Intervention militaire dans le nord : Que décidera le conseil de sécurité ?

20 Déc 2012 - 08:50
Mis à jour: 14 ans
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La décision du conseil de sécurité concernant une intervention militaire dans le nord du Mali est très attendue cette semaine. Tous les esprits sont tournés vers New York et espèrent une réponse favorable à la requête malienne. La guerre de libération du nord du Mali aura-t-elle lieu de sitôt ? C’est la question qui taraude aujourd’hui les esprits, ici même au Mali, et sans doute chez les amis et partenaires de ce pays dont le septentrion est entièrement occupé depuis avril dernier par des groupes armés, terroristes, islamistes et narcotrafiquants. Les uns et les autres seront fixés dans quelques heures. En effet, c’est aujourd’hui, à New York, que le Conseil de sécurité de l’Onu doit en principe se prononcer sur le concept d’opération harmonisée et conjointe dans le nord. Fruit des états-majors du Mali et des autres pays de la Cédéao, le document a été approuvé et validé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui l’a transmis à l’organisation mondiale. Si, pour une fois, le concept est suffisamment clair et concis, il n’est pas sûr néanmoins qu’il aura l’aval des Nations unies, du moins en ce qui concerne une exécution immédiate, option à laquelle les Etats-Unis et le secrétaire général de l’Onu semblent opposés. L’administration Obama ne s’en cache pas, elle exige des élections générales au Mali, notamment un président démocratiquement élu, qui donneraient plus de légalité et de légitimité aux organes de la transition. Récemment, Ban Ki-Moon non plus n’a pas caché ses réserves sur une intervention « hasardeuse et dangereuse » pour la stabilité des pays du champ. Une réserve qui lui semble être dictée par son représentant en Afrique de l’Ouest, l’Algérien Saïd Djinit, dont certains compatriotes ne veulent pas d’un nord malien occupé par les forces armées et de sécurité malienne. Se situant aux antipodes de ces réserves, le nouveau Premier ministre malien, Diango Cissoko, a déclaré, mardi 18 décembre sur les ondes de Rfi, qu’il n’est pas question d’organiser des élections sans la participation effective des populations des grandes villes du nord. Pour lui, tenir ces scrutins sur un quart du territoire national reviendrait à cautionner la partition de fait du pays. Avant lui, la présidente de la commission de l’Union africaine avait tenu les mêmes propos avant d’aopter un silence radio.  Le président français, François Hollande, pour sa part, ne parle pas d’élections mais défend fortement le concept d’opération harmonisée et conjointe, notamment auprès de ses pairs de l’Union européenne. Mais, tout semble indiquer, qu’il veut, de même que le médiateur burkinabé dans la crise malienne, une intervention conjointe des forces africaines avec les groupes touaregs rebelle, Mnla, et terroriste, Ansar Eddine, honnis par les populations maliennes. Comment Diango Cissoko va-t-il faire pour reconquérir le nord avant d’organiser des élections sur l’ensemble du territoire national ? Un pays exsangue Sorti depuis peu du handicap des sanctions imposées par la Cédéao et la communauté internationale, son pays est exsangue. Les activités économiques tournent au ralenti et, effectivement, le Mali souffre d’un manque de représentativité sur le plan international et d’une instabilité institutionnelle. A l’heure actuelle, personne ne sait qui a la réalité du pouvoir même si une des trois têtes de l’étrange animal qu’est le Mali (hippopotame en bambara) est tombée le 11 décembre dernier. Même si également, un gouvernement dit d’union nationale a été formé dans la foulée, avec seulement six nouveaux entrants. Avec un Premier ministre démis et un nouveau gouvernement formé dans les circonstances qu’on sait, un président de la République par intérim sans légitimité ni légalité manquant d’autorité, une junte militaire qui a du mal à se retirer de la scène politique, Diango Cissoko pourra-t-il contraindre les Etats-Unis et l’Onu à diligenter une intervention armée dans le nord ? La tâche parait bien compliquée pour le Premier ministre, le dernier mot revenant toujours à ceux qui se prennent pour les gendarmes du monde. Et au niveau du conseil de sécurité, ce sont eux qui ont la réalité du pouvoir. Les autorités feraient mieux alors de reprendre la souveraineté diplomatique et politique transférée à l’extérieur pour une offensive internationale. Sans cela, il faut le dire, le nord n’est pas près de sortir du tunnel obscurantiste où l’ont plongé les terroristes, jihadistes, narcotrafiquants et indépendantistes. Cheick Tandina

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Commentaires (10)

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Emoo
Emoo 14 ans
Sacree ONU… Elle supporte bizarrement d’un coté la rébellion et les Islamistes Ansar Dine responsables de crimes odieux de tout genre y compris des violations massives des droits de l’homme pendant neuf longs mois au nord du Mali et condamne ouvertement avec force détails,celle de la Centrafrique… Mobutu a été condamné, combattu et renversé pour avoir tué selon eux toujours 10 étudiants, mais au Mali des centaines de personnes sont tuées, amputées, violées, agressées, refugiées sans émouvoir le petit machin de Manhattan… C’est quoi la logique…?????? Allez comprendre…. Maliens reveillez vous et ouvrez bien les yeux… car la situation est grave, le message clair….
vrannnnnnn
vrannnnnnn 14 ans
un président qui n'est ni légitime,ni légale? je vous en prie monsieur Tandina j'espérais moins de partialité de votre part.Qu'on le veuille ou pas il n'ya rien de plus légitime que dioncouda dans ce régime d'exception
frafi
frafi 14 ans
je sui tre tre content reaction de l uoni
Toufan
Toufan 14 ans
Ne comptons pas sur l'ONU pour faire cette guerre. C'est d'abord le Mali dans son ensemble qui doit se soucier de problème mais hélas on est plus préoccupé par des affaires personnelles que la récupération totale du pays.
je suis de ton avis le frère Kassim. Tout porte à croire qu'il n'y aura pas d'aides militaires etrangers avant le retour total à l'ordre constituionnel, c'est à dire des elections conduisant à l'election d'un nouveau président qui devra gerer cette crise, a moins que sanogo et sa racaille ne fassent mouvement sur le nord. Or ceci leur est impossible car ils n'ont ni la volonté, ni l'engagement, ni l'envie, ni la determination, ni la connaissance militaire pour ce faire. Ils ne pourront meme pas s'appuyer sur un soutien politique, car je vois mal Dioncounda et Django, meme asservi et tenus en joug par cette racaille militaire de kati, donner leur caution à cela. Un second putch est en cours, celui qui sonnera le glas de sanogo et sa bande et permettra au mali de sortir de cette crise , car comme tu le dis si bien: on ne peut pas sauver cette racaille de Kati et sauver le Mali.
Kassin 14 ans
Les cadeaux et le chaos Frappé par une crise violente et multiforme, le Mali peine depuis 9 mois à trouver une solution pour sortir la tête de l'eau. Le nord est occupé et la gouvernance du pays est erratique, instable, douteuse et inefficace. Le pays est suspendu aux désidératas de la communauté internationale, de ses voisins encombrants ou inquiets, des hors la loi qui ont élu domicile au nord et des querelles de chiffonniers qui rendent sa gouvernance chaotique. Pour vous situer dans l'échelle de l'avancement dans la résolution de cette crise malienne , imaginez un vaste chantier d'un bâtiment à dix étages, après neuf mois de travaux nous, sommes toujours au niveau des travaux de fondation. Pourquoi un tel enlisement, pourquoi tant de retard, pourquoi tant d'hésitations, pourquoi tant de questionnements pour délivrer une population prise au piège de l'obscurantisme au nord et de l'irresponsabilité au sud? Qui est le facteur de déblocage? Qui bloque quoi pour que le Mali ne recouvre pas sa souveraineté et son intégrité territoriale? La mobilisation de la communauté internationale est telle contre productive pour le Mali ou c'est le Mali lui même qui porte en lui le germe de son autodestruction programmée? Pour répondre à ces questions à apparence simples mais qui peuvent s'avérer compliquées à répondre, nous devrons poser les postulats de base des relations internationales, des relations humaines, pour identifier les mécanismes qui soutendent le fonctionnement d'un état africain comme le Mali, la mentalité de ses habitants, la qualité de sa gouvernance et sa coopération avec le reste du monde. La compréhension de ces phénomènes nous permettra de comprendre pourquoi le pays est vulnérable face aux chocs externes et internes et pourquoi il peine à se défaire de cette crise. Rassurez vous mes amis j'essaierai d'être bref sinon un développement normal de ces sujets pourrait remplir des volumes et dépasserait largement le cadre d'un article de presse. Les relations internationales sont régies par un jeu complexe d'intérêts qui s'apparente au Poker. Dans leurs relations les nations agissent par intérêt plutôt que par amitié. Mais il y a plusieurs sortes d'intérêt (financier, stratégique, culturel, moraux...) Cela dit la communauté internationale agit par intérêt mais celui ci n'est pas forcément financier et il faut analyser cas par cas pour identifier la nature des intérêts en jeu dans chaque agissement à telle ou telle partie du globe. Les relations humaines se fondent aussi sur des jeux d'intérêt mais puisent leurs caractéristiques essentielles dans le rapport de forces. L'homme depuis la nuit des temps a tendance à s'imposer sur plus faible que lui pour exister ou pour mieux exister. Ça ne date pas d'aujourd'hui et ce n'est pas prêt de terminer maintenant. Au Mali les mentalités, les pratiques et les comportements dans la société ont contribué durant les 40 dernières années à produire plus de gens faibles que de gens forts (absence de scolarisation, pauvreté, chômage massif, condition de travail rudimentaires et très peu génératrices de revenus, santé précaire, espoirs brisés...) Nous vivons dans une société qui ne permet pas très bien la mobilité sociale (le fils de pauvre a 80% de chance de rester pauvre alors que le fils de "riche" a 80% de chance de rester "riche"). [excusez moi les guillemets car pour moi il n'y a pas de riche au Mali, conviction personnelle qui n'engage que moi]. Dans ces conditions, le facteur clé du succès pour un individu au Mali actuellement, c'est de s'approprier illégalement les biens publics au détriment de la morale, de la dignité, de la probité et des toutes les valeurs connues dans la société. Et bien entendu tout le monde ne peut pas accéder aux biens publics dans un pays pauvre avec une forte croissance d'une population majoritairement jeune. Donc forcément un océan de désolation se dresse devant les autorités du pays et les urgences sociales sont multipliées par cent par rapport à la normale. Dans cette situation il n'y a pas, malheureusement, une gouvernance efficace, juste et responsable pour répondre au aspirations des peuples. Trop de bruits circulent, Moussa, Alpha, ATT, Dioncounda... Mais, la réalité est que le Mali jamais eu une gouvernance responsable mis à part le régime de Modibo Keita qui savait ce qu'il faisait, tous les autres naviguent ou ont navigué à vue si jamais ils ne dormaient pas dans le bateau. Dans cette gouvernance du sommeil profond et insouciant, les actifs et le patrimoine du pays n'ont jamais été sauvegardés contre les chocs externes et internes au pays, les forces néfastes et les mauvaises pratiques. La coopération avec les pays voisins et même la coopération tout court, a été inscrite dans un registre d'état faible qui cherche de manière permanente et systématique des faveurs et de l'assistance sans jamais mettre en avant les indispensables intérêts du Ma
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