Diplomatie : fin de la crise du « drone abattu ». Réouverture des frontières entre Bamako et Alger
Le gouvernement malien a annoncé, ce vendredi 10 juillet, deux mesures visant à relancer les relations bilatérales avec l'Algérie. Un dégel qui marque un tournant dans une crise diplomatique qui empoisonnait les rapports entre les deux pays depuis plus d'un an.
« Retour à Alger de l'ambassadeur du Mali » : c'est la première mesure annoncée dans le communiqué signé par le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement.
Bamako annonce également la réouverture complète de son espace aérien national à l'ensemble des aéronefs civils et militaires algériens. Le texte évoque une volonté de « redynamisation des relations de coopération et d'amitié » entre les deux pays.
L'annonce du gouvernement malien fait écho à un geste similaire posé par Alger ce même jour. Selon le ministère algérien de la Défense nationale, l'Algérie a décidé de rouvrir entièrement son espace aérien à la circulation en provenance et à destination du Mali, mettant fin à plus de quinze mois de fermeture mutuelle.
La crise du « drone abattu »
Les origines de cette brouille remontent à avril 2025. Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, un drone malien de type Bayraktar Akıncı est détruit près de Tinzaouatène, à la frontière entre les deux pays. L'appareil était sur le territoire malien, selon Bamako, brandissant des débris retrouvés à plusieurs kilomètres à l'intérieur du Mali. Alger soutient au contraire avoir agi après une violation caractérisée de son espace aérien.
L'incident déclenche une escalade rapide. Le 6 avril 2025, le Mali, le Niger et le Burkina Faso rappellent leur ambassadeur en poste à Alger. Le lendemain, l'Algérie ferme son espace aérien à tous les vols maliens, invoquant des « violations répétées » de sa souveraineté aérienne. Bamako réplique dans la foulée, fermant à son tour son ciel aux aéronefs algériens « en guise de réciprocité ».
La crise prend ensuite une tournure plus large. Le Mali se retire du Comité d'état-major opérationnel conjoint (CEMOC), basé à Tamanrasset, et saisit le Conseil de sécurité des Nations unies. En septembre 2025, Bamako annonce son intention de porter l'affaire devant la Cour internationale de Justice pour violation de sa souveraineté. La CIJ confirme avoir reçu la requête, tout en rappelant qu'elle ne pourra se prononcer sur le fond qu'avec l'accord des deux parties. Alger rejette la procédure laissant le dossier en suspens.
Mamadou TOGOLA