La tension monte à Ménaka : « Si le GATIA quitte ici, nous prenons nos bagages et le suivons ! »

09 Juin 2015 - 10:41
Mis à jour: 11 ans
19
[caption id="attachment_937542" align="alignleft" width="320"]Marche à Ménaka Marche à Ménaka[/caption] En signant le vendredi dernier un document dont la mise en œuvre des dispositions consiste à retirer les mouvements de la plateforme de la ville de Ménaka, médiation élargie et gouvernement malien semblent avoir raté la cible: la population refuse le départ du Gatia, et de Ménaka, la contestation s’étend à jusqu’à Gao (chef lieu de la région). MALIWEB.NET/ Textuellement, un délai de 72 heures dans lesquelles les mouvements de la plateforme, sous la houlette de la mission onusienne, devraient se retirer Ménaka qu’ils avaient prise dans l’improvisation, à la suite d’une provocation  venant de la CMA. Ce jour, la CMA qui tenait Ménaka avait cru bon d’étendre ses positions vers le sud et l’ouest. Cela sans faire attention à la présence des troupes du Gatia dans la zone. En progressant vers le sud-ouest, les combattants de la CMA se retrouvent à Inazolt, à 40 km au sud-ouest Ménaka. Ici, se trouvait le Gatia depuis le cessez-le-feu du 24 Mai 2014. C’est la goutte d’eau qui a fait renverser le vase. Alors dans l’obligation de riposter pour ne pas être vaincus, Gatia et alliés sont parvenus  à repousser l’ennemi jusqu’à Ménaka et à le poursuivre jusqu’à l’extrême nord. Depuis, ils occupent les positions alors prises par les rebelles avant leur fuite. Agacés pour avoir subi une déculottée, les combattants de la coordination des mouvements de Kidal remuent ciel et terre pour expulser le Gatia de Ménaka. Ainsi, au bout de plusieurs semaines de tension dans le but d’occuper Ménaka, mnla et alliés ont fini par passer à la voie diplomatique. Ils ont ainsi obtenu un arrangement, mais qui tarde produire effet. Après avoir refusé de signer l’accord d’Alger le 15 mai dernier à Bamako, la CMA qui s’est réjouie d’un arrangement à Alger ce vendredi, a promis de signer l’accord le 20 juin prochain à Bamako. En échange, que les mouvements de la plateforme quittent Ménaka et que l’armée malienne reparte à sa position antérieure du cessez-le-feu du 24 Mai 2014(cantonnement). ‘’La mise en œuvre des modalités techniques et opérationnelles relatives à la situation de Ménaka doit être achevé dans un délai ne dépassant pas 72 heures suivant la signature du présent accord’’, est la disposition finale du document appelé « Arrangements sécuritaires pour une cessation d’hostilités ». Autrement, le retrait du Gatia de la ville de Ménaka devrait être effectué dans un délai de trois jours, à compter de la date de signature. Ce qui, scrupuleusement convenait à hier lundi 8 juin au plus tard. Mais, le refus des mouvements de la plateforme à dialoguer sur la question, exclue toute chance pour la Minusma à pouvoir mettre en œuvre le document de la médiation élargie. En plus, à Ménaka où le réseau téléphone était coupé au moment de la signature du document, c’est toute la population qui se mobilise pour soutenir le Gatia. Pour preuve, le dimanche et le lundi, deux marches de protestation ont été tenues par des milliers de personnes. Ce mardi également, une marché sera tenue à Ménaka et même à Gao afin de soutenir le maintien des mouvements de la plateforme à Ménaka, ainsi que l’armée malienne. Joints par téléphone, les habitants de Ménaka et de Gao s’expriment : « Nous avons marché le dimanche et le lundi pour soutenir le Gatia. Ce matin aussi nous allons marcher. Nous rejetons le retrait du Gatia de Ménaka car nous nous sentons bien en sécurité avec lui et l’armée malienne. Le gouvernement nous a déçus en signant ce torchon que nous avons reçu et multiplié en distribuant les copies à la population.», nous a confié un organisateur de la marche dans l’anonymat. « Où est-ce qu’on voudrait que le Gatia aille, alors que ses combattants sont originaires de la ville de Ménaka ?, s’’interroge un fonctionnaire malien en poste à Gao. La plupart d’entre eux ont leurs parents à Ménaka, et ils préfèrent y mourir que de quitter pour les abandonner à la proie de leurs ennemis jurés. Et pendant ce temps, la CMA occupe Kidal parce que ressortissante, à Ménaka, on veut expulser les enfants de la ville pour plaire à ceux d’un autre coin : c’est seulement au Mali qu’on voit de telles absurdités ! » « Ecoutez : si la Gatia quitte ici, nous prenons nos bagages et le suivons, comme ça, la Minusma va sécuriser Ménaka inhabitée, a commenté un autre autochtone. En plus, je ne vois aucun intérêt particulier nécessitant le départ du Gatia de Ménaka. Par contre, en y restant ses combattants sécurisent leur parents, ce qui est d’ailleurs l’objet même de l’existence de leur groupe que nous soutiendrons jusqu’au bout !» Désormais, c’est le bras de fer : la Minusma a devant elle, les habitants de Ménaka opposés au retrait du Gatia de la ville. En face, la CMA qui promet de signer ce 20 juin, si et seulement si le document est mis en application, observe la médiation d’un œil de lynx. Affaire à suivre…   Issiaka M Tamboura/ maliweb.net

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (19)

User
Moriba Diallo
Moriba Diallo 11 ans
C'est la faut de votre président maudit qui fait que de voyage j l haï
Sikasso
Sikasso 11 ans
La jeunesse de bko doit monte a menaka pour soutenir la population sur place
fadjal
fadjal 11 ans
Témoignage des familles des victimes relatif à l’exécution de six personnes à Tin-Hamma, le 21 mai 2015, par les Forces armées maliennes (FAMA) et la milice GATIA. Contexte En janvier 2015, des éléments de la milice GATIA ont voulu créer une base à Tin-Hamma (Cercle d’Ansongo - Région de Gao). Sachant que les populations locales ne seraient pas favorables à leur dessein, la base fut d’abord établie à Tikanéssiténe, un site d’exploitation de manganèse, à environ 18 Km de Tin-Hamma, puis à Tahaghla , à quelques 7 Km de Tin-Hamma. Des personnalités du GATIA, dont le général Elhadj Ag Gamou et Fahad Ag Almahmoud ont fait le déplacement pour établir la base (vidéo disponible). Le 16 avril 2015, un convoi de vingt-six véhicules du GATIA, sous le commandement de Abdorrahmane, un chef militaire du GATIA, est arrivé à Tin-Hamma. Toute la population de la communauté Kel Essouk de Tin-Hamma (jeunes, adultes, vieux, leaders religieux et communautaires) fut convoquée en réunion et sommée d’adhérer au GATIA. Les Kel Essouk, connus pour leur pacifisme, refusèrent d’adhérer au GATIA. Malgré ce refus, une base du GATIA fut installée quelques jours plus tard dans le village même de Tin-Hamma. Des personnes, essentiellement issues de la communauté Idourfane, adhérèrent au GATIA. Des hommes Peulhs, s’identifiant comme membres du Ganda-izo, ont été vus aussi dans la localité de Tin-Hamma, cohabitant avec le GATIA. Au mois d’avril 2015, des responsables politiques du GATIA dont Azaz Ag Loudagdag (président d’honneur du GATIA) et Fahad ag Almahmoud (secrétaire Général du GATIA) ont visité différents sites de la commune de Tin-Hamma sans venir au chef-lieu de la commune. Ils ont tenu plusieurs rencontres avec des responsables de la communauté Idourfane, notamment à Tahaghla. Le mardi 19 mai 2015, Hamad-Baye Ag Amouzer, chef militaire du GATIA de la communauté Idourfane de Tin-Hamma, accompagné de Souleymane Ag Daoud dit "Handina" et Anoghmane Ag Almahmoud, combattants du GATIA, se sont rendus au domicile de Mohamed-Iknane Ag Mahmoud, directeur du second cycle de Tin-Hamma et membre de la communauté Kel Essouk et lui ont dit qu’ils voulaient organiser une réunion avec tous les jeunes de la communauté Kel Essouk en un endroit isolé. Il leur a répondu qu’une campagne de distribution de vivres par l’ONG ACF Espagne était en cours et occupait plusieurs de ces jeunes. Moussa Ag Mohamedoune, agent humanitaire de ACF, était en mission à Tin-Hamma pour cette distribution de vivres. Le mercredi 20 mai 2015, vers 8 heures du matin, des combattants de la CMA ont attaqué les positions du GATIA et du Ganda-izo à Tin-Hamma. Triste bilan : trois morts dont un combattant de Ganda-izo et deux civils (un homme et une femme). Vers 14 heures, les combattants de la CMA se retirèrent de Tin-Hamma, emmenant avec eux des prisonniers dont le chef politique de la base GATIA de Tin-Hamma, dénommé Saye Ag Ahmad, de la communauté Imghad, et des combattants issus de la communauté Idourfane. Ces personnes furent libérées, peu après, à 5 km au nord-est de Tin-Hamma. Dans la même journée du 20 mai 2015, vers 17 heures, après le départ des combattants de la CMA, un convoi de onze véhicules de l’armée malienne est arrivé d’Ansongo. Il comprenait des combattants du GATIA chassés de Tin-Hamma par l’attaque de la CMA. Tous les hommes de "teint clair" du village, vus par l’armée, furent réunis et cinq d’entre eux furent arrêtés. Il s’agit de : - Mohamed-Iknane Ag Mahmoud, directeur de l’école du second cycle de Tin-Hamma, Kel Essouk, - Hayballa Ag Babahmed, agent au centre de santé communautaire de Tin-Hamma, Idnanes,  - Lamana Ould Ghabidine, commerçant à Tin-Hamma, Arabe,  - Mhaymid Ould Ahmad, commerçant à Tin Hamma, Arabe,  - Almouner Ag Hamadou, commerçant de pièces détachées de motos, Dawsahak. Les deux Arabes, Lamana Ould Ghabidine et Mhaymid Ould Ahmad, furent relâchés par l’armée malienne le même jour au petit soir. Le commandant de cette unité armée malienne-GATIA, le commandant Mohamed Ag Oulamine dit "Idari", de la communauté Imghad, exigea de Mohamed-Iknane Ag Mahmoud de faire deux enregistrements vidéo des messages dictés : - un premier enregistrement en langue tamasheq, devant un véhicule avec le drapeau du GATIA, faisant dire à Mohamed-Iknane Ag Mahmoud que toute la population de Tin-Hamma remercie le GATIA, adhère à ses idéaux et l’assure de son soutien constant. - un deuxième enregistrement, en français, devant un véhicule des FAMA (Forces armées maliennes), faisant dire à Mohamed-Iknane Ag Mahmoud que c’est grâce à l’armée malienne que la CMA a été chassée de Tin-Hamma et que les populations de Tin-Hamma sont reconnaissantes aux Forces armées maliennes. Les deux enregistrements ont été effectués par Mohamed-Oulamene Ag Ousmane dit "Ilbak", un Lieutenant des Forces armées maliennes, détaché auprès du GATIA depuis son installation à Tin-Hamma en avril 2015. Après ces enregistrements, le commandant des FAMA, le commandant
sinzani
sinzani 11 ans
Un recit bien detaille,avez vous de semblables recits des attrocites commisent par la CMA?Je pense bien que oui,alors s'il vous plait ayez l'amabilite et l'impartialite de les publier ici afin que les lecteurs soient convaincu de votre honnetete.
Diguiga
Diguiga 11 ans
Je ne comprend pas ce qui prend les journalistes maliens, ils écrivent des articles tendancieux, ils développent des thèses qui ne relèvent que de leur resentiment et veulent faire passer cela comme de l'information. Je remarque depuis un certain temps que le journalisme était en train de perdre son âme sur le site de maliweb. Des articles écrit selon la version d'une seule tendance, cherchent à manipuler la population, développer une haine vis à vis de l autre. La milice GATIA est en réalité un montage du gouvernement, si elle est plus efficace que l'armée malienne pourquoi ne pas lui donner un statut de l'armée nationale??? Un etat ne pourrait jamais être sauve par une milice!!! Les milices finissent toujours par se retourner contre leur promoteur!! Nous sommes à ce stade de l'évolution des accointances et des complicités . Le Mali d'ibk s'en est fini et les maliens sont en train de laisser faire avec la complicité des journalistes qui rapportent la mauvaise information. Vous allez payer cher votre complicité avec les milices et un pouvoir mafieux.
Abdourazack Sekou
Abdourazack Sekou 11 ans
Population de Menaka nous a vos cotes et nous vous soutenons.Montrez au monde entier que vous etes avec vos freres du GATIA.Quelle arrangement securitaire;on en a pas besoin nos freres du Gatia pour assurer la securite de la population.Soyez les dignes heritiers de Soni ,d'Askia et de Fihroun.Peuple du Mali reveille toi car c'est de la maniere que cette communaute internationale a procede a la partition du Soudan.Mettons nos querelles politiques de cote et unissions nous pour l'unite nationale.Oui a la paix mais non a la liquidation de nos populations.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (138)
  • Nfp (61)
  • Kankan (40)
  • Citoyen du monde (36)
  • Sylla (22)