Tribune des Nations Unies : Abdoulaye Diop appelle la communauté internationale « ne peut garder un silence coupable face aux agressions de l’Ukraine au Sahel »
Pour la deuxième année consécutive, le Mali dénonce à la tribune des Nations Unies le soutien de l’Ukraine à des groupes armés opérant au Sahel.
À New York, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a appelé la communauté internationale, particulièrement l’Afrique, à ne pas garder le silence face à ce qu’il présente comme une ingérence ukrainienne dans les affaires du Sahel.
Une large partie du discours prononcé à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a été consacrée aux questions sécuritaires au Sahel et aux accusations portées par Bamako contre Kiev. Le chef de la diplomatie malienne a rappelé les déclarations faites par l’Ukraine en 2024 concernant son soutien à des groupes armés opérant dans la région. Selon lui, cette position aurait depuis été réaffirmée au plus haut niveau de l’État ukrainien. « Après les premières déclarations de l’Ukraine, qui dès 2024 assumait son soutien aux groupes terroristes opérant au Sahel, ce pays a réitéré publiquement, au sommet de l’État, son ingérence en Afrique », a-t-il déclaré.
Le ministre affirme également que d’autres sources, qu’il qualifie d’indépendantes, viendraient corroborer les accusations formulées par Bamako. Il va plus loin en affirmant que « l’Ukraine apporte un appui clair et assumé à des groupes terroristes et à d’autres groupes mafieux pour porter atteinte à l’intégrité territoriale d’un autre pays ». Face à cette situation, le Mali appelle la communauté internationale à réagir. « Face à l’histoire, la communauté internationale, particulièrement l’Afrique, ne peut continuer à garder un silence coupable face aux agissements de l’Ukraine aux conséquences énormes », a-t-il lancé. Dans la même logique, il estime que l’Ukraine ne représenterait qu’une partie d’un phénomène plus large de déstabilisation. « L’Ukraine n’est que la partie visible de l’iceberg de la déstabilisation de nos pays », a-t-il soutenu.
« Il n’y a pas de bon ou de mauvais terroriste »
Le discours a également été marqué par un appel à une approche globale de la lutte contre le terrorisme. Pour Bamako, le phénomène ne se limite pas à sa dimension militaire, mais comporte également des dimensions économiques et médiatiques. Les attaques complexes et coordonnées des 25 avril et 4 juillet 2026 dans plusieurs localités du Mali sont ainsi présentées comme les signes d’une « connexion dangereuse ». Sur le traitement du phénomène terroriste, le ministre a défendu une position sans distinction entre les groupes. « Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, il n’y a pas de bon ou de mauvais terroristes », a-t-il affirmé.
Il a également réitéré la condamnation du Mali contre « le terrorisme international et ses sponsors étatiques étrangers ». Au-delà de la question ukrainienne, le discours a porté sur plusieurs sujets liés au fonctionnement du système international. Le Mali a notamment dénoncé l’application sélective du droit international, le « deux poids, deux mesures », le recours abusif à la force ainsi que les politiques d’hégémonie et de domination. Selon le ministre, ces pratiques ont contribué à éroder la confiance dans les institutions internationales, y compris les Nations Unies. Il a également déploré la lenteur de l’Organisation à anticiper certaines crises, l’obligeant, selon lui, à intervenir après coup comme observatrice des conflits qui secouent le monde, notamment au Sahel.
La question des mesures coercitives unilatérales a également été abordée. Bamako appelle à leur levée, tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue. « Nous n’avons pas d’injonction à recevoir. Nous attendons plutôt une collaboration et un partenariat sain et sincère dans le respect mutuel », a déclaré le ministre. Il a également rappelé la position du gouvernement malien sur la recherche d’une issue au conflit : « L’État garde la main tendue à tous ceux qui sont prêts à déposer les armes.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net
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