Chronique du Vendredi : Le Mali, la Cedeao, le facteur temps

07 Sept 2012 - 01:26
Mis à jour: 14 ans
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Le 29 juillet, Dioncounda Traoré annonçait dans son message à la nation qu’il solliciterait l’assistance de la Cedeao pour la libération du Nord malien mais pour  la sécurité de la transition il entendait  faire  confiance dans les forces de sécurité de son pays. Plus qu’une leçon de hauteur, le miraculé rescapé de l’agression du 21 mai rendue possible par les défaillances sécuritaires donnait alors l’image du capitaine convalescent jetant ses béquilles pour aller dompter le bateau ivre que devenait son pays. La requête d’assistance formelle ne sera cependant adressée à la Cedeao qu’un mois plus tard. Depuis, il s’est passé des choses. Le même 29 juillet, un couple était lapidé à mort à Aguel Hoc. Le  8 août un présumé voleur se voyait amputé de la main à Ansongo. En mi août à Tombouctou les Islamistes achevaient leur mainmise sur la cité sainte dont ils avaient détruit tous les lieux saints. Kidal et Gao étaient également mis sous coupe réglée. Et le dernier haut fait des occupants que rien ne contre c’était juste à Douentza en ce début septembre où ils ont mis fin à leur partenariat avec Ganda Iso, le groupe d’autodéfense salué en libérateur  deux mois plus tôt. Quand il rentrait début avril pour être investi comme président intérimaire, Dioncounda Traoré avait insisté sur l’urgence d’agir pour éviter l’incrustation -le mot est de lui- de la bête. D’avril à septembre, cinq mois se seront écoulés. Dans la souffrance pour le Nord. Dans l’humiliation pour le Mali. Et dans l’angoisse générale sur ce que l’avenir réserve d’encore plus fâcheux pour un pays contre lequel les Dieux se sont acharnés.  Sous le règne finissant d’Att, le temps était la denrée la plus précieuse et la plus rare. Il l’est encore plus sous cette transition qui est à sept mois de la fin de la durée fixée par Abuja. Or, le contexte dans lequel est arrivée la lettre du Président n’est pas celui de l’émotion conquérante de son retour au pays. Celle-ci a été dissipée depuis par les longues tractations pour la formation du gouvernement,  les jeux et enjeux de pouvoir, la recomposition de certains camps et l’implosion d’autres. L’union sacrée sera peut-être pour plus tard. Pour l’instant, ce sont les monstres de la division qui tiennent le pavé. D’où le rejet de la lettre présidentielle par Bakary Mariko, le porte-parole du Cnrdre. Ce n’est pas rien, car si Mariko n’a pas de statut auprès de la Communauté internationale, il reste que Kati ne s’en est pas démarqué par un démenti. N’empêche que même si la primeur aurait dû être malienne en lieu et place d’une fuite officielle française -différence d’angle sur la place des médias-, la requête d’assistance est désormais sur la table des chefs d’Etat de la Cedeao, Mais la Cedeao ne lancera pas ses paras sur Aqmi dès cette aube. Il est vrai que le Mali est perçu, à juste raison, comme une très sérieuse menace contre la sécurité globale. Nulle part au monde en effet, les jihadistes n’ont un tel boulevard. Ils ont reconstitué au Mali le sanctuaire qu’ils avaient au moment de l’Etat Taliban en Afghanistan et qui leur avait permis de mûrir en toute tranquillité les attaques du 11 septembre 2001 contre la plus grande puissance militaire au monde. Toutes choses égales par ailleurs et surtout dans un pays où une boîte de lait Lahda est un inestimable cadeau, l’urgence est donc requise, de mains et de ponts tendus vers le Mali. Mais, nos partenaires pourraient rétorquer que c’était une raison pour le Mali d’agir bien plus tôt, Ouattara n’est pas Obama et Abuja n’est pas le Pentagone. L’Ecomog qui avait fait la réputation de l’organisation sous-régionale est le fruit d’un autre temps, d’un autre leadership et d’un consensus international qui n’existe pas sur le Sahel. En Sierra Leone, il s’agissait de rétablir dans son fauteuil un président chassé par la mafia et au Liberia de la déraciner simplement. L’unanimité autour de la solution malienne n’est pas la chose la plus partagée ni entre les présidents de la sous-région ni entre les autres parties prenantes à la crise malienne. D’ailleurs, on ne peut pas ne pas s’intriguer du « Confidentiel de Jeune Afrique » de cette semaine faisant état d’un rapport sécuritaire français sur le transit d’importantes quantités d’armes pour le Mujao par le Burkina Faso, pays médiateur de la crise malienne.  Voilà autant d’obstacles à la constitution de moyens que la Cedeao n’a pas et qu’elle doit chercher auprès de la communauté internationale. Et si Abuja arrive à trouver ses moyens, son agenda ne saurait être de livrer clés en main le Mali libéré aux Maliens. Le boulot, ce sera l’armée malienne qui le fera, les autres ne pouvant lui venir qu’en appoint. Il existerait, sur ce point, une parfaite identité de vue entre le Mali et la Cedeao. Mais la solidité des contrats de guerre ne se vérifie qu’avec le premier coup de feu. Même avec une armée comme la nôtre qui doit se réconcilier avec sa nation. Adam Thiam  

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Commentaires (14)

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Gnangadou
Gnangadou 14 ans
Le enemie du mali aujorduid cest sanogo et sa band de lache .sanogo cone pa l ecmcomog il na qua alle demende au liberien .
blanche neige
blanche neige 14 ans
on ne peut rien esperer de bon d'une armée qui a fuit honteusement devant l'ennemi ! on ne peut rien esperer de bon d'une armée dont certains militaires ont honteusement chassé ,torturé et tué d'autres soldats de la meme armée !! amis maliens ,laissez vous pousser la barbe pour acceuillir les islamistes à Bamako ,peut etre qu'eux au moins arriveront à faire regner l'ordre ????? :mrgreen: :mrgreen:
Tenema
Tenema 14 ans
Il faut dire la verite:la CEDEAO dans le contexte actuel est le moindre mal.Des officiers qui trahissent leur troupe.Six mois d'attente.Pas meme un seul accrochage!Tes putschistes feront mieux de laisser Dioncounda faire son devoir.On se demmande si ses chefs ne travaillent pas pour une puissance exterieure car ils sont cause de l'occupation du territoire Malien par les bandes criminelles.Tout ce qui reste a l'Armee Malienne actuellemment c'est de se racheter. Sinon la mort qu'ils craignent risque de leur etre infligee honteusement .Nous voulons que cette Armee nationale conquiere ses gloires passees car ses gloires sont notre fierte et ses humiliations constituent la honte nationale.Qu'elle aille se distinguer au milieu des troupes de toute l'Afrique de l'Ouest.C'est l'occasion de montrer que le malheur qui lui est arrive etait un accident de parcours.Les consequences de la corruption,de la mauvaise gouvernance,la mort du patriotisme empoisonne par la corruption, la cupidite,la voracite des corrompus.Mais cette Armee doit rendre une place meritee au civisme et au patriotisme.Nous comptons sur cette Armee pour etre le Gardien de la Constitution ,des libertes publiqes,la defence de la laicite ,le respect des minorites,l'imposition de la tolerance....L'Armee doit se glorifier dans ces taches nobles et non se souiller par des putsches et la brimade des citoyens.
Tiètèmalo
Tiètèmalo 14 ans
Rien ne pourra arriver aux contingents de la CEDEAO qui viendront pour la délivrance. A la demande du président Traoré, eux se poseront directement au Nord du Mali pour chasser les envahisseurs. Là même d’où nos hommes ont fui. Qu’on nous laisse respirer. Finie, l’heure de la grande gueule qui ne nous a jamais fait bouger d’un iota. Plaise à Dieu, les déclarations éhontées de Bakary Mariko et sbires ne feront pas mouche. N’ayez pas honte si le Mali n’est pas libéré par vous. Car vous n’y pouvez rien. Des militaires exhibitionnistes qui se plaisent à porter des armes en bandoulière entre Kati et Bamako, alors que les ennemis sont en train de les narguer. Dieu sauve le Mali!
Niyefôkoyesegou
Niyefôkoyesegou 14 ans
L'assemblée nationale ne devrait elle pas être consulter ????est ce qu'il est complètement guerri pour prendre des décisions souverraines?Encore, il n'a jamais fait allusion aux armes bloquées dans les ports
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