Entre sécurité et développement : Le double axe stratégique du ministre Abdoulaye Diop pour un Mali souverain

En marge de la célébration de la Journée de l’Europe au Mémorial Modibo Keïta, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a tenu à projeter une image du Mali bien différente de celle, trop souvent réductrice, d'un pays uniquement plongé dans la crise.

19 Juin 2026 - 12:12
 4
Entre sécurité et développement : Le double axe stratégique du ministre Abdoulaye Diop pour un Mali souverain

Dans un plaidoyer marquant, le chef de la diplomatie malienne a mis en lumière les choix stratégiques du pays, articulés autour d'une lutte implacable contre le terrorisme et d'un engagement profond en matière de développement endogène, de réformes économiques et de souveraineté.

​Abordant sans détour la question sécuritaire, le ministre Diop a d'abord qualifié la crise actuelle de « situation imposée » au Mali et aux pays du Sahel par des événements décidés à l'extérieur de la région. Faisant directement allusion aux conséquences de l'intervention militaire de l'OTAN en Libye, il a dénoncé l'émergence de coalitions terroristes bénéficiant de soutiens étatiques étrangers. Face à ces menaces multiformes, qui intègrent désormais le terrorisme économique et des campagnes de désinformation à grande échelle, il a réaffirmé le choix du Mali de mutualiser ses efforts militaires et politiques au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Tout en saluant le recadrage technique de la mission européenne EUCAP Sahel Mali et en rendant hommage aux soldats européens tombés sur le sol malien, le chef de la diplomatie a martelé que la paix et la stabilité durables ne pourront se négocier qu'en accord avec les choix souverains du Mali et le respect strict de ses institutions.

​Pour autant, l'action publique sous la Transition ne se limite pas au seul front militaire. Parallèlement aux efforts de reconquête du territoire, le Mali pose au quotidien des actes concrets pour l’épanouissement de ses populations à travers la construction d'usines, le déploiement de projets d'infrastructures routières, de programmes de logements, ainsi que des investissements majeurs dans la santé, l’éducation et l’intelligence artificielle. Le ministre a toutefois vivement regretté que les caméras internationales ne soient que trop rarement tournées vers ces avancées indéniables, déplorant un silence médiatique qui occulte la réalité d'un pays qui se transforme et construit activement son avenir économique.

​Cette volonté de bâtir un nouveau modèle se reflète d'ailleurs de manière concrète dans le mode de financement de ces grands chantiers nationaux. Abdoulaye Diop a fièrement souligné que ces réalisations sont faites pour l’essentiel, sinon exclusivement, sur des ressources nationales. Ce choix stratégique du modèle endogène est le fruit direct des réformes engagées par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, visant à instaurer une gouvernance économique renouvelée qui s'efforce de rompre avec la dépendance vis-à-vis de l'aide extérieure pour privilégier la mobilisation des richesses locales.

​Afin de soutenir et de pérenniser cette trajectoire de croissance autonome, le gouvernement malien entend capitaliser sur l'un de ses leviers économiques les plus solides, à savoir sa diaspora établie à l'étranger et notamment en Europe. C'est dans cette optique que le ministre Diop a annoncé la tenue prochaine à Bamako, du 16 au 18 juillet, de la deuxième édition du Forum International de la Diaspora Malienne.

Organisé par le ministère des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, ce rendez-vous de haut niveau aura pour objectif de faciliter et de sécuriser les investissements de la diaspora, tout en envoyant un message clair aux partenaires européens : « si le Mali reste ouvert à la coopération, celle-ci doit désormais s'inscrire dans une dynamique de prospérité partagée et de respect mutuel des choix souverains et économiques nationaux».

Souleymane SIDIBE