Ligne de force : Moussa Mara, un choix à très hauts risques

07 Avr 2014 - 04:13
Mis à jour: 13 ans
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[caption id="attachment_48694" align="alignleft" width="250"]Saouti Labass Haidara, DirPub  L'Indépendant Saouti Labass Haidara, DirPub L'Indépendant[/caption] En recevant fin décembre 2013 les vœux du gouvernement par la voix de son chef, Oumar Tatam Ly, le président IBK avait été péremptoire : " Monsieur le Premier ministre, vous avez toute ma confiance ! ". Prononcée peu de temps après les législatives qui ont assuré une large victoire au RPM (70 sièges sur les 147 que compte l'Assemblée nationale) cette petite phrase a fait l'effet d'un blanc-seing au Premier ministre pour continuer à piloter l'activité gouvernementale.   Le 5 avril, soit quelque trois mois plus tard, patatras ! Dans un " flash spécial " de la télévision nationale diffusé vers 22 heures, le Secrétaire général de la présidence de la République, Toumani Djimé Diallo, annonce que le Premier ministre a démissionné et qu'il est remplacé par Moussa Mara, chargé de former un nouveau gouvernement.   A l'évidence, cette démission ne s'est pas faite dans la symbiose entre les deux têtes de l'exécutif. C'eût été le cas, Oumar Tatam Ly aurait eu droit aux "sincères félicitations" et un hommage appuyé du président IBK pour "le remarquable travail abattu" en un laps de temps aussi bref, comme il sied en pareille circonstance lorsque le chef de l'Etat et son chef de gouvernement se séparent en bonne intelligence et sans acrimonie.   Qui est-ce qui a donc pu conduire à une situation aussi inattendue ?   Plusieurs facteurs, nous semble-t-il. D'abord, le peu d'empressement mis par IBK à conférer à la tacite reconduction de Oumar Tatam Ly dans sa fonction primatoriale la forme consacrée par la tradition républicaine. Une démission du gouvernement dès la proclamation des résultats définitifs des législatives, suivie d'une nouvelle nomination du Premier ministre sortant à son poste, puis de la mise en place d’un nouvel attelage, le tout couronné par une déclaration de politique générale adoptée, après un débat non feint retransmis en direct à la télévision, par l’Assemblée nationale. Un exercice indispensable qui tient lieu d'examen de passage pour le Premier ministre, à l'issue duquel, en tout cas, il est mieux à l'aise pour conduire sa mission, parce que désormais investi de la confiance des élus du peuple. On peut comprendre que Oumar Tatam Ly se soit lassé d'attendre de son patron le geste qui lui aurait apporté cette consécration. D'autant plus que dans certains milieux politiques et la presse, les critiques se faisaient de plus en plus vives sur son incapacité à produire un programme de gouvernement et à faire «bouger les choses».   Second facteur qui a pu contribuer à la rupture entre IBK et son désormais ex-Premier ministre. Le premier voyage trop. Tout le monde en a fait le constat. Or, non seulement ces voyages interminables coûtent cher au trésor public, lui rapportent peu en retour mais, au surplus, ils impactent négativement l'action gouvernementale. En effet, à l'allure épisodique où se tiennent les conseils des ministres, des dossiers de première urgence sont renvoyés de semaine en semaine sans pouvoir être examinés et adoptés au risque de causer des dommages irréparables. Forcément, c'est le Premier ministre qui fait les frais des critiques de lourdeur voire d'incurie avérée de la machine gouvernementale.   Enfin, troisième facteur qui a pu déterminer Oumar Tatam Ly à jeter l'éponge : la guerre sourde mais implacable que lui livraient les caciques du RPM au motif qu'il était un intrus, un rallié de la vingt-cinquième heure venu leur ravir le fruit de treize années de lutte opiniâtre, ponctuée d'écueils et de sacrifices de toutes sortes. A la place de l'ex-conseiller spécial du Gouverneur de la BCEAO à Dakar, ils eussent préféré Dr Bocar Tréta, le fidèle qui a claqué la porte de l'ADEMA pour suivre IBK dans sa démission spectaculaire de la présidence de ce parti. Membre co-fondateur du Rassemblement pour le Mali (RPM) il fut, semble-t-il, l'un des trois hommes commis auprès de IBK dans son exil ouagalais pour le convaincre de regagner le bercail et de prendre la présidence du parti en gestation. Considérant que l'une de ses responsabilités de secrétaire général du parti du tisserand est de promouvoir les cadres de cette formation politique aux postes stratégiques de l'administration pour mieux garantir les actions entreprises et, par là-même, renforcer l'influence du RPM, Dr Bocari Tréta a vite fait d'empiéter sur les plates-bandes d'Oumar Tatam Ly dont l’une des prérogatives constitutionnelles est d’être «le chef de (cette) administration». De surcroit, ce dernier n'est pas spécialement ce qu'on appelle " un homme aux ordres ". Aussi, les relations entre les deux personnages sont-elles passées rapidement de la méfiance réciproque à une hostilité à peine voilée. Les nombreuses tentatives de Oumar Tatam Ly pour obtenir du président IBK son feu vert pour «doter le gouvernement de compétences accrues» n’ayant pas abouti, il s’est résigné à rendre le tablier. Pour combler le vide créé par son retrait précipité, IBK a porté Moussa Mara au poste de Premier ministre. Un choix qui pourrait se révéler un pis-aller. En effet, à la différence de son prédécesseur (un banquier inoffensif venu prêter main forte à son tonton devenu président) Moussa Mara est un leader politique qui possède son propre agenda : se hisser à la plus haute charge de l'Etat malien. IBK vient de lui en fournir l'occasion inespérée. Son succès dans sa nouvelle mission sera comptabilisé à son propre actif. Tréta et son clan, qui ne se sentent pas pour le moment assez forts pour désavouer une initiative même jugée malheureuse d'IBK, n'en ignorent rien et ne lui en laisseront pas la latitude. Il lui rendront la tâche plus difficile qu’à son prédécesseur.   Le plus urgent pour eux sera de réparer le tort criard que le Grand Manitou IBK leur a causé dans le gouvernement sortant : le RPM n'y contrôlait aucun des cinq portefeuilles dits de souveraineté : Affaires étrangères et coopération internationale, Défense, Administration territoriale, Economie et Finances, Justice. Comble du mépris dans lequel ils ont été tenus : Tréta, qui y gérait le département de l’agriculture, n'arrivait qu'en septième position dans la hiérarchie gouvernementale.   La promotion faite à Mara fera aussi grincer les dents au sein des autres composantes de la majorité présidentielle. Au sortir des législatives de décembre 2013, son parti Yelema s’est trouvé au bas de l’échelle avec un seul siège alors que l’ADEMA en a conquis 15, la CODEM 5, le CNID 4, le MPR et l’ASMA (3 chacun) le MIRIA et l’UMRDA (2 chacun). Ces alliés ne peuvent comprendre que le moins représentatif d’entre eux soit hissé au poste le plus élevé du gouvernement. C’est une négation de la démocratie, une insulte au vote des électeurs, entend-on déjà dire. IBK est accusé d’être un émule d’ATT dans le peu de cas qu’il faisait des suffrages sortis des urnes pour former des gouvernements fantaisistes, à la limite de l’absurde. Toutes choses ayant contribué à affaiblir la démocratie malienne et à lui imprimer une image caricaturale.   Assurément Moussa Mara à la primature, c’est un risque accru pour la stabilité, la cohésion et lefficacité de la majorité au pouvoir. Par Saouti Labass HAIDARA

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Commentaires (41)

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Descartes De Ségou
Descartes De Ségou 13 ans
CHERS AMIS, L'ARTICLE "Moussa Mara, un choix à très hauts risques" NE DOIT PAS ÊTRE LU MOT PAR MOT; IL EST LA RÉACTION D'ANGOISSE EXPRIMÉE PAR UN "JOURNALISTE" MALIEN Á LA SOLDE, DES ANNÉES DURANT, DE SERVICES SPÉCIAUX ÉTRANGERS. LE CONTEXTE DE MON RAISONNEMENT: LES TROIS LIVRES ÉCRITS PAR MR MARA, CELA VA SANS DIRE JE LES AI LUS ET RELUS. LE PARADIGME DE DÉVELOPPEMENT PROPOSÉ PAR MR MARA, DANS SA FORME EXPLICITEMENT ÉNONCÉE, A DÉJÀ ÉTÉ COMBATTU, VOIRE MATÉ DANS LE SANG DANS UN (AU MOINS) PAYS VOISIN DU MALI.. Saouti Labass HAIDARA, TIÉBILÉ .... ONT ÉTÉ PRIS DE PANIQUE, D’OÙ LE VOMISSEMENT DE CET TEXTE INCOHÉRENT, POUR TENTATIVE DE MANIPULATION. CHERS AMIS,LA NOMINATION DE MR MARA EST UNE NOUVELLE FORME, FAÇON DE FAIRE LE GÉOPOLITIQUE, JE DIS BIEN LA GÉOPOLITIQUE. IBK, AYANT ÉCHOUÉ Á FAIRE ACCEPTER SON PLAN DE NORMALISATION DU MALI AVEC LES "GRANDS" DE L'ONU ET DE L'UE, ENTREPREND DE LE FAIRE AVEC LES " MOYENS DU PEUPLE". NOUS SOMMES AU DÉBUT D'UN SOFT CHANGEMENT MAIS RADICAL OÚ LES ASSASSINATS POLITIQUES NE SERONT PAS Á ÉCARTER. IL Y A CORRÉLATION ENTRE LA NOMINATION DE MR MARA ET L'AFFAIRE "TOMI LE CORSE". LA SUIVANTE DÉMARCHE GÉOPOLITIQUE DE IBK SERA L'IMPLICATION EFFECTIVE D'AUTRES ACTEURS INTERNATIONAUX, AUTRE QUE LES " PARTENAIRES OCCIDENTAUX". LE CHEMIN EST MINÉ, ET SEUL POUR SAUVER LE MALI. BON TRAVAIL AU TANDEM IBK-MARA!
moussa coulibaly
moussa coulibaly 13 ans
Rasta cool, ils sont nombreux les experts comptables mais mara fait parti des meilleurs experts comptables de l espace francophone et de l uemoa en particulier dont il est en charge la formation des futurs experts comptables (DESCOGEF). Sa conn1issance et pratique de l islam, son humilité 3t surtout l3 fait de n avoir jamais servi en haut lieu ou bas dans la fonction publique malienne (lieu d enrichissement illicite avéré),sa connaissance du mali et des differ3nts clans mafias au sein de notre administration constituent des avantages reels pour ce monsieur. Il a eu a auditer ou prendre connaissance de l audit de nos sociétés d état, de nos services publiques et sidy sosso diarra (ex verificateur general) est bien un de ses collaborateurs au cabinet DIARRA. Moussa mara sait qui a détourné quoi, combien dans nos differents budgets. Tatam ly n a pas réside de facon continue au mali si on s en tient a sa biographie, et les banquiers sont coupes de la réalité de tous les jours avec un point crucial:respect du client, ne lui demande pas d ou vient son argent.Comment quelqu un qui reflechit ainsi peux faire du mieux pour le peuple malien, victime r des voleurs, des bandits a cols blancs, des delinquants financiers? Le RPM doit mettre bas ainsii que la famille de mandemassa et surtout karim. Les mali3ns ont souffert, et les bulletins de votes du berger du macina, du piroguier de kayes, du balafonier de sikasso ou notre maman de railsda meritent reconnaissance.. Si on echoue avec MARA, alors il faut desesperer du mali
james10
james10 13 ans
@Moussa Coulibaly Allahou Akbar! "Sidi Sosso Diarra (ex Vérificateur) un collaborateur de Mara au cabinet Diarra!? N'importe quoi, renseignez vous Moussa Coulibaly avant de débiter des anneries. Ne mettez pas sur le même pied d'égalité l'ex Végal et Mara, c'est comme le poisson séché et le fleuve, comme on le dit chez nous! Vaut mieux entendre ça que d'être sourd! balivernes!
moussa coulibaly
moussa coulibaly 13 ans
Saouti n est pas allé au bout de son analyse. A la difference de tatam ly (sa maman etait l adjointe de ibk alors directeur de campagne de alpha,)mara n a aucun lien affectif avec ibk et ils ont croisé le fer en commune lV pour le poste de député et c est a la suite de tractations intenses pour épargner l echec à notre ex p4emier ministre qu ibk a ete réélu. Mara est issu d une partie de la nomenclatura malienne (fils du colonel Joseph mara). Ce que le citoyen lamdba ignore c est que le cabinet Diarra dont est issu moussa mara, a la gestion du fonds mondial contre le sida au mali a la suite de l affaire ibrahim toure et surtout c est ce même cabinet Diarra qui a en charge le suivi des promesses de don faites au mali lors de la reunion des bailleurs de fonds a bruxelles. Si karim et le rpm se trompent de mettre les batons dans les roues de mr mara c est ibk qui coulera avec eux. Son seul gilet de sauvetage apres les scandales d3 gre a gre de 70 millairds octroyé a sidy kagnassi, ami et collaborateur de karim,. Officiellement, mara peut etre son choix mais a l analyse il lui a été imposé comme condition de decaissement des fonds promis au mali.. Le choix est risque car vu le caractère de moussa mara et le laissé aller de la famille politique et de la famille biologique de ibk un clach peux survenir a tout moment surtout si les intérêts de ces deux familles seront menacées. Il faut que mandemassa sifle a ses deux familles la fin de la récréation. Moussa mara n échouera pas, soyez en certain chers compatriotes maliens.
boubrus
boubrus 13 ans
Koro Saouti tu es un extra-terrestre de la plume . Lorsque je lis ton analyse, je comprends que tu exerces un métier d'excellence . Vous êtes 3 à m'avoir impressionné : Gaoussou Drabo, Souleymane Drabo et Saouti Labass Haidara . Je ne juge pas de ton analyse mais ta démarche démontre à suffisance qu'on a intérêt à t'écouter, à prendre en compte tes critiques . Ce pays a besoin d'hommes comme toi pour tirer la sonnette d'alarme . Depuis tout le temps, nous commettons les mêmes erreurs à savoir s'accaparer du pouvoir au motif qu'on est majoritaire . Ce pays a besoin de partage car les femmes et hommes qui font la politique en vivent et ont donc besoin de strapontin pour faire bouillir la marmite . Lorsqu'ils n'ont rien, ils influencent le peuple à travers presse et radios et finissent par avoir raison du pouvoir en place . Un constat certes dramatique mais une réalité absolue . Alors lorsque des analystes comme Saouti mettent la plume dans l'encre, les bénis en tiennent compte .
zana dial
zana dial 13 ans
le choix de moussa mara est juste et merite on a n a assez du laxisme
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