« Le handicap n'est pas une fatalité » : le plaidoyer des acteurs sociaux à Bamako
La Direction nationale du développement social, en collaboration avec l’UNICEF et la coopération allemande à travers la GIZ, a organisé un café de presse le jeudi 3 septembre à Bamako sur le thème : « L’institutionnalisation du handicap dans les politiques publiques »
La cérémonie d’ouverture était présidée par le directeur national du développement social, Ibrahim Aba, en présence des représentants de l’UNICEF et de la GIZ.
Financé par l’UNICEF, ce café de presse s’inscrit en prélude au séminaire national de haut niveau sur le développement urbain inclusif et résilient. À travers la presse, l’objectif de cette rencontre était de sensibiliser et de mobiliser les décideurs publics, les collectivités territoriales du Mali ainsi que les partenaires techniques et financiers autour de l’intégration systématique des personnes vivant avec un handicap dans les politiques publiques.
Le thème : « L’institutionnalisation du handicap dans les politiques publiques » a été débattu dans un panel animé par Dr Barthélemy Sangara du ministère de l’Éducation nationale, à Modibo Diarra de la Fédération malienne des personnes handicapées (FEMAPH), à Cheick Oumar Cissé de la FELOPH et à Mamadou Thiam du Réseau des jeunes handicapés du Mali. Les panelistes ont mis l’accent sur la prise en compte du handicap dans les politiques nationales. « Cela ne peut toutefois se faire sans de bonnes statistiques », a rappelé le directeur national du développement social, Ibrahim Aba.
Pour les intervenants, le handicap n’est pas une fatalité. Dr Barthélemy Sangara a pointé du doigt les considérations socioculturelles qui favorisent le handicap : « C’est le regard de l’autre qui fait que la personne est handicapée ». Partant du principe que nous sommes tous des handicapés potentiels, le Dr Sangara a appelé à une meilleure compréhension de la situation. Pour cela, il a préconisé un changement de paradigme et de comportement en sensibilisant les familles des personnes vivant avec un handicap. « Que chaque Malien considère le handicap comme son problème », a-t-il insisté.
À travers l’institutionnalisation du handicap, il s’agit de rétablir les personnes handicapées dans tous leurs droits et de leur permettre de se prendre en charge. Les panelistes ont ainsi plaidé pour la prise en compte du handicap dans l’ensemble des programmes ministériels. « Il n’y a pas d’autre barrière que celle que l’on s’impose », a soutenu Mamadou Thiam du Réseau des jeunes handicapés du Mali, rappelant ainsi que la personne vivant avec un handicap est un citoyen comme les autres.
Pour sa part, Modibo Diarra a salué les efforts consentis par l’État malien depuis l’indépendance pour l’épanouissement des personnes handicapées. Toutefois, beaucoup reste à faire, a-t-il souligné. Plusieurs responsables des faîtières des personnes vivant avec un handicap ont pris part à cette rencontre, qui se tenait en prélude à une session de formation prévue ce vendredi 4 septembre.
Abdrahamane SISSOKO / Maliweb.net