Candidature de Macky Sall au poste de secrétaire General de l'Onu : Revirement du Sénégal qui mobilise sa diplomatie
Diomaye Faye désavoue Ousmane Sonko et consorts
Par un communiqué de la Présidence de la République daté du 20 juillet 2026, le gouvernement sénégalais officialise son soutien à la candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Cette annonce intervient après une rencontre historique entre l'ancien chef de l'État et son successeur Bassirou Diomaye Faye au palais de Dakar, le vendredi 17 juillet 2026.
Son arrivée à Dakar, qu'il avait quitté en avril 2024, aussitôt après la cérémonie officielle de passation de service avec son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye, Son excellence Macky Sall a été accueilli par une foule immense qui rappelle ses moments de gloire lorsqu'il était encore à la tête du pays. Pour ceux qui en doutaient encore, sa popularité reste intacte.
Après l'audience marquée par un tête-à-tête au Palais présidentiel, le service de communication de la Présidence, dans un texte annonçant la tenue de cette rencontre, a mentionné que l'ancien Président Macky Sall "était venu informer, de vive voix, le Président de la République de sa candidature au poste de Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, dont le processus de sélection a été lancé le 25 novembre 2025, à New York. Il a saisi l'occasion pour faire le point sur sa candidature et solliciter le soutien de son pays".
Cette précision a son importance puisqu'elle lève une des barrières qui empêchait le Sénégal de s'intéresser ouvertement à la candidature de Macky Sall comme secrétaire général des Nations-Unies. En effet, interrogé sur la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations-Unies, le Président Bassirou Diomaye Faye avait répondu "ne pas en être informé". ce qui est désormais fait.
En plus, la dernière phrase de ce texte est très suggestive de la suite que le Président Bassirou Diomaye Faye allait donner à la requête de l'ancien Président de la République. "Au-delà des trajectoires et des convictions de chacun, cette rencontre est un symbole de la continuité de l'État et de la permanence des institutions, par-delà les alternances." Cette phrase qui sonne comme une justification anticipée d'une décision à annoncer au peuple sénégalais, révélait déjà les bonnes dispositions du Président Faye à soutenir la candidature de Macky Sall.
Ce qui sera confirmé, deux jours plus tard, par un communiqué officiel signé du ministre de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, dans lequel on peut lire : "Cette rencontre qui s'est déroulée dans un climat empreint de cordialité et de courtoisie républicaine, témoigne de l'attachement du Chef de l'Etat au dialogue, à la continuité de l'Etat et au rassemblement autour des intérêts supérieurs de la Nation.
A l'issue de la rencontre le Président de la République a décidé que le Sénégal va apporter son plein soutien à la candidature de Son Excellence Monsieur Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations-Unies."
Mieux vaut tard que jamais, dit-on souvent. En prenant cette mesure, le Président Bassirou Diomaye Faye se démarque d'une logique des faucons du parti Pastef qui voulait l'enfermer dans de l'animosité envers Macky Sall. Un fonds de commerce politique que l'ex-Premier ministre et président du Parti Pastef, Ousmane Sonko, entendait exploiter à fond. C'est dire que la visite de Macky Sall et l'annonce du soutien à lui apporter confirment la rupture entre Diomaye et Sonko. Ce dernier, naturellement ne cessera pas de tirer sur Macky Sall pour entretenir le sentiment de haine envers l'ancien président. C'est un terreau fertile à son ascension politique.
Disons-le tout net : non seulement Diomaye soutien la candidature de Macky Sall, mais il engage le Sénégal à se l'approprier. Raison pour laquelle il a donné un mot d'ordre de mobilisation de la diplomatie sénégalaise pour appuyer la campagne électorale auprès des Etats-membres de l'ONU. En effet, lit-on dans le communiqué du ministre de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères : "Le Chef de l'Etat a , en conséquence, instruit le Gouvernement et l'ensemble du réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pleinement pour mobiliser cette candidature auprès des Etats-membres des Nations-Unies".
Réaction de Macky Sall publiée sur sa page Facebook : "J'ai pris connaissance du communiqué du Ministère de l'Intégration Africaine et des Affaires Étrangères de ce 20 juillet 2026, annonçant le soutien du Sénégal à ma candidature au poste de Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Je remercie chaleureusement SEM le Président Bassirou Diomaye Faye et lui exprime ma gratitude pour cette décision qui m'honore."
Le Sénégal vient de faire un revirement de situation en ce qui concerne le cas Macky Sall. Par ce biais, le Président Bassirou Diomaye a redoré son blason. D'ailleurs d'aucuns disent que cette attitude envers Macky Sall a beaucoup contribué à son choix par ses pairs comme président de la Conférence des Chefs d'Etat de la Cédéao. Cette désignation aurait constitué une grosse aberration, si le Sénégal n'avait pas finalement décidé de changer de posture vis-à-vis de Macky Sall qui jouit toujours d'une popularité remarquable dans beaucoup de pays africains et au Sénégal où l'accueil à lui réservé pendant cette visite du 17 juillet à Dakar en est une parfaite illustration. Par ailleurs, le Sénégal vient d'échapper à une éventuelle humiliation. Imaginons que Macky Sall parvienne à être élu au poste de secrétaire général des Nations-Unies sans le soutien du Sénégal. Une situation cocasse pour la diplomatie sénégalaise !
Ousmane Sonko a beau vouloir charger Macky Sall d'être l'auteur de tous les malheurs du Sénégal, l'ancien Président de la République du Sénégal, adulé à l'Extérieur, continue de bénéficier de soutiens et pas des moindres : les Grands des Nations-Unies, jusqu'à présent, n'ont posé aucune entrave à son parcours durant cette campagne mondiale qu'il est en train de mener. Bien au contraire ! Des actions de sympathie, d'encouragement et de soutien, Macky Sall en reçoit tous les jours et de toutes parts dans le monde. Considéré comme l'un des grands démocrates du continent, ce témoignage est confirmé par de nombreuses universités et organisations internationales qui lui ont décerné des titres élogieux.
D'ailleurs, la veille de sa visite au Sénégal, pendant qu'il était reçu par le président gambien Barrow (jeudi 16 juillet 2026), le Groupe Afrique Émergence Communication (GAEC) de Mohamed N'da et l'Institut conservatoire des sciences de gestion (ICSG) d'Honoré Siaba lui décernaient, à Abidjan, deux distinctions majeures. Il s'agit d'un double sacre.
Empêché par un agenda chargé, Macky Sall s'est fait représenter par l'un de ses fidèles lieutenants, l'ancien Premier ministre Me Sidiki Kaba. Ce dernier a successivement reçu la toge de l'ICSG élevant l'ancien chef de l'État au grade de Docteur honoris causa, ainsi qu'un diplôme d'honneur symbolisant le Prix africain de la promotion de l'alternance démocratique et constitutionnelle.
Il faut signaler que l'ancien président du Sénégal, Macky Sall, a reçu plusieurs titres de docteur honoris causa de prestigieuses institutions académiques mondiales en reconnaissance de son parcours d'ingénieur, de son engagement panafricain et de son leadership d'État. Voici quelques-unes de ses distinctions honorifiques les plus marquantes :
- Conservatoire National des Arts et Métiers (France) : Distingué en décembre 2016 lors d'une visite d'État, récompensant son brillant parcours en pétrochimie et son rôle d'homme d'État.
- Université d'Abomey-Calavi (Bénin) : Remis en novembre 2013 pour son parcours exemplaire d'ingénieur géologue et ses accomplissements politiques.
- Université nationale de Pukyong (Corée du Sud) : Décerné en juin 2015 en reconnaissance de sa vision et de ses actions pour le développement.
- Swiss UMEF University (Suisse) : Titre honorifique soulignant son apport à la gouvernance et à la diplomatie internationale.
- Geneva School of Diplomacy and International Relations (Suisse) : Remis en mars 2017 pour son engagement diplomatique.
Avec tout cela, comment le Sénégal pouvait-il adopter une posture de rejet ou de négation de la candidature au poste de secrétaire général des Nations-Unies d'un homme d'Etat au parcours si élogieux aussi bien par son rayonnement à l'Extérieur que dans sa gestion du Sénégal, notamment avec des avancées démocratiques et institutionnelles et des réalisations d'équipements et infrastructures futuristes dont il peut valablement se prévaloir dans son bilan !
A.B.N