allocution, le ministre chargé de la Jeunesse et des Sports, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a salué le retour de cet «héritage retrouvé et d’école de la citoyenneté». «À l’image du Phénix, la Biennale renaît aujourd’hui avec une ambition nouvelle : faire du sport le langage de l’unité nationale», a-t-il déclaré. Le ministre Fomba a particulièrement mis en exergue l'accueil des délégations dans les arrondissements du District de Bamako, concrétisant la philosophie ancestrale du djatiguiya : «Le djatiguiya n’est pas un protocole, c’est une philosophie. Il dit à celui qui arrive : tu n'es pas un visiteur, tu es chez toi».
Prenant la parole pour prononcer le discours d'ouverture, le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a souligné la portée hautement stratégique de cette relance : «La relance officielle de la Biennale sportive marque bien le début d'une compétition sportive. Elle symbolise la renaissance de notre engagement en faveur de la jeunesse, du vivre-ensemble, de la cohésion sociale, de la paix, de la résilience et de l'unité nationale, autant de facteurs nécessaires au processus de refondation nationale et d'édification du Mali Kura». Au nom Président de la Transition, le Général d'armée Assimi Goïta, il a prononcé : «Je déclare officiellement ouverte la biennale sportive Bamako 2026. Vive la jeunesse malienne, vive le sport au service de la paix, de la cohésion nationale et de la Confédération des États du Sahel !»
À l'issue de la cérémonie d'ouverture, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture du Niger, s'est exprimé devant la presse pour réaffirmer le soutien indéfectible des pays de la Confédération des États du Sahel. «C'est d'abord avec un plaisir renouvelé que nous participons une fois de plus ici à Bamako à cette renaissance de la biennale sportive du Mali. Après 38 ans d'attente, il était important pour nous d'être présents sur instruction de nos autorités, notamment le Général d’armée Abdourahamane Tiani, le président du Niger, et le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine», a Sidi Mohamed Al-Mahmoud. Mettant en avant l'esprit d'intégration au sein de l'espace sahélien, le ministre nigérien a ajouté : «Notre participation porte le symbole de la solidarité, de la fraternité, du brassage et de la symbiose qui existent entre les trois pays de l'AES. Chacun de nous fait l'effort d'être aux côtés de son frère pour marquer cette solidarité. Il est capital de faire renaître tous ces événements et activités délaissés par le passé pour transmettre cet héritage de cohésion aux jeunes générations». Au-delà de la quête des médailles, cette Biennale sportive s'affirme comme un espace de refondation citoyenne, de fraternité retrouvée et de célébration de la jeunesse malienne et sahélienne.
Ladji Madiheri DIABY