Décédé le 19 novembre 2025 à l'hôpital du Mali : Le procureur Idrissa Hamidou Touré rend hommage au défunt procureur Idrissa Arizo Maïga
Décédé le 19 novembre 2025 à 1 h 30 du matin à l'Hôpital du Mali, le procureur Idrissa Arizo Maïga a bénéficié des témoignages de plusieurs personnalités dont le procureur Idrissa Hamidou Touré actuel procureur de la Commune IV qui a salué le parcours professionnel de l'homme qu'il considère comme l'un des plus grands parquetiers du Mali et le Mozart de la procédure.
Aperçu liminaire sur le parcours professionnel d'un procureur atypique :
Dans la magistrature malienne, il y a un peu de tout, tant les approches pour faire carrière sont différentes. On y rencontre des légitimistes, obéissant à l'œil et au doigt de la hiérarchie sans se soucier à l'excès des directives ou instructions données ; l'essentiel étant pour eux de garder poste et de paraitre magistrat docile pour obtenir des responsabilités encore plus élevées, qu'ils se savent pourtant incompétents à assumer.
Ces carriéristes ne répondent souvent pas à l'appel de l'excellence, du travail bien fait et du résultat, mais ils font carrière et des plus enviables. Cette culture de la soumission récompensée séduit beaucoup, au point qu'ils ne sont pas nombreux à dire respectueusement non, je ne réponds pas à tel critère pour occuper le poste que l'on me propose.
Ceci étant, ne parlons davantage de cette race de magistrats qui confondent leurs ministères à leurs personnes, et dont les pratiques professionnelles rougissent quotidiennement le front de dame justice et apeurent les justiciables.
Parlons plutôt, de la petite minorité silencieuse, compétente, intègre et humble ; celle qui ne court poste mais qui s'impose naturellement à la hiérarchie. Ces Mozart de procédures en tout genre, convaincus que la justice plus qu'une institution est un idéal difficile à atteindre, font exemples pour nous jeunes, tant ils font honneur à la robe. C'est à cette race de magistrats qu'appartient un certain Idrissa Arizo Maïga. Au-dessus de la cinquantaine, ce procureur atypique, débuta sa carrière en 1987 à Ségou, substitut du procureur de la République. Depuis, il fit quelques tours du Mali, 25 ans sur 30 à l'intérieur du pays.
Juge de paix à compétence étendue par trois (3) juridictions (Kati-Ténenkou-Niono) ; procureur de la République par quatre (4) de suite (Tribunaux de grande instance de : la Commune VI, Sikasso, Mopti et Kayes) et procureur anti-corruption par deux (Mopti et Kayes) avant d'être nommé en 2012 avocat général près la Cour d'appel de Bamako. Il restera à ce poste jusqu'à sa nomination en 2014 procureur général près la Cour d'appel de Kayes.
A force de pratiques professionnelles et d'expériences accumulées, cet homme a fini par s'imposer comme l'un des meilleurs parquetiers au Mali. Un procureur qui sait aller à l'essentiel, toujours mesuré tant dans le verbe que dans les actes ; un homme en quête perpétuelle du juste équilibre.
Le désormais procureur général près la Cour d'appel de Bamako est un homme qui sait tenir compte du particularisme local sans pour autant passer son temps à ménager les susceptibilités de sa hiérarchie. N'est-ce pas là, ce qu'attend la loi de tout procureur !!! Manifester, sans témérité, une certaine indépendance d'esprit, de façon à inscrire ses actes dans le seul intérêt du justiciable. A l'heure où la justice semble être l'institution mal aimée de la République, et où nombreux sont ceux dans ce pays, qui fuient leurs responsabilités pour s'en débarrasser sur nous magistrats, puisse Dieu aider "Arizo" et autres vertueux à réparer ou à faire réparer les torts causés, en vue de la consolidation de notre Etat de droit. Amen !!! Dors en paix PG !
Par Idrissa Hamidou Touré
Juge de paix à compétence étendue de Bafoulabé